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Justin Trudeau during the Invictus Games opening ceremonies in Toronto Sept 2017(CC BY 2.0)
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Justin Trudeau à Paris : encore le dogme de la discrimination

Justin Trudeau se fait-il le porte-parole de la gauche bien-pensante en parlant encore de la discrimination au travail ?

Par Nathalie Elgrably.

Justin Trudeau était à Paris, où il a prononcé un discours devant l’Assemblée nationale. Heureusement, son escapade en Inde lui a servi de leçon et il n’a pas ridiculisé le Canada en se déguisant en Français !

En revanche, son discours était un ramassis des plus sensationnalistes dogmes gauchistes et de verbiage de politicien.

Entre autres, il a fait de nouveau référence à l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes, laquelle serait quasi exclusivement attribuable à une discrimination systémique et systématique.

Certes, les femmes touchent 80% de la rémunération hebdomadaire moyenne d’un homme, et 90% de la rémunération horaire moyenne d’un homme. Mais faut-il pour autant crier à la discrimination ?

Discrimination au travail, vraiment ?

Les entreprises, motivées par la maximisation des profits, s’escriment à minimiser leurs coûts. Certaines vont jusqu’à déménager au bout du monde pour bénéficier des bas salaires. Dans cette logique, si les femmes acceptent une rémunération inférieure à celle des hommes pour effectuer le même travail, les employeurs ne devraient-ils pas s’arracher cette main-d’œuvre si bon marché ? Et si les hommes sont moins en demande, ne devraient-ils pas alors réduire leurs aspirations salariales afin de rivaliser avec les femmes ?

 

En réalité, de nombreux facteurs socio-économiques expliquent les écarts salariaux : les femmes ont en moyenne moins d’expérience que les hommes ; leur taux de syndicalisation est plus faible ; elles travaillent en moyenne moins d’heures, dans des domaines moins rémunérateurs et dans des entreprises de plus petites tailles que les hommes. Si la discrimination existe, elle reste une explication marginale, sinon anecdotique.

Alimenter un climat délétère avec la discrimination

Mais la gauche bien pensante, dont Justin Trudeau est devenu le porte-étendard, se garde bien de présenter un portrait honnête de la situation. En mentant par omission, elle instille chez les femmes un sentiment d’injustice et alimente inutilement leur frustration. Elle se dit vertueuse. Moi je dis qu’elle crée un climat social délétère dont on pourrait bien se passer.

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Nathalie Elgrably-Lévy

Nathalie Elgrably-Lévy enseigne l'économie à HEC Montréal depuis 1992. Elle a également enseigné l’économie à l'Université de Montréal et à l'UQAM pendant plusieurs années. Elle est l'auteure de La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, ainsi que de l'adaptation pour le Québec du volume Microeconomics, 6e édition, de Pyndick et Rubinfeld. Nathalie Elgrably-Lévy est également chroniqueuse au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Elle a œuvré une partie de l'année 2008 à titre d’économiste senior auprès de l’Institut Fraser. Elle est titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal, avec une spécialité en économie appliquée et une thèse sur le déficit budgétaire fédéral. Ses intérêts de recherche se concentrent sur l'évaluation des politiques publiques.

6 réponses

  1. Ce n’est qu’une question de justice sociale et c’est bien que ce monsieur ai traversé l’atlantique pour en parler aux députés.J’espère qu’il reviendra avec quelques propositions de loi sur le multiculturalisme…et tant d’autres choses sociétales.

    1. effectivement, les problèmes de la france ne sont que sociétaux et manque de justice sociale…
      ajouter un adjectif à un nom ne fait qu’en pervertir le sens. ce que vous appelez « justice sociale » n’est en fait que du pillage. et en effet, en france pour résoudre nos problèmes économiques, il faut encore plus de pillage…
      bref, absurde.

      1. @ jabo
        Il faut regretter que « justice sociale » soit passé, maintenant, dans le langage commun, mais c’est compréhensible puisqu’il existe bien des lois et des tribunaux « du travail ».

        Par contre, le terme ne comprend pas la nuance « éthique » qui est pourtant souvent présente et parfois essentielle dans les relations entre les êtres avec leurs relations habituelles, surtout au travail, question de confiance!

  2. Tout le monde sait que ce crétin de bobo est socialiste! Donc il nous sert les inévitables débilités caractéristiques de son parti.

  3. A la lecture de cet article, je ne peux que me ranger aux arguments de l’auteure : en plus d’avoir moins d’expérience que les hommes, elles écrivent moins bien et ont recours à des arguments plus pauvres.
    Ps : j’espère que cet article n’a pad été payé plus de 80 % de la moyenne masculine. Plus, ce serait du vol…

  4. Anticipant une probable censure du commentaire ci-dessus, je souris par avance à cette ironie qui consisterait à pouvoir diffamer publiquement un premier ministre mais à ne pas tolérer la vacherie d’un inconnu à l’égard d’une à peine moins inconnue personne…

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