Un commando de 30 à 40 personnes a dégradé 150 000 exemplaires de Direct Matin chez l’imprimeur dans le cadre de la décision du groupe Bolloré de changer d’imprimeur pour échapper à l’emprise du syndicat du livre CGT. Une illustration des méfaits du monopole syndical.
Plusieurs dizaines de personnes, 30 à 40 selon l’AFP, ont endommagé environ 150 000 exemplaires du journal gratuit Direct Matin chez l’imprimeur Brodard Graphique dans la Seine-et-Marne dans la nuit de mardi à mercredi. Ils sont arrivés entre minuit et une heure du matin et équipés de deux lances à incendie ont inondé les stocks puis crevé les pneus de camions de transport.
Selon la police, il pourrait s’agir de représailles du 
Le syndicat du livre CGT est connu pour ses méthodes musclées et bien souvent illégales. Ce syndicat, le seul autorisé dans l’imprimerie de la presse quotidienne, bénéficie de son monopole légal pour obtenir des avantages massifs : selon le rapport sénatorial « Jusqu’où aider la presse » : « Le coût d’impression, pour un travail identique, en offset, sur papier journal, provient à 80 % des salaires dans l’imprimerie de presse (dédiée à l’impression des quotidiens), contre 35 % dans l’imprimerie de labeur (impression des magazines). »
Des affaires similaires à celles qui touchent Direct Matin ont eu lieu récemment avec Métro : de nombreux cas de violences physiques à l’encontre des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés selon Le Monde.
De très nombreux autres scandales ont entaché l’image du syndicat : ainsi, Emmanuel Schwarzenberg a-t-il révélé en 1987 dans Spéciale Dernière que 5 % du papier soit 200 tonnes par mois étaient détournés par le syndicat au profit du régime cubain pour y imprimer la propagande officielle (Granma). En 1991, c’est la direction des NMPP qui a mis à jour une cache de plus de 5000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen, les armes ayant été cachées par des ouvriers du syndicat du livre en 1980 en prévision du Grand soir. Pour d’autres publications, ce sont même des prises d’otages de dirigeants qui ont eu lieu pour les forcer à signer le contrat sous la contrainte.
Le plus inquiétant est la non-sanction par la justice de tels actes, qui sont des violations graves de l’État de droit.