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Le plus dur reste à faire

Après avoir opposé "austérité" et "croissance", François Hollande devra-t-il expliquer que "l'austérité" est un préalable à la "croissance" ? La vie politique est faite de ces retournements post électoraux et c'est à la capacité de négocier les virages que l'on reconnaît l'homme d’État

Après avoir opposé « austérité » et « croissance », François Hollande devra-t-il expliquer que « l’austérité » est un préalable à la « croissance » ? La vie politique est faite de ces retournements post électoraux et c’est à la capacité de négocier les virages que l’on reconnaît l’homme d’État.

Par Guy Sorman.

Les deux tiers des Français (sondage IFOP pour l’Observatoire de la fiscalité et des finances publiques) s’attendent à une forte augmentation des impôts. Celle-ci permettra-t-elle de « relancer » la croissance ainsi que s’y est engagé François Hollande ? 61% des Français envisagent plutôt un effet négatif de l’impôt sur la croissance, y compris parmi les électeurs de gauche. La sagesse populaire converge ainsi avec les enseignements de l’économie : à peu près tous les économistes considèrent que, dans un pays à prélèvement public déjà très élevé (la moitié de la richesse nationale en France transite par les caisses publiques), plus de fiscalité conduirait à moins de croissance.

D’accord aussi avec la plupart des économistes (dont certains entourent le Président de la République), 75% des Français souhaitent une baisse des dépenses publiques ; les salariés du secteur public y sont naturellement moins favorables mais toutes ces opinions sont massivement partagées par tous les Français.

Le gouvernement se retrouve donc dans une situation complexe : sa base électorale, et ses militants, sont les moins favorables à une réduction des dépenses publiques, alors même que celle-ci est considérée comme indispensable pour la majorité des Français et sans doute une condition préalable au retour de l’investissement privé. Après avoir opposé « austérité » et « croissance », François Hollande devra-t-il expliquer que « l’austérité » est un préalable à la « croissance » ? La vie politique est faite de ces retournements post électoraux et c’est à la capacité de négocier les virages que l’on reconnaît l’homme d’État.

La croissance pour autant ne se décrète pas : sans réduction des dépenses publiques, elle ne reviendra pas, mais la réduction de ces dépenses ne la garantit pas. En vérité, la politique économique des gouvernements ne constitue qu’une part infime du processus de croissance. Si j’en crois le sondage IFOP, les Français dans l’ensemble semblent avoir mieux intériorisé ces lois de l’économie que n’y parviennent bien des dirigeants politiques, tous partis confondus.

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Sur le web.

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Guy Sorman

Chroniqueur de la mondialisation et spécialiste de la Chine, Guy Sorman a enseigné l'économie à Sciences Po Paris et dans de nombreuses universités étrangères (Chine, USA, Russie et Argentine). Il est notamment l'auteur de "Le bonheur français", "Le progrès et ses ennemis", "Le Génie de l'Inde" ou "L’année du coq".

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