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état d'urgence sanitaire
état d'urgence sanitaire by ... (CC BY-NC 2.0)
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Fin de l’État d’urgence sanitaire… ou État d’exception au quotidien ?

Allons-nous nous acclimater à un État d'exception permanent alors qu'aujourd'hui prend fin théoriquement l'État d'urgence sanitaire ?

Par Frédéric Mas.

Nous sommes officiellement sortis du régime d’exception instauré par l’État d’urgence sanitaire, mais toutes les mesures exceptionnelles n’ont pas été levées, certaines se prolongeant jusqu’en septembre. Même quand il s’agit de la santé et des libertés individuelles des citoyens, Emmanuel Macron privilégie la solution du « en même temps ».

En favorisant une sortie progressive de la situation d’exception, le gouvernement en normalise les pratiques et rend de plus en plus improbable le retour à la situation antérieure en matière de libertés publiques.

La fin de l’État d’urgence sanitaire mais…

Face à l’épidémie de Covid-19, le gouvernement avait déclaré le 24 mars dernier l’État d’urgence sanitaire, État d’urgence qui devait s’éteindre en mai. Il a été finalement prolongé jusqu’au 10 juillet. Mayotte et la Guyane devraient aussi continuer à vivre sous le régime d’exception jusqu’au 30 octobre.

Un projet de loi adopté le 2 juin par l’Assemblée nationale organise « la sortie de l’État d’urgence », c’est-à-dire le maintien de certaines dispositions de l’État d’urgence et cela jusqu’en novembre.

La loi sur la sortie de l’État d’urgence sanitaire n’autorisera pas le retour à un confinement strict, même en cas de seconde vague épidémique, mais conserve certaines mesures restrictives de libertés pendant 4 mois.

Ainsi, le Premier ministre pourra continuer à réglementer ou interdire la circulation des personnes et des véhicules (avion et bateau) ; ordonner la fermeture ou réglementer l’ouverture de certains établissements ; limiter les rassemblements sur la voie publique ; prolonger le port du masque obligatoire dans les transports ; imposer des tests virologiques.

Le pouvoir continue de croître

Les libertés de circuler et de commercer ne sont donc pas sorties intactes de l’État d’urgence, et tout le monde est en train de s’accommoder de cette situation, au plus grand bénéfice de la croissance du pouvoir pour paraphraser Bertrand de Jouvenel.

Comme pour l’État d’urgence sécuritaire, discrètement, l’État continue de grignoter l’espace des libertés individuelles sans remettre en question une seule minute son fonctionnement autoritaire et bureaucratique.

Pourquoi n’avoir pas rétabli franchement le régime de libertés publiques antérieur à la crise ? Pourquoi vouloir absolument ménager la chèvre et le chou, au risque d’acclimater les gouvernés à la gouvernance de l’administration par-delà les formes de l’État de droit ?

Car si normalement la sortie totale de la situation de crise devrait ramener au statu quo ante, les précédents en la matière sont loin d’être rassurants. On se souvient qu’au nom de la guerre contre le terrorisme, plusieurs dispositions des régimes d’exception en matière de sécurité ont été intégrées au droit commun. La multiplication des lois liberticides favorise la création de lois « post État d’urgence » comme par exemple la loi SILT de 2017.

Il nous faut rester vigilants jusqu’à ce que l’État revienne totalement sur le régime d’exception qui perdure au nom de la crise sanitaire, et que la liberté de circuler et de commercer soient totalement rétablie.

 

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Frédéric Mas

Frédéric Mas est journaliste et rédacteur en chef de Contrepoints.org. Après des études de droit et de sciences politiques, il a obtenu un doctorat en philosophie politique (Sorbonne-Universités). Il s'intéresse en particulier à la politique internationale, aux théories économiques contemporaines et à la vie des idées. Il écrit également pour Atlantico.

7 réponses

  1. L’urgence n’existe plus, cette pandémie est devenue une banale grippette que l’on sait soigner lorsqu’on oublie le lobbying de certains, genre verran et Cie et L’oms. Y a encore plein de gens, jeunes, avec des Masques, le mal psychologique est très grave, la civilisation est à sa fin, les loups ont gagné.

    1. On n’a pas vraiment de visibilité à 3 mois sur la question. Par contre on en a sur la gestion de la crise. Mais comme d’hab, l’administration s’auto-audit pour analyser les éventuels « dysfonctionnements ».

      Tous ceux qui ont travaillé pour une administration comprendront ce que « dysfonctionnement » signifie.

  2. Il nous faut rester vigilants jusqu’à ce que l’État revienne totalement sur le régime d’exception qui perdure au nom de la crise sanitaire, et que la liberté de circuler et de commercer soient totalement rétablie.

    Vous croyez donc au père Noël ?

  3. Quand je lis sur twitter, les propos d’un certain médecin qui n’a eu de cesse de pourfendre l’équipe marseillaise, donc, celui ci propose de rendre obligatoire le port des masques dans tous les espaces publics par « principe de précaution ».
    Pas franchement réjouissant.
    Le non port de masque va devenir un acte de résistance.

    1. Oui, le masque est devenu le signe visible de la peur, et cette peur est indispensable à l’acceptation de la restriction de nos libertés.
      C’est pour cette raison, et parce que les preuves scientifiques sont faibles voire biaisées, que l’on peut affirmer que nous sommes devant une ingénierie sociale qui vise un pouvoir de contrôle accru, voire totalitaire, sur les populations.
      [rappe: celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes (Machiavel)]
      La peur, créée à l’origine par la dangerosité affirmée du virus, et d’autre part par l’absence de solution, doit être maintenue.
      On crée, avec l’obligation du masque, une accoutumance à obéir aveuglément à des ordres absurdes qui sont justifiés par la peur et qui, en même temps, l’entretiennent.
      Avec plein de petits capos pour faire respecter les ordres…

  4. Vous vous faites des illusions quand vous pensez qu’on reviendra à un régime de libertés. La considération de la réalité scientifique et épidémiologique, ainsi que la comparaison avec d’autres épisodes épidémiques, oblige à constater une disproportion évidente avec les mesures prises. Dès lors, il faut se demander: pourquoi tout ça?
    Et se rappeler le contexte: une situation de pré-crise monétaire, financière et économique suite aux politiques menées depuis 2009, la crise à venir devant logiquement engendrer des troubles sociaux importants. Troubles et révoltes déjà observés ça et là, dont les gilets jaunes première mouture avaient de quoi inquiéter l’oligarchie internationale dans la mesure où ils coalisaient quasiment l’ensemble de la classe moyenne.
    Si une pandémie étaient déjà prévue, sinon planifiée par les élites supranationales afin d’accroître leur contrôle des populations, nul doute que le Covid – dont toutes les implications avaient été envisagées lors du WEF de janvier 2020 – en représente une opportunité.
    Tout sera donc fait pour que nous ne retrouvions pas nos libertés: le retour à une vie normale sera conditionné par une « vaccination » de masse obligatoire assortie d’un marquage numérique qui assure aux psychopathes qui nous gouvernent le contrôle de nos vies.

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