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Vaccins Covid : Macron doit miser sur l’innovation

Rien ne semble avoir été pensé au sommet de l’État pour adapter les institutions du pays à une concurrence internationale qui s’est accrue en 50 ans.

Par Frédéric Mas.

La dernière prise de parole d’Emmanuel Macron sur les vaccins contre la covid-19, ce mardi sur TF1, a été remarquée pour sa discrétion. D’habitude, Jupiter met en scène la « verticalité » de son pouvoir pour mieux asseoir son autorité.

Ici, le rappel pédagogique sur le possible reconfinement et la campagne vaccinale s’est fait de manière assez simple. Il visait essentiellement à éteindre la contestation anti-confinement qui gronde et la déception face aux cafouillages communicationnel et logistique sur la vaccination.

Le triomphe des vaccins russes

Presqu’à contre-cœur, Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’était pas opposé à l’utilisation des vaccins russes Spoutnik V, qu’une étude récente a crédité de 91 % d’efficacité contre la covid, pour accélérer la vaccination en France. Nous sommes  aujourd’hui assez loin des mises en garde politique franco-françaises contre les effets d’annonce de Vladimir Poutine.

Le chef de l’État a rappelé toutefois que « Pour qu’un vaccin soit autorisé, il doit déposer une autorisation de mise sur le marché ».

Emmanuel Macron n’ignore sans doute pas que les autorités russes ont adressé une telle demande devant l’Agence européenne du médicament le 19 janvier 2021, au même titre que Pfizer/BioTech, Moderna et AstraZeneca.

Après la déconfiture de l’Institut Pasteur et de Sanofi, distancés par leurs concurrents européens, l’arrivée sur le marché des vaccins russe et chinois témoigne de l’effacement des entreprises françaises sur le marché international, ce qui met le président de la République dans une position politique difficile.

Face à un peuple français dont le sentiment de déclassement se traduit par une hostilité généralisée envers la classe politique et ses initiatives, Emmanuel Macron n’a pas de message rassurant à délivrer.

Les raisons de cet effacement français ? Un écosystème économique, fiscal et politique national hostile à l’innovation et à la recherche, et un soupçon systématique de conflits d’intérêts porté sur la coopération entre le public et le privé, les entreprises et les centres de recherches.

Le principe de précaution dans les têtes

Le principe de précaution en France n’est pas seulement dans la Constitution, il est aussi dans les têtes. Il concrétise tous les conservatismes, les décroissantismes et les utopies réactionnaires anti-tech. Parmi les idées qui pourraient aider la recherche à relever la tête en France, et plus généralement les entreprises qui créent de la richesse et de l’innovation, il y a celle défendue par l’Institut Molinari, qui est d’en finir avec les impôts de production qui étouffent les entreprises françaises.

Dans un rapport de juin 2020, le think tank estime que ce type de fiscalité pénalise les secteurs les plus tournés vers la concurrence internationale et qu’il agit comme une taxe sur les exportations et une subvention aux importations.

Source Institut Molinari, Les impôts de production, un mal français.

Le volet fiscalité des entreprises est essentiel pour gagner en compétitivité, mais la crise sanitaire s’est faite révélatrice d’une crise plus profonde du modèle français. Rien ne semble avoir été pensé au sommet de l’État pour adapter les institutions du pays à une concurrence internationale qui s’est accrue en 50 ans.

La recherche et le développement mis à part certains secteurs comme le nucléaire ou l’électricité font figure de parent pauvre comparés aux sommes colossales englouties par notre système de sécurité sociale ultraprotecteur.

Comme le rappelait récemment Jean-Baptiste Noé :

« La partie de la population employée dans le secteur soumis à la concurrence internationale passe de 47,5 % en 1975 à 35 % en 2009. Dans le même temps, la population employée dans la fonction publique et le secteur nationalisé passe de 18% à 31 %. Et cela au moment même où l’économie française ne cesse de s’ouvrir au monde extérieur. En 2000, le marché intérieur français ne représente que 3 % du revenu brut mondial. Pourtant, les politiques le considèrent encore et toujours comme le débouché de l’industrie française. »

Il est encore temps pour Emmanuel Macron de mettre en place les réformes nécessaires pour que la France regagne en compétitivité. La crise sanitaire ne s’effacera pas avec davantage de socialisme, mais davantage de libertés, d’initiatives locales, individuelles et moins d’administration.

Image de Frédéric Mas

Frédéric Mas

Frédéric Mas est journaliste et rédacteur en chef de Contrepoints.org. Après des études de droit et de sciences politiques, il a obtenu un doctorat en philosophie politique (Sorbonne-Universités). Il s'intéresse en particulier à la politique internationale, aux théories économiques contemporaines et à la vie des idées. Il écrit également pour Atlantico.

9 réponses

  1. La France.. Elle n’existe plus ce n’est qu’une province europeenne avec a sa tête, un drh pour organiser sa faillite totale. La dernière, une biotech vient de se faire racheter par des coréens sans émouvoir plus que ça notre Bruno régional… Carrefour, si il s’associe avec un autre risque de ne pas disparaitre… Au profit de nos éternels ennemis revanchards.

  2. comment voulez vous que des socialistes étatistes par nature envisagent même un seul instant de réformer ce qu’ils ont construit ??? bien sur on gardera un semblant de démocratie amputée de nombreuses libertés mais le socle  » public  » opposé au privé restera  » quoiqu’il en coûte  » ( l’exemple du refus de mettre à contribution les équipements sanitaires privés au début de la pandémie illustre clairement cette position !!) . Le salut individuel est dans l’exil vers des pays plus ouverts mais dont le nombre diminue !!! Le salut collectif serait une révolte d’ampleur mais nos socialistes ont par l’assistanat permanent mis en place un redoutable contre feu ; tous les bénéficiaires seront là pour s’opposer à toute remise en cause de leur rente !!!!

  3. Ramener le nombre d’élus à la moyenne européenne aidera grandement à faire baisser ces impôts dits de »production ».
    Quelle curieuse dénomination alors que l’on ne produit plus grand chose.

  4. La crise sanitaire interdit toute réforme libérale économiquement. Dans un pays comme la France, seule une période de croissance permettrait une évolution. Il suffirait alors que le taux d’augmentation des prélèvements obligatoires soit inférieur au taux de croissance du PIB. En dix ans, la part du marché augmenterait significativement.
    Aucune chance aujourd’hui. Mais peut-être à partir de 2022. On peut rêver…

    1. Ne rêvez pas,souvenez vous de la cagnotte sous Jospin,ils n’auront qu’une envie,balancer du pognon à tout va

    2. heureusement qu’il n’y a pas besoin de croissance pour libéraliser l’économie, simplifier la fiscalité, casser les monopoles…
      Alors on aura peut-être de la croissance.

    3. Encore faudrait-il savoir ce que contient le PIB… Des taxes et des impôts… Il suffirait alors de les augmenter.
      Il faudrait comparer au PIB marchand.

  5. Il me semblait que les impôts de production représentaient 75 milliards par an en France.
    Quelqu’un connait-il le vrai chiffre?

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