Par Benoît Rittaud.
Il y a vraiment des jours où je regrette d’avoir arrêté le Climathon. Au G20, l’ami Macron a inauguré à la face du monde un concept nouveau. On connaissait l’opposition entre science et pseudoscience, notre Jupiter gaulois vient d’inventer celle entre sciences politiques et pseudosciences politiques. Merci qui ? Merci le climat.
Notre Président bien-aimé a donc déclaré ceci :
Macron au G20 : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique » pic.twitter.com/y9cuuV2936
— BFMTV (@BFMTV) 8 juillet 2017
On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique. Ou alors il faut aller expliquer aux gens qui vivent au Tchad, au Niger et ailleurs, que le climat n’est pas un problème. Aujourd’hui, le terrorisme, les grands déséquilibres de notre monde, ce que nous sommes en train de vivre, est lié aux déséquilibres climatiques que notre mode productif international a généré. Et donc nous devons y répondre, parce que tout est lié. Et donc si on veut traiter des questions de l’Afrique, du développement, de l’industrie et du climat de manières séparées, très bien, mais je pense que ça n’a aucun sens. Comme cet agenda est lié, notre responsabilité, c’est de tenir de manière cohérente l’ensemble de ces engagements.
Tout est lié
La pseudoscience politique se repère ici principalement par la phrase qu’on retrouve dans tous les discours trop paresseux pour construire une pensée authentique : « tout est lié ». Le pape avait fait la même chose dans son encyclique, où on retrouvait cette même antienne à toutes les sauces.
Macron a certes d’illustres prédécesseurs dans cette facilité langagière qui consiste à faire du climat l’alpha et l’omega des problèmes du temps. La victoire de Bruno Latour en semaine 48 du Climathon avait été brillamment acquise en assimilant climatosceptiques et terroristes du Bataclan quelques jours seulement après l’attentat, tandis que, dès le lendemain de ce même attentat, le multimédaillé Nicolas Hulot trouvait le moyen de tirer parti de l’événement pour faire la pub de la COP21. Déjà en semaine 17, l’alors ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius y était allé de son petit couplet sur la sécurité de l’Europe conditionnée par le climat.
La risée des commentateurs

Tactiquement, ça se défend. Il faut juste espérer que tout ça ne conduira pas le Gouvernement à tirer trop de balles dans le pied du pays, ce qui est hélas un peu mal engagé avec le Gosplan climat de Nicolas Hulot.
La fin du boniment climatique
La bonne nouvelle, c’est que la déclaration macronienne a, pour une fois, suscité des réaction négatives claires de la part de plusieurs responsables de l’opposition (au moins du côté droit de l’échiquier, le côté gauche étant en état de mort clinique sur le plan de la réflexion intellectuelle sur l’environnement).
Le temps où l’ex-président Hollande pouvait carrément expliquer que les tsunamis étaient causés par le réchauffement climatique sans susciter le moindre éclat de rire semble terminé. Avec un peu de chance, mais surtout une action collective résolue (pour laquelle nous avons toujours besoin de bras), les excès de communication du président contribueront peut-être à créer enfin les conditions d’une vraie discussion.
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18 réponses
Climat et terrorisme, des outils pour faire briller la France au firmament ou, la méthode de l’illusionnisme Macronien au service du monde entier…
Même si on admet la théorie du changement climatique, et même si on admet que certains épisodes climatiques sont causés par le dit changement (ce que beaucoup de chercheurs même convaincus de la théorie ne font que très prudemment), lier le terrorisme et le changement climatique est une vaste fumisterie. Des sécheresses il y en a toujours eu, et elles ne créent des famines ou des émeutes que dans les pays ou l’Etat de droit et le marché libre n’existent pas (c’est la leçon principale d’Amartya Sen, dont il paraît que le président est fan – apparemment il a oublié). Et pour qu’il y ait du terrorisme, d’autres facteurs entrent encore en gens (peu de biafrais se sont fait exploser dans nos centres commerciaux…). Le changement climatique est donc au mieux un facteur indirect, lointain et mineur contribuant à l’émergence du terrorisme, loin derrière d’autres. La phrase « On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique » est donc un gros mensonge, même si on estime par ailleurs que le changement climatique est un problème fondamental. Au mieux, c’est de l’enfumage bisouclimaticocompatible, au pire c’est un engagement à ne pas agir sur les causes réelles du problème.
macron n’était pas encore né que le terrorisme existait déjà ; sur une échelle plus petite , certes , mais le changement climatique n’ a rien à voir avec les terroristes ; ceux que veulent ces gens là , c’est mettre le bordel partout ou c’est possible , qu’il pleuve , qu’il vente , qu’il neige ;
Prétendre que le changement climatique est une cause du terrorisme est une insulte à toutes les victimes. Allez donc demander aux réfugiés pourquoi ils ont quitté leur pays.
Le réchauffement climatique doit être considéré comme une parabole de l’échauffement politique de la planete. Le terrorisme est lié à ce rechauffement et par conséquent la pensée de Macron est en effet trop complexe pour certaines personnes notamment un peuple de blaireaux incapable de voir au delà des choses de la vie courante, du basique instinct. Si vous analysez le message polémique de Macron vous lisez Nostradamus ou la Bible , c’est pareil ….plus fort que son père spirituel dit « Mr petites blagues »
C’est d’autant plus rigolo que les températures en Syrie n’ont pas bougé (ni augmenté, ni diminué) d’un iota depuis 20 ans. Du coup, le terrorisme nait d’un changement climatique qui, sur la région, consiste à n’avoir absolument pas changé.
Oui, parce que le changement climatique, rappelons le, ce sont des régions qui se réchauffent et d’autres qui se refroidissent. Et donc d’autres où rien ne changent. C’est magique.
Impressionnant cette corrélation !
Le plus inquiétant est certains commentaires dans l’article du Figaro soutenant cette idée. Avec des raccourcis comme changement climatique = injustice et souffrance = terrorisme…
Ou encore certains rappelant que le début du conflit en Syrie provient d’une crise alimentaire FORCEMENT due au réchauffement climatique…
Bref, c’est atterrant.
Perso, c’est tellement idiot comme réflexion que je pense qu’il l’a fait exprès pour satisfaire sa gauche écolo et montrer à sa droite qu’il sait être con avec les cons.
« For those who believe, no proof is necessary. For those who don’t believe, no proof is possible. »
——–Stuart Chase
Un président qui nous traite de terroristes, c’est pas glp, pas glop du t out. Une prime au primo-entarteur de ce charlatan 🙂
Je pense qu’il a débité son laïus sans savoir ce qu’il racontait et sans se rendre compte qu’il serait ridicule!
C’est tout simplement une stupide tentative pour avaliser le changement climatique. Faut dire qu’ils sont un peu à court d’arguments, raison pour laquelle ils ont sauté sur la canicule. Comme si il n’y avait jamais eu de canicule avant le XXe siècle.
Cette ânerie est malheureusement parfaitement calibrée : -elle flatte (ou croit flatter) le monde arabe dans le sens du poil (les terroristes sont des victimes de l’occident)
– elle flatte l’écolo-gaucho sur le thème : le réchauffement est un drame responsable de tous les maux du monde
– elle colle une louche de responsabilité aux occidentaux au grand bonheur des nombreux masos (qui ont élu l’apprenti déité au poste laissé vacant par un ectoplasme)
– elle permet de créer le réfugié climatique , successeur du réfugié post colonial , le concept de ce dernier étant un peu élimé
bref , une réussite de com’ on dirait du Terra nova
La logique est imparable
– le climat se réchauffe, ça augmente le risque de sécheresse
– en 2010, une sécheresse en chine, le cours mondial du blé monte
– en 2011 les peuples arabes se révoltent
– DAECH en est la conséquence
donc le réchauffement anthropique du climat est responsable du terrorisme.
Nous avons là un sophisme chimiquement pur.
Le président Macron établit un lien de cause à effet entre les violences inter-ethniques et les famines qui frappent des régions africaines, en train de se désertifier. Ce n’est pas suffisant pour affirmer qu’il y a un tel lien entre changement climatique et terrorisme. Celui que nous subissons n’a pas cette cause. À moins que nous considérions que l’échauffement de la tête ait cette cause.
Je ne suis pas du tout convaincu que l’Afrique soit en train de se « désertifier ».
Aux dernières nouvelles, la hausse du CO2 dans l’atmosphère a provoqué au niveau planétaire une explosion du végétal. La terre verdit à vue d’oeuil, et il serait surprenant que l’Afrique ne soit pas aussi concernée qu’ailleurs. Par ailleurs, le développement économique et technique a permis de réduire largement le nombre de famines et de gens souffrant de faim chronique sur ce même continent (et ailleurs).
Bref, il y a un problème, si le terrorisme est causé par la pauvreté et la famine, comment se fait-il qu’alors que ces deux dernières s’effondrent (yahoooo…. vive la science et le capitalisme de libre marché) le terrorisme se fait de plus en plus actif et présent ?
Plutôt que de changer de paradigme nos élites préfèrent changer les faits, on dira donc que l’Afrique se désertifie, la faim menace partout et la pauvreté augmente. En pure négation de la réalité, mais qu’importe, l’occidental est benêt, adore « l’ailleurs » sans en avoir la moindre idée, donc ça passe.
https://mrmondialisation.org/la-crise-climatique-favorise-la-creation-de-groupes-terroristes/
@Becurious
Bonsoir,
« le changement climatique serait l’un des facteurs pouvant expliquer la montée du terrorisme dans le monde. » (l. 2et 3 du 1er paragraphe du texte de votre lien)
« Les conséquences de plus en plus importantes du changement climatique ne provoquent pas forcément plus de fragilité étatique et de conflits » (l. 2et 3 du 2nd paragraphe)
Dans le premier paragraphe, le mot le plus important est « serait », verbe « être » au conditionnel. Puis viennent les mots : « l’un des facteurs pouvant ». Un des facteurs pouvant… Tout ceci est léger, vague et incertain.
Ce qui est certain, c’est que les auteurs du rapport ne savent pas grand-chose. Je vous renvoie à la conclusion de Coluche dans son sketch sur les journalistes.
Que l’Afrique, ou le Moyen-Orient soient des régions au climat difficile, il y a des millénaires que cela se sait. Nos très lointains aïeux venaient d’Afrique, et le berceau de l’Humanité était au Moyen-Orient.
Au départ, L’E.T.A, Les Brigades rouges, les Anarchistes, l’I.R.A, n’étaient pas des « victimes climatiques ».
Edit :
« Au départ, L’E.T.A, Les Brigades rouges, les Anarchistes, l’I.R.A, n’étaient pas des « victimes climatiques ». » De plus, les membres du G.I.A, d’A.Q.M.I, d’Al Qaida ne revendiquaient aucune cause écolo-climatoanthropique. Daesh ne le fait pas non plus à ma connaissance. Seraient-ils absouts s’ils le faisaient ?