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Trichet rêve d’un ministre des finances européen

Il imagine un droit de véto européen sur les décisions de politique économique nationale.

Jean-Claude Trichet arrive au terme de son mandat de président de la banque centrale européenne, ce qui est probablement la raison pour laquelle il s’est senti autorisé à dire ceci jeudi :

« Dans cette union de demain, ou d’après-demain, est-il trop hardi, dans le domaine économique, avec un marché unique, une monnaie unique, et une banque centrale unique, d’envisager un ministre des finances de l’union ? »

Dans un discours provocateur à Aix-La-Chapelle, Trichet a avancé des idées sur ce à quoi pourrait ressembler « l’union fiscale » à l’intérieur de la zone euro, particulièrement pour les gouvernements qui feront appel à leurs voisins pour une aide financière dans le futur.

Trichet a soutenu l’argument qu’il devrait y avoir une « deuxième étape », un point où les destinataires des plans de sauvetage ne sont plus capables ou n’ont plus la volonté d’appliquer les conditions prescrites, telle l’austérité, et qu’à ce moment-là, les autres États membres, c’est-à-dire ceux qui se fendent des fonds pour le sauvetage « prennent eux-mêmes des décisions applicables dans l’économie concernée ».

« Une façon dont cela pourrait être imaginé serait que les autorités européennes aient le droit de mettre leur véto sur certaines décisions de politique écoonomique nationale. Ce périmètre pourrait inclure, en particulier, des éléments de dépenses publiques majeurs, et des éléments essentiels pour la compétitivité du pays. »

Etant donné qu’un nombre croissant de gens en arrivent à réaliser que, dans un futur à moyen ou long terme, la zone euro va probablement avoir besoin de faire un choix entre clés de bras ou explosion, entre une forme ou une autre d’union fiscale ou la sortie de certains pays, la question pour des gens comme Trichet est de savoir comment vendre « l’union fiscale » au grand public.

Trichet a joliment embelli le noyau de son message avec diverses citations de philosophes européens et autres « pères de l’intégration européenne », mais il y a peu de chances que ça fasse un effet bœuf sur les électeurs ordinaires à Athènes, Lisbonne, Munich ou Amsterdam. Comme l’a relevé Martin Wolf du Financial Times cette semaine : « Comment les aspects politiques de ces choix vont-ils maintenant évoluer ? Je n’en ai vraiment aucune idée. Je me demande s’il existe quelqu’un qui en a une. »

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Sur le web.

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Open Europe est un think tank ayant des bureaux à Londres et à Bruxelles, qui défend l'idée que l'UE doit maintenant adopter des réformes radicales, basées sur la libéralisation économique, une structure moins étouffante et plus flexible, une plus grande transparence et un plus grand sens des responsabilités, si elle veut pouvoir répondre aux défis qui lui font face et connaitre le succès au XXIème siècle.
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