D’ici quelques jours, les cadeaux devront être prêts sous le sapin pour la plus grande joie des petits et des grands. Reste le cadeau de dernière minute, celui qui fera plaisir même si choisi juste avant la fermeture des derniers magasins. Pour aider nos lecteurs, Contrepoints a demandé à certains de ses fidèles collaborateurs de proposer leur conseil de lecture.
Alexis Vintray, rédacteur en chef

Arnaud Bichon, rédacteur en chef

Mais lorsque l’État-providence est poussé à son paroxysme, les lois contraignantes finissent par faire perdre tout le sel de la vie. Seuls quelques rebelles prennent conscience des humiliations et de leur liberté bafouée. Malgré tout, le mythe social-démocrate commence à s’effriter, comme en atteste cette statue représentée à chaque début de chapitre, s’effondrant comme l’idéal qu’elle représente devant sa fatale impossibilité. Louis, vieux flic presque à la retraite, sosie de Lino Ventura, veut enfin comprendre ce système étatique pour lequel il a travaillé depuis sa jeunesse. Il va remonter et saisir toute la mécanique de la social-démocratie – dont le « capitalisme de connivence » tire les ficelles –, qui, sous couvert de vouloir le bien, est une vraie prison.
À travers cette bande-dessinée de plus de 160 pages, les dangers de la surprotection étatique sont dénoncés par un Jean Van Hamme incisif, qui tape là où ça fait mal, dans un style direct et sans détours, servi par les bons dessins de Griffo. Un chef-d’œuvre du 9e art, effrayant de réalisme. Une fois l’ouvrage refermé, on ne peut cesser d’y songer, troublé par le fait que ce récit, écrit dans les années 1980, soit si proche de notre quotidien.
Baptiste Créteur, éditorialiste

Outre sa richesse d’information et son impressionnante capacité explicative, le livre une fois reposé invite à se poser certaines questions. Alors que les barrières physiques et les distances s’estompent, qu’est-ce qui empêche les hommes de saisir les opportunités qui se présentent à eux ?
Frédéric Mas, secrétaire de rédaction

Philippe Lacoude

Le livre de Pascal Salin, Libéralisme, est là pour nous rappeler que si la tradition intellectuelle française a bel et bien décliné en quantité d’auteurs et d’ouvrages, elle n’a pas du tout disparu en qualité. Comme Frédéric Bastiat en son temps, Pascal Salin expose de façon limpide les grands principes moraux et scientifiques du libéralisme et réfute avec brio tout un tas de mauvaises idées dont la critique avait fait le fonds de commerce intellectuel du premier.
Contrairement aux nains intellectuels qui pullulent dans les ministères parisiens, Pascal Salin ne présente pas quelques corrélations de quelques grandeurs prises au hasard en essayant de les faire passer pour des causalités. L’auteur part au contraire des fondements du Droit, le droit de propriété et la responsabilité civile, et des fondements de la science économique, la théorie subjective de la valeur. Il utilise ces outils afin d’illustrer le rôle et la nature de l’entreprise, l’importance de la concurrence et l’utilité de la spéculation.
Mais le livre ne s’arrête pas à cette défense de ce que les socialistes de tous les partis appellent l’« ultra-libéralisme » qu’ils prononcent en faisant mine de s’étouffer. Non, l’ouvrage montre comment la restauration de la responsabilité individuelle pourrait aisément résoudre les (faux) problèmes de l’immigration, des transports, des limites de vitesse, de la protection sociale ou de la vraie écologie. L’ouvrage conclut sur le périmètre qu’il serait approprié de laisser à l’État.
Un livre à offrir d’urgence à tous les anticapitalistes statocrates convaincus que le modèle de société libre auquel Pascal Salin nous invite serait une élucubration d’une poignée de fonctionnaires américains du FMI ou de la Banque Mondiale !
- Xavier Fontanet, Pourquoi pas nous, Les Belles Lettres / Fayard, 240 pages.
- Griffo, Jean Van Hamme, S.O.S. Bonheur, Édition intégrale, Dupuis, 175 pages.
- Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés : Essai sur l’homme et l’environnement dans l’histoire, Folio essais, 704 pages.
- Anthony de Jasay, The State, Liberty Fund, 330 pages.
- Pascal Salin, Libéralisme, Odile Jacob, 506 pages.
7 réponses
« La Loi », de F.Bastiat !
La bande dessinée est en effet excellente. Inégal, je vous recommande tout de même le livre de Jean-Marc Paturle intitulé « Le libéralisme raconté pour que nos enfants vivent libres » : http://www.amazon.fr/lib%C3%A9ralisme-racont%C3%A9-enfants-vivent-libres/dp/B00BU0P0ZO/ref=la_B004N0WK8S_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1419337067&sr=1-1
Je confirme le choix de Moggio. Voici un livre qui de façon claire, légère et néanmoins documenté et historique, présente l’apport essentiel du libéralisme dans le développement de l’humanité.
Vous pouvez l’offrir sans réserve à des anti-libéraux car il n’y a aucune polémique mais uniquement des arguments factuels. Très agréable à lire.
Quelques autres suggestions:
« Un bonheur insoutenable » d’Ira Levin, pour pousser la réflexion de « SOS Bonheur » plus loin dans le genre dystopique.
« Un monde d’azur » de Jack Vance, un conte à la portée de tous sur le pouvoir et le danger totalitaire.
« Droit naturel et histoire » de Leo Strauss, ouvrage touffu et académique mais fabuleux exposé du droit naturel et démolition implacable de ses critiques.
Autre suggestion pour les possesseurs d’une tablette ou d’un téléphone android (gratuit) : https://play.google.com/store/books/details/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Bastiat_OEuvres_compl%C3%A8tes_de_Fr%C3%A9deric_Bas?id=gNEy8t6SjsIC
Ne pas oublier « Pulp Libéralisme » de l’ami Daniel Tourré 🙂
Excellent choix d’Arnaud Bichon ! Et voilà un livre à offrir aux plus jeunes comme aux moins jeunes ! :)))