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Berlaymont_Commission_Europeenne_2 By: <a href='https://www.flickr.com/photos/gerard_colombat/14639360206/' target='_blank' rel="noopener noreferrer">Gérard Colombat</a> - <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/">CC BY 2.0</a>
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Les financiers antinucléaires s’agitent à Bruxelles

Un imprécis « groupe d'experts » constitué principalement d’une vingtaine de financiers s'oppose au nucléaire dans l'UE.

Par Gérard Grunblatt et Michel Gay.

Un étrange « groupe d’experts conseillant l’Union européenne sur ses règles d’investissements verts » constitué principalement (voir un extrait des membres en annexe) de financiers, d’ONG environnementales (WWF, ECOS,…) et d’industriels (Iberdrola et Airbus) a demandé à Bruxelles le 22 janvier 2022 d’exclure l’énergie nucléaire de la liste des activités pouvant bénéficier d’investissements considérés comme respectueux de l’environnement.

 

Des requins de la finance à la manœuvre

Leur « réponse » à la réglementation actuellement proposée par la Commission européenne à Bruxelles reviendrait selon ces « experts » à attribuer un « label vert » à des investissements qui ne participeraient pas de manière significative à la lutte contre le dérèglement climatique. Ils ciblent l’énergie nucléaire défendue notamment par la France au nom de l’impératif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, tous les membres de cet étrange « groupe d’experts » ne sont pas d’accord avec la conclusion de ce rapport puisque « la plupart » (« most members ») seulement craignent que cette inclusion « mette en péril cette classification et la cohésion de l’Union européenne ». 

Ils demandent à l’exécutif européen de « ne pas aller de l’avant » sur ce sujet en indiquant que la Commission ne garantit pas que les déchets nucléaires n’auront pas un effet nuisible sur l’environnement.

Or, un autre rapport officiel d’experts techniques (eux) de la Commission européenne du « Joint Research Center » (JRC) publié en mars 2021 conclut pourtant que le nucléaire n’est pas plus dommageable pour la santé et l’environnement que d’autres sources d’énergie déjà incluses dans cette liste appelée « taxonomie » permettant l’accès aux financements européens dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.

Les financiers préfèrent investir dans des éoliennes ou du photovoltaïque subventionnés, rapportant de manière certaine à court terme, que sur des projets nucléaires à long terme au budget incertain.

Il est urgent de remettre en cause la course internationale aux profits financiers faciles permise par les énergies « vertes » subventionnées dont profitent largement les promoteurs éoliens et solaires.

 

D’étranges experts financiers antinucléaires

Ces « experts » s’opposent aux conclusions du rapport des experts officiels européens du JRC en déclarant (page 4) : « Dans le cas des nouvelles centrales nucléaires, les critères techniques ne garantissent pas une contribution substantielle aux objectifs de neutralité climatique de 2050 et nécessiteraient des changements substantiels pour y parvenir ».

Ils répètent (page 5) que « Pour l’énergie nucléaire, le point de départ est la promotion d’une énergie à zéro émission de gaz à effet de serre, sans garantir de ne pas causer de dommages significatifs pour d’autres activités énergétiques », là encore en contradiction avec les experts européens du JRC.

Leurs affirmations sont donc surprenantes venant d’un groupe de 57 personnes composé essentiellement d’une vingtaine de financiers et de représentants d’ONG dont certaines antinucléaires notoires sans compétences techniques particulières dans ce domaine.

 

Une vision à long terme ?

Les investissements publics visant à lutter à long terme contre le réchauffement climatique (nucléaire, barrages,…) devraient bénéficier d’un crédit massif avec des taux d’intérêt faibles (moins de 5%).

Pour atteindre cet objectif, il manque une volonté politique, un état stratège, impliquant une solide planification pour remettre sur les rails les secteurs spécialisés de l’industrie française, notamment nucléaire.

Les lobbies antinucléaires s’agitent à Bruxelles et font « feu de tout bois » devant le possible renouveau du nucléaire durable en Europe.

Il s’agit pourtant de rétablir une politique énergétique cohérente fondée sur le nucléaire en commençant par remettre en cause les directives européennes imposant une stupide et fausse concurrence dans le secteur de l’électricité. Elles conduisent aujourd’hui à appauvrir les Français avec des prix élevés de l’électricité dans un marché devenu fou.

Cette orientation idéologique mortifère avait déjà été dénoncée dès 2007 par l’ancien PDG d’EDF Marcel Boiteux.

Mais les chiens aboient et la caravane des profiteurs et des idéologues passe hautaine et méprisante en continuant leurs méfaits.

 

Annexe

 

Extrait de la liste des  « experts conseillant l’Union européenne sur ses règles d’investissements verts » à l’origine de la 

« Réponse à l’acte délégué complémentaire » du 21 janvier 2022

 

E.ON SE (producteur d’électricité à partir de charbon et de gaz);

European Recycling Industries’ Confederation (EuRIC);

Confederation of European Forest Owners (CEFP) ;

Eurometaux ;

European Water Association (EWA) ;

European Construction Industry Federation (FIEC) ;

Eurofer ;

European Dredging Association (EuDA)

Iberdrola

Airbus

Business Europe

Business and Science Poland

EIT Climate KIC

International Union for Conservation of Nature (IUCN)

European Environmental Citizen’s Organisation for Standardisation (ECOS)

World Wildlife Fund (WWF)

Transport and Environment

Agent Green

Birdlife

Chemsec

World Green Building Council, Europe

The Institute for European Environmental Policy (IEEP)

RTO Lithuania (Association of Research and Technology Organisations)

Basque Research and Technology Alliance (BRTA)

BNP Paribas

International Capital Market Association (ICMA)

Climate Bonds Initiative (CBI)

Allianz SE

Bloomberg

Value Balancing Alliance e.V.

Green and Sustainable Finance Cluster Germany

Finance Watch

Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC)

 

Image de Michel Gay

Michel Gay

Citoyen ordinaire, abonné EDF et contribuable, Michel Gay a été pilote de chasse dans une vie antérieure. Il est l'auteur du livre "Vive le nucléaire heureux" et anime le site internet http://www.vive-le-nucleaire-heureux.com. Il a reçu en décembre 2016 le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d'Énergie Nucléaire (SFEN / PACA).

5 réponses

  1. Quand je lis « il manque une volonté politique, un état stratège, impliquant une solide planification »,
    … je pars en courant.

  2. Il ne manque pas de volonté politique forte et d’état stratège. Il y en a une, et c’est la sortie du nucléaire quoi qu’il en coute. Quand aux émissions de CO2 et une catastrophe climatique possible, on dira qu’on a fait tout ce qu’on peut et c’est la faute à l’extrême droite et puis voilà.
    Pourquoi des entreprises privées ne se mettent pas à construire des réacteurs nucléaires? Ce serait à cause du cout de l’emprunt?? Enfin voyons, non c’est à cause d’une réglementation extrême qui a pour but de détruire la filière. Cela est voulu.

  3. L’écologie est une drogue dur, faudrait songer le plus rapidement possible à l’interdire et enfermer les dealers… Remplacer le nucléaire par le gaz, sont tous tombés sur la tête et pas n’importe quel gaz, du gaz de fracturation venant des us ou du Canada..

  4. C’est réglé maintenant non ? La CE a rendu son verdict. Nucléaire et gaz font partie de la taxonomie. France et Allemagne ont obtenu satisfaction.

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