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By: <a href='https://www.flickr.com/photos/blandinelc/7444243148/' target='_blank' rel="noopener">Blandine Le Cain</a> - <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/">CC BY 2.0</a>
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Relancer le logement, c’est bon pour l’emploi

Libรฉraliser le marchรฉ du logement faciliterait la mobilitรฉ gรฉographique et permettrait un meilleur accรจs ร  lโ€™emploi.

Une รฉtude de l’Iref-Europe

logement
Logement By: Blandine Le CainCC BY 2.0

Le chรดmage est un mal qui ronge la sociรฉtรฉ franรงaise depuis de trop longues annรฉes. Pourtant, dans le mรชme temps, des employeurs se plaignent de difficultรฉs ร  recruter, abandonnant parfois tout espoir de trouver les compรฉtences dont ils ont besoin. Certes, ces difficultรฉs sโ€™expliquent en premier lieu par le manque de formation ou dโ€™expรฉrience des candidats.

Mais tous les mรฉtiers qui connaissent des difficultรฉs de recrutement ne demandent pas des qualifications importantes. Beaucoup sont des emplois de services, parfois peu rรฉmunรฉrรฉs. Dans ce cas, la question du logement devient cruciale, dโ€™autant que les emplois se concentrent de plus en plus dans les grandes agglomรฉrations.

Il est donc primordial de faciliter la mobilitรฉ gรฉographique et rรฉsidentielle. Cela passe par la libรฉration du marchรฉ du logement afin quโ€™il soit davantage favorable ร  lโ€™emploi.

 

Malgrรฉ un chรดmage รฉlevรฉ, les employeurs ont du mal ร  recruter

La France connaรฎt un taux de chรดmage รฉlevรฉ depuis de longues annรฉes : en 1993, il รฉtait dรฉjร  de 10 %. Un mal qui frappe avant tout les jeunes : au cours des vingt derniรจres annรฉes, le taux de chรดmage nโ€™est que rarement descendu sous la barre des 20 %.

Paradoxalement, les employeurs franรงais ont des difficultรฉs ร  recruter la main-dโ€™ล“uvre dont ils ont besoin, et parfois ne rรฉussissent pas ร  pourvoir les postes proposรฉs.

En la matiรจre, il est difficile dโ€™obtenir des chiffres prรฉcis.

Nicolas Sarkozy, alors quโ€™il รฉtait prรฉsident de la Rรฉpublique, parlait volontiers de 500 000 offres dโ€™emploi non pourvues chaque annรฉe. Lโ€™ancien ministre du Travail de Franรงois Hollande, Franรงois Rebsamen, avanรงait le chiffre de 400 000 postes vacants du fait dโ€™absence de candidats. Un chiffre repris par le Medef. Quant ร  Myriam El Khomri, lโ€™actuelle ministre du Travail, elle รฉvalue les emplois non pourvus ร  300 000.

Pรดle Emploi annonce des chiffres plus modestes, issus de son enquรชte annuelle auprรจs des entreprises1. Selon lโ€™organisme public, 191 000 offres dโ€™emplois nโ€™ont pas รฉtรฉ pourvues en 2015. Cโ€™est beaucoup moins que lโ€™estimation des politiques, mais cela nโ€™en reste pas moins un chiffre important.

Selon les employeurs, les difficultรฉs de recrutement sont principalement liรฉes aux candidats eux-mรชmes (92,5 %). Il peut alors sโ€™agir de pรฉnurie de candidats, de manque de compรฉtences, de manque dโ€™expรฉrience, de manque de motivation, ou encore dโ€™insuffisance de formation ou de diplรดme.

Dans une moindre mesure, les recruteurs รฉvoquent รฉgalement des difficultรฉs de recrutement liรฉes ร  la nature du poste proposรฉ (40,8 %). Dans ce cas, ils mettent en avant comme obstacles au recrutement la technicitรฉ trรจs pointue du poste, les horaires dรฉcalรฉs, la rรฉmunรฉration, le travail difficile ou pรฉnible, le temps partiel et le dรฉficit dโ€™image.

Par ailleurs, lโ€™enquรชte 2016 de Pรดle Emploi sur les besoins en main-dโ€™ล“uvre fait รฉtat de prรจs de 600000 projets de recrutements jugรฉs difficiles par les employeurs. Ainsi, sur les 1 827 271 intentions dโ€™embauche recensรฉes par Pรดle Emploi, 32 % sont estimรฉes difficiles.

Ces difficultรฉs de recrutement concernent des emplois qualifiรฉs comme les ingรฉnieurs et cadres dโ€™รฉtudes et R&D en informatique, mais surtout des mรฉtiers demandant peu de qualification comme le montre le tableau ci-dessousย :

Schรฉma nยฐ1 – Les 10 mรฉtiers oรน sont signalรฉes les plus fortes difficultรฉs de recrutement-Nโ€™ont รฉtรฉ retenus que les mรฉtiers reprรฉsentant plus de 1 % du nombre total de projets de recrutement en 2016. Source : Pรดle Emploi-Credoc, Enquรชte BMO 2016

Schรฉma nยฐ1 – Les 10 mรฉtiers oรน sont signalรฉes les plus fortes difficultรฉs de recrutement ; nโ€™ont รฉtรฉ retenus que les mรฉtiers reprรฉsentant plus de 1ย % du nombre total de projets de recrutement en 2016.

Les employeurs interrogรฉs par Pรดle Emploi pensent que les difficultรฉs quโ€™ils vont rencontrer ร  lโ€™embauche seront dues principalement au profil inadรฉquat des candidats (pour 81,9 %), ร  la pรฉnurie de candidats (74 %), ou encore ร  la nature du poste proposรฉ (53,9 %).

Cette derniรจre raison est celle qui progresse le plus dans lโ€™enquรชte de Pรดle Emploi. En effet, si elle obtient 53,9 % en 2016, elle nโ€™รฉtait mise en avant que dans 36,2 % des cas en 2013, et 32,4 % en 2014.

Les autres raisons expliquant les difficultรฉs de recrutement varient beaucoup moins au cours des derniรจres annรฉes comme le montre le schรฉma nยฐ4 ci-dessousย :

Base : รฉtablissements potentiellement recruteurs qui pensent rencontrer des difficultรฉs dโ€™embauche (1 985). Source : Pรดle Emploi-Credoc, Enquรชte BMO 2016

Schรฉma nยฐ2 – Quels types de difficultรฉs de recrutement pensez-vous rencontrerย ? (plusieurs rรฉponses possiblesย ; en pourcentage)

 

Des difficultรฉs de recrutement liรฉes en partie ร  la question du logement

Derriรจre les difficultรฉs de recrutement liรฉes ร  la nature du poste proposรฉ se cachent les horaires, le salaire, la pรฉnibilitรฉ, mais aussi la distance. Cela signifie donc que les postes proposรฉs ne trouvent pas preneur car ils sont mal payรฉs, pรฉnibles, avec des horaires dรฉcalรฉs, ou encore รฉloignรฉs du lieu de rรฉsidence des candidats. Ou encore quโ€™ils cumulent plusieurs, voire la totalitรฉ, de ces inconvรฉnients.

Quant ร  lโ€™enquรชte sur les offres dโ€™emploi difficiles ร  satisfaire2 dรฉjร  citรฉe, elle rรฉvรจle que la difficultรฉ dโ€™accรจs au lieu de travail peut constituer un problรจme de recrutement dans 24 % des cas. Malheureusement, lโ€™enquรชte nโ€™apporte pas de prรฉcisions sur ce que les employeurs entendent par ยซ difficultรฉ dโ€™accรจs au lieu de travailย ยป. On imagine difficilement que lโ€™emploi puisse รชtre situรฉ dans un endroit difficile dโ€™accรจs dans lโ€™absolu. En revanche, il peut รชtre difficile dโ€™accรจs pour les รฉventuels candidats car ceux-ci rรฉsident trop loin du lieu de travail potentiel.

Dans une รฉtude3 de 2011, le Crรฉdoc4 estime que 500 000 chรดmeurs inscrits ร  Pรดle Emploi (soit 11 %) ont renoncรฉ ร  un poste, entre 2006 et 2011, pour ne pas avoir ร  supporter des dรฉpenses de logement plus importantes. Si lโ€™on fait une projection sur lโ€™ensemble de la population en รขge de travailler comme lโ€™a fait le Crรฉdoc, ce serait donc environ deux millions de personnes qui auraient refusรฉ un poste pour cette raison durant la pรฉriode.

Par ailleurs, Bigot et Hoiban indiquent, dans la mรชme รฉtude, que ยซย 70 % des actifs dรฉclarent quโ€™ils refuseraient un emploi meilleur que celui quโ€™ils occupent actuellement si cela devait occasionner un dรฉmรฉnagement conduisant ร  une hausse de leurs dรฉpenses de logementย ยป.

Une autre enquรชte du Crรฉdoc, rรฉalisรฉe en 2012 auprรจs dโ€™un รฉchantillon dโ€™entreprises, faisait รฉtat dโ€™un รฉtablissement sur quatre signalant que les problรจmes de logement des salariรฉs compliquent le recrutement. Un รฉtablissement sur cinq รฉvoquait des freins ร  la mobilitรฉ interne. ยซย Au total, 40ย % des รฉtablissements sont affectรฉs par les difficultรฉs de logement de leurs salariรฉsย ยป.5

Il en ressort quโ€™emploi et logement sont intimement liรฉs.

Lโ€™รฉtude de Bigot et Hoiban de 2011 dรฉvoile les critรจres les plus importants dans le choix dโ€™un logement. Si la qualitรฉ du logement prime (53 %) dans le choix des Franรงais, le deuxiรจme critรจre mis en avant est la proximitรฉ des lieux de rรฉsidence et de travail ; et 27 % des personnes interrogรฉes placent mรชme la distance domicile-travail avant tout autre critรจre. Le coรปt du logement nโ€™arrive quโ€™en quatriรจme place dans la hiรฉrarchie et nโ€™est un critรจre prรฉpondรฉrant que pour 18 % des Franรงais (schรฉma nยฐ3).

Source : Crรฉdoc, enquรชte ยซ Conditions de vie et Aspirations ยป, 2011

Schรฉma nยฐ3 – Les critรจres de choix dโ€™un logement

Les Franรงais souhaitent donc, sโ€™ils en ont la possibilitรฉ, limiter le temps de dรฉplacement entre leur domicile et leur travail. Dit autrement, ils veulent pouvoir loger prรจs de leur lieu de travail.

Or, on observe plutรดt le phรฉnomรจne inverse.

Une รฉtude de lโ€™Insee6, rรฉalisรฉe ร  partir du recensement de la population de 2013 mais publiรฉe en juin 2016, montre que les deux tiers des personnes ayant un emploi travaillent dans une autre commune que celle oรน elles rรฉsident. La part de ces personnes โ€“ appelรฉes navetteurs par lโ€™Insee โ€“ dans lโ€™ensemble des personnes ayant un emploi a augmentรฉ de 6 points entre 1999 et 2013 (passant de 58 % ร  64 %).

Notons รฉgalement que la distance entre domicile et travail sโ€™est allongรฉe de 2 kilomรจtres entre 1999 et 2013 pour atteindre une moyenne de 15 kilomรจtres. On peut ajouter que la proportion des trajets de moins de 10 kilomรจtres a diminuรฉ de 5 points au profit notamment de ceux compris entre 20 et 50 kilomรจtres.

Lโ€™รฉloignement continu des Franรงais de leur lieu de travail sโ€™explique, en partie, par le phรฉnomรจne de concentration des emplois dans les grandes agglomรฉrations.

 

La concentration gรฉographique des emplois

En effet, on assiste depuis de nombreuses annรฉes ร  une concentration des emplois dans les zones urbaines. La ville attire, par ses commerces, ses moyens de transport, ses loisirs, ses services au sens large (รฉcoles, mรฉdecins, crรจches, etc.). Et aussi par ses emplois.

Dans une รฉtude pour lโ€™Institut Caisse des Dรฉpรดts7, Laurent Davezies et Philippe Estรจbe montrent que les emplois se crรฉent principalement dans les mรฉtropoles, et singuliรจrement dans les sept principales aires urbaines ainsi que dans le Grand Paris. Selon eux, les mรฉtropoles reprรฉsentent plus de 70 % des crรฉations nettes dโ€™emplois privรฉs entre 2007 et 2014.

France Stratรฉgie note que ยซย les quinze aires urbaines de plus de 500 000 habitants que compte la France rassemblent aujourdโ€™hui 40ย % de la population et 55ย % de la masse salariale. Elles reprรฉsentent aussi plus de 50ย % de lโ€™activitรฉ รฉconomique et le PIB par habitant est en moyenne 50ย % plus รฉlevรฉ dans les mรฉtropoles que dans le reste du pays. Le PIB de la mรฉtropole parisienne reprรฉsente ร  lui seul environ un tiers du PIB franรงais total ย ยป.8

Lโ€™organisme public affirme mรชme que les quinze plus grandes mรฉtropoles franรงaises auraient concentrรฉ 75 % de la croissance entre 2000 et 2010.

Lโ€™enquรชte BMO de Pรดle Emploi fait trรจs nettement ressortir les principaux pรดles de recrutement (schรฉma nยฐ4).

Source : Pรดle Emploi-Credoc, Enquรชte BMO 2016

Schรฉma nยฐ4 – Les pรดles de recrutement (en fonction du nombre dโ€™embauches prรฉvues en 2016)

Il apparaรฎt clairement sur la carte que les besoins en main-dโ€™ล“uvre sont concentrรฉs dans certaines zones. Si lโ€™on regarde les chiffres de Pรดle Emploi plus finement, par zone dโ€™emploi, on est frappรฉ de constater que les zones urbaines sont celles qui embauchent le plus, ainsi que les zones touristiques du littoral et de la montagne.

Par exemple, dans la rรฉgion Centre-Val de Loire, les zones dโ€™emploi dans lesquelles sont situรฉes les six prรฉfectures dรฉpartementales (Chartres, Orlรฉans, Tours, Chรขteauroux, Bourges et Blois) concentrent 63,55 % des embauches prรฉvues en 2016. Les seize autres zones dโ€™emploi ne regroupent donc quโ€™un peu plus de 36 % des besoins en main-dโ€™ล“uvre de la rรฉgion.

Si lโ€™on rรฉpรจte le mรชme exercice en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, on obtient 45,54 %. Et si lโ€™on y ajoute les deux villes importantes que sont Reims et ร‰pernay, cโ€™est 58 % des besoins en main-dโ€™ล“uvre pour lโ€™annรฉe 2016 qui se trouvent concentrรฉs dans les 12 bassins dโ€™emploi comprenant les principales villes rรฉgionales (alors que la rรฉgion compte 42 zones dโ€™emploi).

Lโ€™exercice peut รชtre reconduit pour lโ€™ensemble des rรฉgions, les zones dโ€™emploi urbanisรฉes concentrent 63 ร  75 % des embauches prรฉvues par Pรดle Emploi en 2016.

Par ailleurs, dans leur รฉtude9, Davezies et Estรจbe expliquent que, dans ces aires urbaines, ce sont les emplois mรฉtropolitains qui progressent le plus, cโ€™est-ร -dire ceux qui ne se trouvent que dans les mรฉtropoles. Ce sont, par exemple, des emplois ร  haute valeur ajoutรฉe dans le conseil, lโ€™informatique, le numรฉrique, lโ€™ingรฉnierie. Mais aussi dโ€™autres emplois de services dans lโ€™action sociale (premier secteur crรฉateur dโ€™emplois dans les mรฉtropoles), ou encore la restauration.

Cette concentration des emplois dans les mรฉtropoles, et plus largement dans les villes, contribue ร  lโ€™augmentation des loyers et des prix ร  lโ€™achat des logements. En effet, la demande de logements augmentant, les prix croissent dโ€™autant plus fort que la surface disponible pour construire en agglomรฉration est rรฉduite.

On peut dโ€™ailleurs comparer la carte des pรดles de recrutement (schรฉma nยฐ4) avec celle du prix des logements et constater quโ€™elles se ressemblent รฉtrangementย :

Schรฉma nยฐ5 – Les prix de lโ€™immobilier en France en 2016. Source : www.meilleursagents.com

Par consรฉquent, comme nous lโ€™avons vu plus haut, les Franรงais sont contraints de se loger plus loin de leur lieu de travail alors que, dans lโ€™absolu, ils souhaiteraient plutรดt sโ€™en rapprocher.

 

Il nโ€™y a pas pรฉnurie de logements

La France manque de logements. Cโ€™est une opinion largement partagรฉe et relayรฉe tant par les mรฉdias que par les politiques, et, bien entendu, par les professionnels de la construction.

Cโ€™est ainsi, quโ€™en 2012, Franรงois Hollande annonรงait quโ€™il construirait ยซย 500 000 nouveaux logements par an, dont 150 000 sociauxย ยป.

Lโ€™industrie du bรขtiment a produit 500 000 logements annuels sur une courte pรฉriode, ร  la fin des Trente Glorieuses, avant le premier choc pรฉtrolier10. Il est probable quโ€™elle en serait incapable aujourdโ€™hui. Mais, ce qui apparaรฎt de plus en plus รฉvident, cโ€™est que la France nโ€™a pas besoin dโ€™autant de logements.

Pour Jean-Claude Driant, professeur ร  lโ€™ร‰cole dโ€™urbanisme de Paris :

ยซ Une production de 300 000 ร  340 000 logements par an serait suffisante, compte tenu de lโ€™รฉvolution du nombre des mรฉnages, mais elle nโ€™a de sens que si elle est adaptรฉe gรฉographiquement aux besoins. Il nโ€™y a pas de pรฉnurie de logements en France, mais une disparitรฉ territoriale qui nโ€™a fait que sโ€™accentuer au cours des vingt derniรจres annรฉesย ยป.11

 

โ€ฆ mais une mobilitรฉ gรฉographique et rรฉsidentielle entravรฉe

Dans une รฉtude12 de 2010 du Crรฉdoc, Rรฉgis Bigot affirmait quโ€™en moyenne :

ยซ Une personne sur dix environ change de logement chaque annรฉe. Ce chiffre, prรฉcisait-il, varie assez peu dโ€™une annรฉe sur lโ€™autre : quels que soient les chercheurs, les estimations et les sources utilisรฉes, il a toujours รฉtรฉ compris entre 8 % et 12 % depuis une quarantaine dโ€™annรฉes ยป.

Derriรจre ces chiffres apparemment homogรจnes se cachent des diffรฉrences de taille selon le statut dโ€™occupation du logement. Dโ€™une maniรจre gรฉnรฉrale, on constate que les propriรฉtaires sont moins enclins ร  dรฉmรฉnager que les locataires. On peut mรชme affirmer (schรฉma 6 ci-dessous) que le taux de mobilitรฉ des locataires du secteur libre est dix fois plus important que celui des propriรฉtaires ayant fini de rembourser leur crรฉdit immobilierย :

Schรฉma nยฐ6 – Taux de mobilitรฉ annuel selon le statut dโ€™occupation du logement. Source : Crรฉdoc et Insee

Dans la mรชme รฉtude, Bigot sโ€™est penchรฉ sur la mobilitรฉ rรฉsidentielle en รŽle-de-France. Il constate quโ€™elle a diminuรฉ entre 2002 et 2006 pour retrouver son niveau du dรฉbut des annรฉes 1980. En revanche, on notera que les locataires du parc social dรฉmรฉnagent moins que les locataires du secteur libre.

Schรฉma nยฐ7 – Proportion des mรฉnages franciliens habitant leur logement depuis moins de quatre ans. Source : Crรฉdoc, Insee et IAU-IDF

Schรฉma nยฐ7 – Proportion des mรฉnages franciliens habitant leur logement depuis moins de quatre ans

 

Rรฉgis Bigot fait le constat :

ยซ Le parc social a perdu sa fonction de lieu de logement temporaire dans le cycle des mรฉnages : les mรฉnages modestes ayant lโ€™opportunitรฉ de bรฉnรฉficier dโ€™un logement HLM sont de plus en plus rรฉticents ร  quitter cette habitation, quand bien mรชme la taille du logement ne correspond plus tout ร  fait ร  leur situation familiale ; le manque dโ€™offre locative ร  destination des mรฉnages modestes, dรป en grande partie ร  lโ€™insuffisance de construction de logements dans cette catรฉgorie budgรฉtaire, explique pour beaucoup cette situationย ยป.13

Dans une รฉtude de fรฉvrier 2016, Clรฉment Pavard montre que seuls 8 % des locataires du parc social de lโ€™agglomรฉration parisienne ont รฉtรฉ mobiles entre 2009 et 201314.

Le parc locatif privรฉ est donc un maillon essentiel dans le changement de rรฉsidence des habitants de lโ€™รŽle-de-France. En effet, moins de 26 % des locataires du secteur libre ont emmรฉnagรฉ depuis plus de huit ans. Comme lโ€™indique lโ€™IAU-IDF15, ce parc ยซ accueille, notamment, parmi les emmรฉnagรฉs rรฉcents, 2,5 fois plus de mรฉnages en provenance de province que ne le font les parcs de la propriรฉtรฉ et du locatif social rรฉunis ยป16.

Schรฉma nยฐ8 – Date dโ€™emmรฉnagement dans le logement des mรฉnages franciliens. Source : Crรฉdoc, Insee et IUAU-IDF

Schรฉma nยฐ8 – Date dโ€™emmรฉnagement dans le logement des mรฉnages franciliens

 

Pourtant, comme lโ€™indique le Crรฉdoc dans son รฉtude de 2010, ยซย le parc locatif privรฉ francilien est moins รฉtendu [en 2006] quโ€™il ne lโ€™รฉtait il y a 25 ans ยป. Cโ€™est donc la mobilitรฉ rรฉsidentielle qui se trouve mise ร  mal, alors que dans le mรชme temps on nous assure quโ€™il faut toujours รชtre plus mobiles, tant gรฉographiquement que professionnellement.

Pour accroรฎtre la mobilitรฉ dans le parc social, des dispositions ont รฉtรฉ prises en 2009 (mais applicables, dans les faits, depuis le 1er janvier 2015) obligeant les locataires disposant de revenus excรฉdant de 200% le plafond de ressources fixรฉ lors de lโ€™attribution de leur logement ร  le quitter17. Selon lโ€™Union des HLM, 9000 mรฉnages seraient concernรฉs pour 4,2 millions de logements HLM18.

Autant dire que ce nโ€™est pas cela qui va augmenter le turn over dans les logements sociaux.

Mรชme en cas de surloyer, possible depuis 2006, les loyers sociaux sont tellement infรฉrieurs aux loyers libres dans les zones tendues que les locataires ne veulent pas quitter leur logement. Celui qui a la chance dโ€™occuper un logement social fait, en gรฉnรฉral, tout pour le garder. Les cas dโ€™รฉlus ou de hauts fonctionnaires qui dรฉfrayent rรฉguliรจrement la chronique sont lร  pour le confirmer.

Et puis le mode dโ€™attribution des logements sociaux ne facilite pas la mobilitรฉ. Comme lโ€™รฉcrit Bigot, les bรฉnรฉficiaires dโ€™un logement social ne sont pas incitรฉs ยซย ร  quitter leur habitation sachant quโ€™ils devront, pour rรฉintรฉgrer le parc social de leur nouvelle commune, sโ€™inscrire dans une nouvelle file dโ€™attente oรน ils ne seront pas nรฉcessairement prioritairesย ยป19.

Mais si lโ€™on souhaite augmenter la mobilitรฉ rรฉsidentielle, il faut รฉgalement agir sur le parc privรฉ oรน la fiscalitรฉ tient un rรดle prรฉpondรฉrant. En effet, les droits de mutation, perรงus par les notaires pour le compte de lโ€™ร‰tat et des collectivitรฉs locales, ont augmentรฉ ces derniรจres annรฉes. Depuis la loi de finances pour 2014, une majoritรฉ des dรฉpartements ont relevรฉ leurs taux, les passant de 3,8 % ร  4,5 %.

Au moment de lโ€™acquisition dโ€™un bien immobilier, le propriรฉtaire rรจgle donc dรฉsormais 5,8 % de droits de mutation. ร€ ceux-ci sโ€™ajoutent les honoraires de notaire proprement dits, et parfois les honoraires demandรฉs par les agences immobiliรจres. Cโ€™est ainsi que lโ€™on a, en France, des coรปts de transaction pour lโ€™achat dโ€™un logement parmi les plus รฉlevรฉs des pays dรฉveloppรฉs.

Le schรฉma nยฐ9 ci-dessous20 montre qu’en 2009 (cโ€™est-ร -dire avant lโ€™augmentation des droits de mutation), la France รฉtait le deuxiรจme pays de lโ€™OCDE pour lโ€™importance des coรปts de transaction :

Schรฉma nยฐ9 – Coรปts de transaction pour lโ€™achat dโ€™un logement en 2009 dans les pays de lโ€™OCDE (en pourcentage de la valeur du bien). Source : OCDE et France Stratรฉgie

Schรฉma nยฐ9 – Coรปts de transaction pour lโ€™achat dโ€™un logement en 2009 dans les pays de lโ€™OCDE (en pourcentage de la valeur du bien)

 

Une rรฉglementation envahissante qui coรปte cher

En matiรจre de construction et de logement, la rรฉglementation est partout.

Elle consiste dโ€™abord ร  instaurer la raretรฉ des terrains constructibles. Certes, depuis le 1er janvier 2016, avec le plan local dโ€™urbanisme (PLU), de nouvelles rรจgles permettent, en particulier, de densifier des constructionsย : suppression du coefficient dโ€™occupation des sols (COS), fin de la superficie minimale pour construire sur une parcelle.

Mais, comme lโ€™explique Vincent Bรฉnard :

ยซ Lโ€™essentiel des hausses de lโ€™immobilier est liรฉ ร  la raretรฉ fonciรจre entretenue par une rรฉglementation des sols dโ€™inspiration planificatrice, รฉtatiste, qui rend par dรฉfaut tout terrain inconstructible, et qui incite les รฉlus locaux ร  renverser cette inconstructibilitรฉ avec beaucoup de circonspection ยป.21

Autre domaine dans lequel la rรฉglementation se propageย : les normes de construction, avec son corollaire, la hausse des coรปts de construction.

La profusion rรฉglementaire est difficile ร  mesurer prรฉcisรฉment. La Fรฉdรฉration Franรงaise du Bรขtiment (FFB), dans un rapport22, donne cependant quelques chiffres relatifs ร  lโ€™impact des normes sur les prix de construction. ร€ partir dโ€™une opรฉration type de 40 logements dโ€™une moyenne de 55 m2, les experts ont estimรฉ les fourchettes de prix suivantesย :

  • 950 ร  1200 euros HT/m2 habitable en 2000 ;
  • 1200 ร  1400 euros HT/m2 habitable en 2005 ;
  • 1600 ร  1800 euros HT/m2 habitable en 2011.

 

Soit, selon ces mรชmes experts, une augmentation moyenne de 11 % en cinq ans, et de 58 % sur onze ans. Sur les mรชmes bases, le groupe de travail estime le surcoรปt rรฉglementaire et normatif sur la pรฉriode entre 23 % et 38 %, sept postes expliquant ร  eux seuls 22 points de pourcentage, tout en rappelant que ces diffรฉrents postes ne se cumulent pas de maniรจre systรฉmatique pour toutes les opรฉrations, ร  savoir :

  • performance รฉnergรฉtique (RT2000, RT2005, BBC) โ‰ˆ 8 %
  • accessibilitรฉ (2005) โ‰ˆ 4 %
  • acoustique (NRA 2012) โ‰ˆ 3 %
  • pollution des sols, mises en dรฉcharge (2005) โ‰ˆ 3 %
  • loi sur lโ€™eau (2005) โ‰ˆ 1,5 %
  • sismique (2012) โ‰ˆ 1,3 %
  • vรฉhicules รฉlectriques/locaux ร  vรฉlo (2012) โ‰ˆ 1,2 %

 

Le cรฉlรจbre architecte Jean-Michel Wilmotte dรฉnonce cette inflation rรฉglementaireย :

ยซ Pour chaque permis de construire, on doit fournir des centaines de piรจces, ร  des gens qui ne sont parfois concernรฉs que par une seule page. Pour livrer le dossier du permis de construire du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe ร  Paris, nous avons dรป louer une camionnette. Il y avait 150 kg de documents !ย ยป23

Et Franรงois de Maziรจres, maire de Versailles, de surenchรฉrir avec lโ€™exemple de la construction de logements รฉtudiants dans sa villeย :

ยซย Il paraรฎt logique que toutes les chambres du rez-de-chaussรฉe et leurs salles de bain soient accessibles aux personnes ร  mobilitรฉ rรฉduite (PMR), ainsi que les chambres des รฉtages, pour que les รฉtudiants puissent se rendre visite facilement. Mais est-il indispensable que toutes les salles de bain des รฉtages soient, elles aussi, aux normes PMRย ? Nous avons malheureusement perdu en surface lโ€™รฉquivalent de quatre chambres en respectant ces obligations excessives, au dรฉtriment des รฉtudiantsย ยป24.

On peut รฉgalement citer les clauses dโ€™insertion imposรฉes dans les opรฉrations en zone ANRU et par beaucoup de collectivitรฉs, qui peuvent augmenter le coรปt TCE de 0,75 %. Ou bien encore lโ€™รฉvolution continue des rรฉglementations amiante et plomb qui pรจsent sur les chantiers en cours, et parfois jusquโ€™ร  leur arrรชt, pour des problรจmes parfois anodins (quelques fragments de tuyaux concernรฉs ou joints de fenรชtres).

Entre 2000 et 2013, lโ€™ensemble des facteurs rรฉglementaires identifiรฉs a conduit ร  un total de plus de 85% de progression des coรปts. Toutefois, comme le souligne la FFB, tout ne sโ€™additionne pas, et le progrรจs technique et la productivitรฉ ont probablement attรฉnuรฉ ces hausses. Pour lโ€™organisation patronale, si lโ€™on ne retient quโ€™un cinquiรจme de ce coรปt, la hausse se situe aux alentours de 20 %. Elle explique environ 35 % de la progression totale des prix de la construction.

Si lโ€™on se rรฉfรจre ร  lโ€™indice du coรปt de la construction, publiรฉ chaque trimestre au Journal Officiel par lโ€™INSEE, on remarque que celui-ci a augmentรฉ de 50,41 % entre le premier trimestre 2000 et le quatriรจme trimestre 2015 (contre moins de 25 % en Allemagne, par exemple), passant de 1083 ร  1629. Pendant la mรชme pรฉriode, lโ€™inflation en France a augmentรฉ de 27,2 %.

Enfin, citons un autre facteur important de la hausse des coรปts du logement : les quotas de logements sociaux imposรฉs par la loi SRU25. Cette loi, imaginรฉe par Jean-Claude Gayssot, ministre communiste de lโ€™ร‰quipement et du Logement du gouvernement Jospin, impose, entre autres choses, un quota de 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 1500 habitants en รŽle-de-France (3500 habitants pour les autres rรฉgions). La loi Duflot de 2013 lโ€™a aggravรฉe en portant le taux ร  25 %.

Pour se mettre en conformitรฉ avec la loi, les maires imposent aux promoteurs privรฉs dโ€™inclure 25 % de logements sociaux โ€“ et quelquefois bien plus, jusquโ€™ร  30 ou 40 % โ€“ dans leurs opรฉrations immobiliรจres. Mais les bailleurs sociaux achรจtent ces logements ร  prix coรปtant. Les promoteurs sont alors contraints de rรฉpercuter le manque ร  gagner dans le prix des autres appartements. Ce sont donc les propriรฉtaires privรฉs qui financent, en partie, les logements sociaux de leur immeuble. Le surcoรปt est estimรฉ entre 10 et 15 % du prix du logement. Des logements plus chers, cโ€™est bien รฉvidement moins dโ€™acheteurs potentiels.

Autre disposition ร  mรชme de dรฉcourager les investisseurs immobiliersย : lโ€™encadrement des loyers. Depuis le 1er aoรปt 2015, les loyers ne sont plus libres ร  Paris. Les propriรฉtaires ne pourront plus fixer un loyer supรฉrieur ร  un loyer de rรฉfรฉrence majorรฉ, qui รฉquivaut au loyer mรฉdian – calculรฉ quartier par quartier – augmentรฉ de 20 %. Cโ€™est dรฉsormais le prรฉfet qui dรฉtermine ce loyer de rรฉfรฉrence. Cette mesure devrait รชtre รฉtendue ร  Lille dโ€™ici la fin de lโ€™annรฉe 2016, et ร  412 communes de la banlieue parisienne en 2018.

Par ailleurs, depuis 2012, dans les zones dites tendues, lโ€™รฉvolution des loyers lors de la relocation dโ€™un logement ou lors du renouvellement du bail ne peut pas รชtre supรฉrieure ร  lโ€™indice de rรฉfรฉrence des loyers (IRL) calculรฉ par lโ€™INSEE.

Les premiers rรฉsultats de lโ€™encadrement des loyers ร  Paris semblent nets : les prix ont baissรฉ, surtout pour les petites surfaces. Un bilan dont se rรฉjouissent le gouvernement et la mairie de Paris, qui ne voient pas que les investisseurs fuient la capitale. Franรงois Davy, le prรฉsident de Foncia รฉvoque entre 15% et 20 % de baisse26, ce qui peut reprรฉsenter 150 euros par mois.

Laurent Vimont, prรฉsident de Century 21 prรฉcise :

ยซ L’investissement dans lโ€™ancien a augmentรฉ partout en France lโ€™an dernier [ndlr : 2015], sauf ร  Paris. La part des investisseurs a chutรฉ de 30 % ร  22 % ยป27.

Et il ajouteย :

ยซย Dans notre rรฉseau, nous voyons des bailleurs qui prรฉfรจrent vendre leur appartement parisien plutรดt que de le mettre en location ยป. Un phรฉnomรจne confirmรฉ par Thibault de Saint Vincent, prรฉsident de Barnes : ยซ Lorsque leurs locataires sโ€™en vont, 35 % des propriรฉtaires dรฉcident de ne pas relouer, mais de mettre leur bien ร  la vente, ou de le proposer sur Airbnbย ยป28.

Enfin, il convient dโ€™รฉvoquer les contraintes qui pรจsent sur les bailleurs qui font face ร  des locataires indรฉlicats. En effet, ces derniers sont protรฉgรฉs par la loi qui a rendu la procรฉdure dโ€™expulsion compliquรฉe, longue et, par consรฉquent, coรปteuse. Une procรฉdure โ€“ qui nรฉcessite lโ€™intervention dโ€™un huissier de justice, dโ€™un juge, et parfois des forces de police โ€“ dont le non-respect peut engager la responsabilitรฉ du propriรฉtaire.

Par ailleurs, la trรชve hivernale empรชche toute expulsion (sauf dans certains cas trรจs limitรฉs) du 1er novembre au 15 mars (du 15 octobre au 1er avril ร  Paris).

Ces rรจgles strictes ont pour consรฉquences de freiner les investisseurs qui craignent de ne pouvoir rรฉcupรฉrer leur bien dans des dรฉlais raisonnables. Ils sont donc incitรฉs ร  prendre toutes les garanties, notamment en termes de revenus des locataires et de cautions, pour sโ€™assurer du paiement des loyers. Ces garanties ont pour effet dโ€™exclure du marchรฉ locatif les populations jugรฉes risquรฉes, comme les intรฉrimaires ou les titulaires dโ€™un CDD.

 

Une fiscalitรฉ dรฉcourageante

La fiscalitรฉ touche, en premier lieu, les propriรฉtaires immobiliers. Bien sรปr, lโ€™impรดt de solidaritรฉ sur la fortune (ISF) qui sโ€™applique aux dรฉtenteurs dโ€™un capital รฉgal ou supรฉrieur ร  1,3 million dโ€™euros. Un chiffre trรจs vite atteint par lโ€™investisseur qui possรจde plusieurs biens en zone tendue.

Ensuite, les revenus fonciers sont soumis ร  lโ€™impรดt sur le revenu โ€“ et peuvent donc potentiellement รชtre taxรฉs au taux de 45 %, et mรชme ร  49 % pour les plus hauts revenus avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus โ€“ et aux prรฉlรจvements sociaux de 15,5 %.

Comme lโ€™indique Charles-Marie Jottras, prรฉsident de Daniel Fรฉauย :

ยซย Un investisseur qui a un patrimoine important et des revenus confortables est puni sโ€™il investit dans lโ€™immobilier. Avec 45 + 4 % dโ€™impรดt sur le revenu, plus 15,5 % de CSG-CRDS, soit un total de 64,5 % auquel on ajoute 1,5 % dโ€™ISF, on en arrive ร  dรฉpasser les 100 % dโ€™imposition sur un bien rapportant du 3 % ! Cโ€™est cette rรฉpression de lโ€™investissement quโ€™il faut lever ยป29.

Puis, il convient dโ€™ajouter les impรดts locaux, et plus particuliรจrement la taxe fonciรจre qui nโ€™arrรชte pas de flamber.

Entre 2010 et 2015, celle-ci a augmentรฉ en moyenne de prรจs de 15 %, soit trois fois plus que lโ€™inflation sur la mรชme pรฉriode. Elle est รฉgalement, comme le souligne lโ€™Union Nationale de la Propriรฉtรฉ Immobiliรจre (UNPI), trois fois et demie supรฉrieure ร  la hausse des loyers du secteur privรฉ (estimรฉe ร  4,27% par lโ€™observatoire Clameur)30.

Bien entendu, de grandes disparitรฉs existent selon les dรฉpartements et les communes.

ร€ Lille, lโ€™augmentation a รฉtรฉ de 14,56 % entre 2014 et 2015, et de 10,61 % entre 2015 et 2016. Elle a รฉtรฉ, pour la derniรจre pรฉriode, de 11,86 % ร  Argenteuil, de 10,88 % ร  Saint-Denis, de 10,34 % ร  Dunkerque, etc. Cette hausse est due, en grande partie, ร  celle de la part dรฉpartementale.

Cโ€™est ainsi, quโ€™entre 2014 et 2015, la cotisation dรฉpartementale a augmentรฉ de 20,58 % dans le Var et 14,64 % dans le Bas-Rhin. Entre 2015 et 2016, les hausses ont รฉtรฉ de 67,62 % dans les Yvelines, de 30,96 % dans le Val-dโ€™Oise, de 30,29 % dans lโ€™Essonne, de 26,99 % dans le Nord, de 26,25 % dans le Loir-et-Cher, etc.

Les dรฉpartements se dรฉfendent et rendent le gouvernement responsable. Pierre Monzani, directeur gรฉnรฉral de lโ€™Assemblรฉe des Dรฉpartements de France affirmeย :

ยซย Nous sommes des victimes. La taxe fonciรจre est le seul levier dont nous disposons pour compenser la hausse du RSAย ยป31.

On peut รฉgalement รฉvoquer les droits de voirie perรงus par les communes pour occupation du domaine public, par exemple par les รฉchafaudages ou les cabines de chantier. Un groupe de travail qui rassemble les professionnels de lโ€™ancienne rรฉgion Nord-Pas-de-Calais a calculรฉ, en 2011, que ces droits de voirie pouvaient peser 5 % du coรปt du gros-ล“uvre ร  Lille, soit 2,5 % du coรปt total tous corps dโ€™รฉtat (TCE). Selon la FFB, les chiffres sont les mรชmes pour la rรฉgion parisienne.

 

Nos propositions

Nous lโ€™avons vu, il nโ€™y a pas pรฉnurie de logements en France.

En revanche, les zones oรน se crรฉent aujourdโ€™hui les emplois sont aussi celles oรน le marchรฉ du logement est tendu. Il est donc primordial de libรฉrer le logement afin de favoriser la mobilitรฉ gรฉographique et rรฉsidentielle des Franรงais.

Pour cela, nous proposons sept ensembles de mesures pour une politique du logement en faveur de lโ€™emploiย :

1. Rรฉformer de fond en comble la politique du logement social

Celle-ci, en effet, a pour consรฉquences de dรฉstabiliser le marchรฉ du logement, de renchรฉrir le prix des logements privรฉs et dโ€™entraver la mobilitรฉ gรฉographique et rรฉsidentielle des locataires. Par consรฉquent, il est essentiel de supprimer les quotas obligatoires de logements sociaux prรฉvus par la loi SRU. Mais il nรฉcessaire dโ€™aller plus loin en mettant sur le marchรฉ les logements sociaux existants, en instaurant un ยซย droit dโ€™acheterย ยป (right to buy) pour les locataires, mais aussi en permettant ร  des investisseurs privรฉs et institutionnels de se porter acquรฉreurs. Il convient รฉgalement de supprimer toute subvention, directe ou indirecte, aux organismes de logement social et de privilรฉgier une aide ร  la personne, qui serait incluse dans une allocation unique32.

2. Faciliter lโ€™achat et la vente des logements

Par la limitation des formalitรฉs dont sont assaillis les notaires et les agences immobiliรจres de faรงon ร  rรฉduire corrรฉlativement leurs honoraires, et par la rรฉduction des droits de mutation ร  0,5 % maximum. Cette derniรจre mesure va faire perdre aux dรฉpartements une partie de leurs ressources. En effet, les droits de mutation reprรฉsentaient, en 2014, 18 % de leurs recettes fiscales (soit 8 milliards dโ€™euros pour 44 milliards de recettes fiscales). Par consรฉquent, il convient, dans le mรชme temps, dโ€™allรฉger la charge des dรฉpartements, notamment celle du RSA (revenu de solidaritรฉ active). Celui-ci pourrait รชtre intรฉgrรฉ dans lโ€™allocation unique dรฉjร  citรฉe. Cette allocation unique, et pas universelle, serait versรฉe sous condition de ressources et de situation individuelle, et financรฉe par lโ€™augmentation de un point de CSG33.

3. Allรฉger la fiscalitรฉ sur le logement

Par la suppression de lโ€™ISF, lโ€™arrรชt des augmentations de la taxe fonciรจre, et en ramenant ร  8 ans le dรฉlai dโ€™exonรฉration des plus-values immobiliรจres.

4. Supprimer lโ€™encadrement des loyers

Il nโ€™a pour effet que de faire fuir les investisseurs du marchรฉ locatif.

5. Rรฉtablir la libertรฉ contractuelle dans lโ€™รฉtablissement des baux

Et faciliter les procรฉdures de rupture du bail en cas de dรฉfaut du locataire et dโ€™expulsion de celui-ci.

6. Continuer ร  simplifier les normes de construction

Cinquante mesures de simplification ont รฉtรฉ annoncรฉes par le gouvernement depuis juin 2014. Il est nรฉcessaire de poursuivre dans cette voie, en concertation avec tous les professionnels du logement mais aussi avec les usagers. En attendant, un moratoire sur les rรฉglementations et les normes entraรฎnant un accroissement des coรปts de construction pourrait รชtre dรฉcidรฉ.

7. Favoriser la construction de logements

En particulier par la poursuite de lโ€™allรจgement de la rรฉglementation sur la constructibilitรฉ des terrains, engagรฉe depuis 2016 avec la suppression du coefficient dโ€™occupation des sols (COS), la fin des plans dโ€™occupation des sols (POS) et lโ€™abandon de la surface minimale des terrains pour construire dans le cadre dโ€™un plan local dโ€™urbanisme (PLU).

 

Conclusion

Certes, un meilleur fonctionnement du marchรฉ du logement en France ne rรฉglera pas ร  lui seul le problรจme du chรดmage.

Une formation adaptรฉe, un marchรฉ du travail plus flexible, la baisse du coรปt du travail, une fiscalitรฉ encourageante sont essentiels pour que les entrepreneurs crรฉent ร  nouveau des emplois en nombre suffisants34.

Mais si la France renoue avec la croissance et la crรฉation dโ€™emplois, il est indispensable que la question du logement ne soit pas un frein ร  lโ€™emploi. Or, avec un marchรฉ du logement sclรฉrosรฉ tel quโ€™on le connaรฎt aujourdโ€™hui, nombre de personnes ne trouvent pas ร  se loger lร  oรน elles le souhaiteraient, cโ€™est-ร -dire prรจs de leur lieu de travail. Pis encore, certaines dโ€™entre elles refusent un emploi pour des raisons liรฉes au logement, et ร  son corollaire le transport.

Il faut dire quโ€™ร  force dโ€™intervenir dans le domaine du logement, les pouvoirs publics ont complรจtement dรฉsorganisรฉ le marchรฉ immobilier. Chaque mesure engendre des effets pervers que lโ€™ร‰tat tente de corriger par de nouvelles mesures qui crรฉent, ร  leur tour, de nouveaux effets nรฉgatifs. Cโ€™est un vรฉritable cercle vicieux dont on se demande parfois sโ€™il est possible dโ€™en sortir.

En 2017, de nouvelles dispositions vont entrer en vigueur, complexifiant et dรฉsorganisant encore un peu plus le marchรฉย :

  • encadrement des loyers ร  Lille ร  compter du 1er fรฉvrierย ;
  • obligation pour les propriรฉtaires-bailleurs de fournir deux diagnostics techniques supplรฉmentaires avant de louer un bien, lโ€™un sur lโ€™รฉtat de lโ€™installation du gaz, et lโ€™autre sur lโ€™รฉtat de lโ€™installation รฉlectrique, ร  partir du 1er juilletย ;
  • obligation dโ€™avoir recours ร  un architecte pour faire construire sa maison dรจs 150 m2 dรจs le 1er mars (contre 170 m2 auparavant)ย ;
  • doublement de la taxe sur les logements vacants ร  Paris, depuis le 1er janvier.

 

Il est donc urgent de stopper cette inflation rรฉglementaire et fiscale si lโ€™on souhaite retrouver une plus grande fluiditรฉ sur le marchรฉ immobilier, une offre accrue de logements dans les zones tendues et des investisseurs plus nombreux. Cโ€™est lโ€™ambition de nos propositions.

Sur le web




Notes :
  1. Guillaume Blache et Sandra Gaumont, ยซย Les offres dโ€™emploi difficiles ร  satisfaireย : les difficultรฉs sont dโ€™origines multiples et se concentrent sur certains secteursย ยป, Pรดle Emploi, ร‰clairages et Synthรจses, nยฐ21, avril 2016. โ†‘
  2. ย Guillaume Blache et Sandra Gaumont, ยซย Les offres dโ€™emploi difficiles ร  satisfaireย : les difficultรฉs sont dโ€™origines multiples et se concentrent sur certains secteursย ยป, Pรดle Emploi, ร‰clairages et Synthรจses, nยฐ21, avril 2016. โ†‘
  3. Rรฉgis Bigot et Sandra Hoibian, ยซ La mobilitรฉ professionnelle bridรฉe par les problรจmes de logement ยป, Crรฉdoc, รฉtude rรฉalisรฉe ร  la demande du Medef, juillet 2011. โ†‘
  4. Crรฉdoc : Centre de Recherche pour lโ€™ร‰tude et lโ€™Observation des Conditions de Vie. โ†‘
  5. Mรฉlanie Babรจs, Rรฉgis Bigot et Sandra Hoibian, ยซ Les problรจmes de logement des salariรฉs affectent 40 % des entreprises ยป, Crรฉdoc, รฉtude rรฉalisรฉe ร  la demande du Medef, avril 2012. โ†‘
  6. Maud Coudรจne et David Lรฉvy, ยซย De plus en plus de personnes travaillent en dehors de leur commune de rรฉsidenceย ยป, Insee Premiรจre, nยฐ165, juin 2016. โ†‘
  7. Laurent Davezies et Philippe Estรจbe, ยซ Les nouveaux territoires de la croissance : vers un retournement historique de la gรฉographie รฉconomique ? ยป, rapport dโ€™รฉtude pour le compte de lโ€™Institut Caisse des Dรฉpรดts pour la Recherche et du Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA), novembre 2015. โ†‘
  8. ย France Stratรฉgie, ยซย Dynamiques et inรฉgalitรฉs territorialesย ยป, juillet 2016. โ†‘
  9. Laurent Davezies et Philippe Estรจbe, ยซ Les nouveaux territoires de la croissance : vers un retournement historique de la gรฉographie รฉconomique ? ยป, rapport dโ€™รฉtude pour le compte de lโ€™Institut Caisse des Dรฉpรดts pour la Recherche et du Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA), novembre 2015. โ†‘
  10. Catherine Sabbah, ยซย Pour en finir avec le mythe des 500 000 logements par anย ยป, Les ร‰chos, 29 juin 2016. โ†‘
  11. Citรฉ par Catherine Sabbah, Les ร‰chos, 29 juin 2016. โ†‘
  12. Rรฉgis Bigot, ยซ Les difficultรฉs de logement des classes moyennes et les besoins de mobilitรฉ rรฉsidentielle ยป, รฉtude rรฉalisรฉe ร  la demande de PERL, Crรฉdoc, juin 2010. โ†‘
  13. Rรฉgis Bigot, ยซย Les difficultรฉs de logement des classes moyennes et les besoins de mobilitรฉ rรฉsidentielleย ยป, รฉtude rรฉalisรฉe ร  la demande de PERL, Crรฉdoc, juin 2010. โ†‘
  14. Clรฉment Pavard, ยซ La mobilitรฉ rรฉsidentielle des locataires du parc social. Lโ€™รขge, les รฉvรฉnements familiaux et les revenus comme principaux dรฉterminants de la mobilitรฉ ยป, ร‰clairages, ร‰tude nยฐ10, Groupe Caisse des Dรฉpรดts, fรฉvrier 2016. โ†‘
  15. Institut dโ€™amรฉnagement et dโ€™urbanisme de la rรฉgion รŽle-de-France. โ†‘
  16. Jean-Jacques Guillouet et Philippe Pauquet, ยซ La mobilitรฉ rรฉsidentielle des mรฉnages franciliens entre 1984 et 2006 ยป, IAU-IDF, juin 2009. โ†‘
  17. Loi nยฐ 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre lโ€™exclusion (MOLLE). โ†‘
  18. Cรฉline Carez et Odile Plichon, ยซ HLM : encore des locataires trop riches ! ยป, Le Parisien, 1er aoรปt 2016. โ†‘
  19. Rรฉgis Bigot, ยซย Les rรฉpercussions directes et indirectes de la crise du logement sur lโ€™emploiย ยป, Crรฉdoc, รฉtude rรฉalisรฉe ร  la demande du Medef, mars 2011. โ†‘
  20. Schรฉma tirรฉ de la note de France Stratรฉgie, ยซ Quelle fiscalitรฉ pour le logement ? ยป, dรฉcembre 2016. โ†‘
  21. Vincent Bรฉnard, ยซย La bulle immobiliรจre est dโ€™abord fonciรจre, en voici la preuveย ยป, www.objectifeco.com …, 11 mars 2015. โ†‘
  22. Fรฉdรฉration Franรงaise du Bรขtiment, ยซย Analyse de lโ€™รฉvolution comparรฉe des prix et des coรปts dans le bรขtiment. Prรฉconisations en matiรจre de simplifications rรจglementairesย ยป, rapport du groupe de travail prรฉsidรฉ par Olivier Tommasini, juillet 2013. โ†‘
  23. Jean-Michel Wilmotte et Franรงois de Maziรจres, ยซย Lโ€™ร‰tat doit lรขcher prise sur le patrimoine quโ€™il ne peut entretenir et laisser le privรฉ le faire vivreย ยป, interview par Emmanuelle Ducros, Lโ€™Opinion, 16 novembre 2016. โ†‘
  24. Ibid. โ†‘
  25. Loi nยฐ 2000-1208 du 13 dรฉcembre 2000 relative ร  la solidaritรฉ et au renouvellement urbains (SRU). โ†‘
  26. Citรฉ par Matthieu Pechberty, ยซ Encadrement des loyers : les premiers effets ยป, Le Journal du Dimanche, 4 octobre 2015. โ†‘
  27. Table ronde ยซ Immobilier, une situation historique ยป, propos recueillis par ร‰tienne Mougeotte, Marie de Greef-Madelin, Frรฉdรฉric Paya et Agnรจs Pinard Legry, Valeurs Actuelles, 22 septembre 2016. โ†‘
  28. Ibid. โ†‘
  29. Table ronde ยซ Immobilier, une situation historique ยป, propos recueillis par Etienne Mougeotte, Marie de Greef-Madelin, Frรฉdรฉric Paya et Agnรจs Pinard Legry, Valeurs Actuelles, 22 septembre 2016. โ†‘
  30. Observatoire UNPI des taxes fonciรจres sur les propriรฉtรฉs bรขties 2010-2015, octobre 2016. โ†‘
  31. Citรฉ par Guillaume Errard, ยซย Taxe fonciรจreย : 35 dรฉpartements ont augmentรฉ leur taux cette annรฉeย ยป, Le Figaro, 14 octobre 2016. โ†‘
  32. Voir ร  ce sujet, Jean-Philippe Delsol et Nicolas Lecaussin, ยซย ร‰chec de lโ€™ร‰tat. Pour une sociรฉtรฉ de libre choixย ยป, ร‰ditions du Rocher, 2016ย ; et particuliรจrement les chapitres 5 et 6. โ†‘
  33. Ibid. โ†‘
  34. Voir ร  ce sujet, lโ€™รฉtude de lโ€™IREF, ยซย Vaincre le chรดmageย ยป, fรฉvrier 2016. โ†‘
Image de IREF Europe

IREF Europe

Lโ€™IREF (Institut de Recherches รฉconomiques et Fiscales) est un ยซ think tank ยป europรฉen fondรฉ en 2002 dans le but de dรฉvelopper la recherche indรฉpendante sur des sujets รฉconomiques et fiscaux.

3 rรฉponses

  1. Article interminable qui tient davantage du rapport et qui hรฉsite longuement entre parler de la difficultรฉ du recrutement et la difficultรฉ du logement.
    Dans le premier aspect, il oublie de citer la perception de l’ รขge par les recruteurs qui est aussi un sรฉrieux obstacle, y compris dans les professions en crise de recrutement.
    Obstacle dรป ร  l’ hypocrisie des recruteurs qui se lamentent de ne pas trouver les profils expรฉrimentรฉs recherchรฉs et laissent de cรดtรฉ 25% des offres (en supposant une rรฉpartition uniforme dans les 35/40 ans de l’ รฉventail d’ รขge professionnel).

  2. Quel boulot cet article. Long, traitant de sujets de nature diffรฉrente, tirant parfois des conclusions hรขtives de gรฉnรฉralisations simplistes, il n’en pose pas moins un diagnostic terrible. Et des solutions qui me semblent plutรดt bonnes, mais qu’aucun gouvernement ne mettra jamais en place.
    Quand un pays considรฉrรฉ que 25% des logements d’une commune doivent avoir un caractรจre social, c’est qu’il a intรฉgrรฉ dans ses racines idรฉologiques qu’1/4 de la population doit vivre au dรฉpens des 3/4. Hors, sur le terrain, c’est non seulement faux (il n’y a pas 1/4 des franรงais qui ne peut pas trouver un logement autre que social) mais source de situations intenables.
    Ainsi, pour prendre un exemple simple ร  comprendre, prenons une agglomรฉration urbaine de quelques centaines de milliers d’habitants. Constituรฉe d’une mรฉtropole rรฉgionale (Montpellier, Toulouse ou mรชme Paris a plus grande รฉchelle).
    Mรฉtropole ancienne, sans rรฉelle capacitรฉ de construction faite de place. Mais contrainte de respecter son taux de 25% de logements sociaux.
    Que se passe-t-il ?
    Cette agglomรฉration va phagocyter les communes avoisinantes, les villages ruraux de pรฉriphรฉrie et reporter sur eux le parc social locatif. Le taux concernant l’agglo, les villages environnants ne sont plus que des citรฉs dortoirs. Les habitants historiques qui voyaient les ยซย bienfaitsย ยป de l’agglo dรฉchantent : impรดts en hausse au profit de la mรฉtropole, urbanisme ubuesque, conditions de transport dรฉgradรฉes, etc.
    Ils sont peu ร  peu remplacรฉs par les nouveaux habitants des logements sociaux exclus de la mรฉtropole, au pouvoir d’achat moindre.
    Les commerce des petites communes en pรฉriphรฉrie de l’agglo ferment les uns aprรจs les autres.
    Les villages sont ruinรฉs.

    Une seule solution ร  tout ce bazar : abroger toutes les Lois et dispositions d’urbanisme, de socialisation des logements, de protection excessive des locataires, de taxation abusive du patrimoine immobilier.
    Bref : anarchie libรฉrale par coup d’Etat.
    Je suis dรฉsabusรฉ…

  3. l article commencait bien mais helas se termine par du classique: moins de reglementation, moins d impots … mais rien sur la suppression des subventions au logement (APL, PTZ, Pinel …). Car comme le dit le debut de l article, si les gens sont moins mobile, c est aussi qu ils sont scotche avec un credit de 25 ans ou qu un demenagement leur coute si cher (via un loyer bien plus eleve dans une zone tendue) qu ils restent sur place.

    PS: pour les difficultes de recrutement, il faut quand meme prendre ces stats avec du recul. Pour l informatique (ma branche), il y a en effet difficultรฉ a trouver un gars de 25 ans avec 10 ans d experience sur la derniere techno du moment (par ex le cloud) qui veut habiter a paris et gagner moins de 2000 โ‚ฌ net/mois dans une SSII, laquelle l enverra sans probleme sur une mission en cobol a 50 km de chez lui

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