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François Bayrou en meeting à Toulouse (Crédits Jackolan1, licence Creative Commons)
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Bayrou, prochain sur la liste du renouvellement

François Bayrou a décidé de faire de la résistance dans la machinerie macronienne. Assez naturellement, il devrait faire les frais d’un remaniement ministériel la semaine prochaine.

Par Éric Verhaeghe.

Il est bien marrant, François Bayrou, avec sa trinité. Selon lui, il y a les actes du président du Modem, ceux du garde des Sceaux et ceux du citoyen qu’il serait resté. Voilà qui fleure bon la messe du dimanche dans le Béarn.

Ainsi, quand il plaide sur Twitter en faveur de Marielle de Sarnez, mise en difficulté dans une enquête judiciaire, il explique que les tweets du président du Modem n’engagent pas le garde des Sceaux. Quand il appelle un responsable de l’information sur Radio France, après une enquête sur son cas, il explique que les coups de téléphone du citoyen Bayrou n’engagent pas le garde des Sceaux. Génial !

C’est encore mieux que le père, le fils et le saint-esprit.

Bayrou est-il capable de renouvellement ?

Tout le pari est évidemment de savoir si François Bayrou, vieux routard de la politique, est « renouvelable » en tant que tel. Le bonhomme, qui ne manquait pas d’un mot acide contre Macron il y a encore six mois, n’est en effet ni né de la dernière pluie ni grand expert en pratiques renouvelées. Il serait même plutôt du genre à incarner l’ancien monde, avec ses billards à quinze bandes et son état d’esprit délétère.

S’il ne tenait pas Macron avec les 6 points qu’il est convaincu de lui avoir apporté à la présidentielle, il aurait probablement disparu des écrans radar. Et, selon toute vraisemblance, Macron doit abondamment maudire les dieux aujourd’hui d’avoir placé Bayrou sur son chemin, dans le rôle du premier rallié de droite à En Marche.

Le président doit donc arbitrer aujourd’hui entre garder Bayrou pour éviter la création d’un groupe Modem à l’Assemblée la semaine prochaine, qui jouera le rôle de frondeurs, ou bien le lâcher et se promettre à un quinquennat où son opposant le plus virulent sera l’un de ses premiers alliés.

Pas facile, ce choix-là!

L’hypothèse de l’élimination

De deux choses l’une, donc.

Soit Macron tolère l’exception Bayrou dans son gouvernement. Dans cette hypothèse, il évite facialement un groupe Modem à l’Assemblée, qui pourrait se comporter en frondeurs. Mais… le frondeur est dans son gouvernement, et il s’apprête à devoir gérer des couacs à répétition.

Soit Macron ne veut pas gérer un gouvernement avec des couacs à répétition et il se sépare, la semaine prochaine, de François Bayrou. À de nombreux égards, cette hypothèse est même souhaitable, puisque Bayrou ne manquera pas de créer son groupe parlementaire dans la foulée… devenant ainsi le premier opposant au gouvernement qu’il aura quitté.

L’avantage pour Emmanuel Macron est de recréer une cohésion dans le groupe parlementaire d’En Marche en réduisant sa voilure. L’inconvénient est de fissurer l’apparente image de rassemblement qui colle au président.

Le lent glissement de Bayrou vers la sortie

Souvenons-nous qu’à l’issue des présidentielles, Bayrou avait méchamment grogné sur les investitures d’En Marche. Le discours avait été violent. Désormais, face à une marginalisation politique probable s’il reste au gouvernement, il a sans doute intérêt à retrouver des marges de manoeuvre en prenant la tête de son groupe.


Bayrou dénonce les intérêts financiers derrière… par libezap

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est président de Tripalio. Ancien élève de l'ENA, il est diplômé en philosophie et en histoire. Écrivain, il est l'auteur de "Faut-il quitter la France ?" (Jacob-Duvernet, avril 2012). Il anime le site "Jusqu'ici tout va bien" http://www.eric-verhaeghe.fr/

15 réponses

  1. Bayrou n’est pas un frondeur car il ne s’oppose pas à la politique de Macron.
    Par contre c’est déjà un boulet.

    1. Il n’y a pas de « politique de Macron ». Pas encore, en tout cas. Tout ce qu’on voit passer pour l’instant, ce sont des annonces, des ballons d’essai, des postures. On ne pourra juger que lorsque des vrais choix seront à faire.

      1. @ durru
        Tout à fait d’accord: il faut attendre les ACTES pour savoir, , on commence à comprendre le style et la méthode (assez inhabituelle, personnelle et géniale et réussie!). Pour la politique, attendre au moins lundi!

        Tout dépend de Fr.Bayrou: veut-il rester ministre et saboter E.Macron? Je comprends bien qu’il soit aigri et qu’il tente d’exagérer ce que le président lui doit, à lui et au Modem. Mais il est sur le fil: il est très décevant!

  2. Sic transit. Je pense que si Bayrou s’exprime comme il le fait c’est qu’il sait que son sort est déjà scellé. Il va se faire virer du gouvernement et il partira la tête haute en jouant la victime.

    1. Non, amour-propre.
      Encore que ses mains ne sont peut-être pas aussi propres qu’il le prétend.

  3. On peut reprocher des tas de choses à Bayrou mais je ne vois pas pourquoi un ministre ne serait pas libre de critiquer la presse, geste qui ne viole ni la solidarité gouvernementale ni l’indépendance de la Justice. Même et surtout quand la presse prétend se substituer à ladite Justice comme c’est de plus en plus souvent le cas.
    Je rappelle que nul n’a de comptes à rendre aux journalistes, quelle que soit leur agressivité.

    1. Quand on a diffamé Fillon comme il l’a fait, il n’a pas le droit d’empêcher les media, soit disant indépendants, de s’occuper de son propre cas!

      1. Fillon a été mis hors-jeu par la copulation d’une presse aux ordres et d’une juridiction d’exception, sous la houlette d’un « cabinet noir » aussi pervers qu’efficace. Les opinions-girouettes de Bayrou ne font de mal à personne. Mais ce n’est pas parce qu’il n’a aucun pouvoir sur les media qu’il n’a pas le droit de les apostropher.

        1. mc2

          « Un ministre, ça ferme sa gu… ou ça démissionne »: = ça ne répond pas à un 1ier ministre: ça fait « mauvais genre »!

      2. @ Virgile

        La presse est dans son rôle! Sauf si elle obéit au pouvoir.

  4. Bayrou n’était qu’un marché pieds, inutile aujourd’hui, la méthode macron va se renouveler. Tuer le ps, ainsi que Fillon avec ses amis propriétaires de medias, et  » le je veux être président  » suivra. Pas de regret pour ce dernier, il ne nous manquera pas. Adieu la démocratie, vive la communication.

  5. Bayrou se reveille dans l illusion Macron . il avait hsite avec Royal pour Hollande il avait pousse mais pas plus avec Macron il a fait banquo

    et maintenant avec un joueur sans jeu , il demand a quitter la table

    j ai beaucoup pour Raymond Poulidor quel champion

    mais Bayrou ne gagnera jamais un tour de France
    voila il a trompe des millios d electeur et maintanant il s en va un secobd Fillon anvec des casseroles en moins

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