Par Jean-Baptiste Noé

L’amateur peut y trouver tous ses vins favoris, et boire les mots des crus qu’il ne pourra jamais s’offrir. Rêver, en parcourant ces pages, à ce vignoble bimillénaire qui reste la référence de tous les amoureux du vin.
Quelques pépites personnelles glanées dans ce Féret. J’y découvre l’existence d’un vignoble s’appelant La Servitude Volontaire dont le propriétaire est Bernard Magrez. 1,3 ha, 100% merlot et 100% barriques neuves. Voilà le doux nom d’Étienne de La Boétie qui nous revient en mémoire, et les pages de son livre lumineux que l’on peut boire à défaut de le lire. Michel de Montaigne fut à la fois son ami proche et le maire d’une ville de Bordeaux qui sortait à peine du landau anglais. Encore une fois le signe que la littérature et le vin sont profondément unis.
Autre plaisir du Féret : avoir à sa disposition toutes les connaissances nécessaires à la compréhension du vin de Bordeaux. Ce n’est pas un annuaire figé, une photo d’un instant exprimant la vitalité d’un vignoble. C’est un outil indispensable pour tous ceux qui travaillent sur le vin, un livre qui rend Bordeaux et ses vins vivants et actuels.
La première partie étudie la vigne et le vin en Gironde. Elle analyse les terroirs, l’histoire du vignoble et les contraintes juridiques que rencontre le monde du vin. La deuxième partie est la plus dense, la plus courue aussi. C’est le tour d’horizon du vignoble, toutes les appellations sont mentionnées, tous les crus sont étudiés. L’œnotourisme a également une grande part, ainsi que les évolutions des pratiques culturales. La troisième partie est consacrée à la place de Bordeaux. Elle présente les maisons de négoces et la structuration de ces entreprises.
On l’aura compris, pour les amateurs, les cavistes, les œnologues, et tous les professionnels du vin, c’est l’ouvrage indispensable. Qui plus est, il est très bien édité, avec un beau papier ivoire, et une maquette à la fois facile d’usage et agréable à manier.
- Charles Cocks, Bordeaux et ses vins, 19e édition 1814-2014, Éditions Féret, octobre 2014, 1968 pages.
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