Par Jacques Henry.

Toujours la bande des Suisses, cette fois en Italie et bientôt aux États-Unis : Novartis et Roche sont accusés de pratiques anticoncurrentielles en ayant empêché l’usage de l’anti-cécité des seniors (dégénérescence maculaire) et aussi anticancéreux Avastin de Roche au profit du Lucentis de Novartis, ce dernier étant plus cher que le précédent. Cette fois l’amende pourrait atteindre 1,2 milliards d’euros. Il faut rappeler que l’Avastin et le Lucentis sont deux molécules très proches mises au point par Genentech, toutes deux inhibiteurs de l’angiogénèse, et l’entente très cordiale entre Novartis et Roche a consisté à introduire une différence marketing fantaisiste et artificielle entre ces deux spécialités pour mieux arnaquer l’assurance maladie italienne. On comprend que le gouvernement italien n’ait pas trop apprécié le procédé.
L’Avastin et le Lucentis sont également dans le collimateur de la justice américaine car il semble incompréhensible que le traitement avec l’Avastin coûte 50 dollars par injection alors que le même traitement avec le Lucentis revient à 2000 dollars exactement dans le même but et pour deux molécules pratiquement identiques. La différence de prix est presque obscène mais les médecins ont tout intérêt à prescrire la spécialité la plus chère, eux aussi poussent à la dépense. Toujours est-il que le surcoût pour l’assurance maladie américaine est de 1 milliard de dollars par an et les Italiens n’ont pas attendu les décisions américaines et ont parfaitement raison de sévir devant ces pratiques mafieuses…
Avec le Tamiflu, les statines, les antidépresseurs, on n’est jamais déçu avec les agissements frauduleux des firmes pharmaceutiques !
Sources : Reuters et The Washington Post
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Sur le web.

Une réponse
Ces pratiques finiront par faire imploser la bulle… ou plutôt, leur incrimination devant la justice le feront. Bientôt le terme Pharmafia pourra remplacera celui de Bankster… au grand dam des petits porteurs.
Pourtant la vue sereine tend à analyser ces dérives comme inévitable. La punition, et l’interdiction resteront toujours des solutions bien moins efficace que le marché de la libre concurrence.
Medicare, associé aux lois sur les brevets… Voilà la panacée dangereuse dont le monde gagnerait à être sevré.