Par Michel Kelly-Gagnon, depuis le Québec.
Un article de l’Institut économique de Montréal

Dans le cadre d’une consultation publique sur le projet d’Oléoduc Énergie Est, l’organisme Équiterre dénonce ce qui serait, à leurs yeux, un « faux » débat entre pipelines et trains.
Un « faux » débat parce « qu’il est faux d’affirmer que si le projet de pipeline Énergie Est est rejeté, le pétrole qui devrait circuler dans le tuyau sera transporté par train », selon Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre.
Pourtant, plus loin dans l’article, ce même Guilbeault dit que la croissance rapide des sables bitumineux « se reflète dans le transport de pétrole par train, qui a connu une croissance de 300 % depuis six ans. Les producteurs auraient donc plus que jamais besoin des projets de pipelines. »
Cherchez l’erreur.
Selon le mémoire d’Équiterre, la quantité de pétrole transportée par train est beaucoup plus faible que celle transportée par pipelines au pays, ce qui est tout à fait vrai. Il serait donc impensable, pour compenser, de faire circuler autant de convois de train au Québec chaque jour vers le Nouveau-Brunswick.

Rappelons à cet effet que seulement 12 % des Canadiens sont prêts à faire les sacrifices nécessaires pour se « libérer du pétrole ». Et comme l’a déjà expliqué sur cette tribune mon collègue Youri Chassin, consommer et transporter le pétrole sont deux débats à ne pas confondre.
Par ailleurs, je voudrais être clair : je ne suis pas « contre » le transport de pétrole par train, ou par camion-citerne, ou par bateau. Ce sont là tous des modes relativement sécuritaires de toute façon. Mais relativement parlant, les chiffres ont démontré qu’ils sont moins sûrs que le pipeline.
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