ARCHIVES

Lecture : 3 minutes

10 pays dessinent les États-Unis d’Europe

Ce groupe a été lancé le 20 mars avec une réunion à Berlin de neuf ministres européens des affaires étrangères (de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, d'Autriche, d'Espagne, du Portugal, d'Italie et de Pologne, et aussi d'Allemagne), rejoints plus tard par le Danemark, ce qui fait un groupe de dix.

La forme finale des États-Unis d’Europe commence à émerger et, par la nature des choses, ce n’est plus qu’une question de temps avant que les europhiles ne tentent de la transformer en réalité.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

Des réformes institutionnelles de l’UE sont nécessaires pour « rendre l’Union Européenne et l’euro irréversibles ». L’UE devrait avoir moins de commissaires mais une commission plus puissante, qui devrait devenir « un vrai gouvernement européen ».

Il devrait y avoir un président de l’UE unique, élu par suffrage direct, et un parlement à deux chambres similaires aux États-Unis, avec leur sénat et leur chambre des représentants. La chambre haute serait un conseil national des ministres, égal en statut du parlement européen. À long terme, le parlement deviendrait une vraie législature, avec le droit d’initier des lois (structure montrée dans ce graphique).

newstructure 959-cjk.jpg

Il devrait aussi y avoir un corps de gardes frontières européens commun, des visas européens plutôt que nationaux, l’expansion de la politique extérieure et de défense commune, avec des décisions prises à la majorité qualifiée, la création d’une armée de l’UE, et un contrôle plus direct des budgets nationaux.

Voici les recommandations intermédiaires du « groupe futur » (Zukunftsgruppe) sur l’Union européenne, présentées à Barroso, à Van Rompuy, au président de la BCE Mario Draghi, et au président de l’eurogroupe Jean-Claude Juncker, qui forment le « quatuor ».

À l’initiative du ministre allemand des affaires étrangères Guido Westerwelle, ce groupe a été lancé le 20 mars avec une réunion à Berlin de neuf ministres européens des affaires étrangères (de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, d’Autriche, d’Espagne, du Portugal, d’Italie et de Pologne, et aussi d’Allemagne), rejoints plus tard par le Danemark, ce qui fait un groupe de dix.

Il a été mis en place au départ pour adopter une approche plus large des défis auxquels fait face l’Union Européenne. Le but était de lancer un débat stratégique traitant spécifiquement de la question « Où avons-nous besoin de plus d’Europe ». Pas « en avons-nous besoin », mais bien, « où ? »

Le rapport de huit pages a été largement commenté par la presse germanophone, y compris Handelsblatt, Die Welt, le Frankfurter Allgemeine Zeitung et Die presse. Jusqu’ici cependant, la seule réaction dans la presse britannique semble avoir été dans le Financial Times [et en France ? NdT], ce qui reflète le manque d’attention accordée aux discussions de plus en plus importantes sur un nouveau traité de l’UE.

Et, bien qu’on n’anticipe pas que ces questions précises soient abordées au conseil européen du 28 juin, elles sont tout à fait en accord avec la ligne prise par le « quatuor » aussi bien que par Merkel.

De plus, le Zukunftsgruppe n’a pas encore terminé ses délibérations. Il vise de présenter son prochain rapport au début de l’automne, à temps pour la conférence intergouvernementale attendue sur un nouveau traité pour l’union fiscale et politique. La prochaine consultation est en Espagne en juillet et ensuite avec le nouveau ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius.

Si certains de ces changements venaient à être mis en place, voire tous, ils déclencheraient sans doute des référendums dans de nombreux pays de l’UE, et très certainement au Royaume-Uni, comme ils dépassent largement la zone euro.

Mais, même s’ils ne sont pas adoptés, le fait que de tels changements soient envisagés indique la direction générale qui est suivie. Ceci devrait être pris comme un avertissement. La forme finale des États-Unis d’Europe commence à émerger et, par la nature des choses, ça ne peut être qu’une question de temps avant que les « collègues » ne tentent de la transformer en une réalité.

—-
Sur le web.

Image de Dr Richard North

Dr Richard North

Richard North est un auteur et un bloggeur britannique. Son blog a été déclaré en 2006 l'un des blogs politiques anglais les plus influents par le Financial Times. North a été directeur de recherche au Parlement Européen pour le groupe politique Europe of Democracies and Diversities, qui inclut UKIP.

20 réponses

  1. Oui enfin c’est pas vraiment nouveau-nouveau: j’avais déjà esquissé cette construction en 1992 dans un mémoire universitaire, c’est dire que même si un étudiant peut envisager la chose à l’époque, c’est qu’existaient déjà projets et documents sur lesquels s’appuyer. Cette évolution est naturelle, rien de sorcier et si la crise à peut-être accéléré le processus, cette construction supra-nationale était déjà un injectif stratégique depuis de Longues années.

    Après, évidemment, on peut – on doit! – se poser la question de l’utilité du « machin » mais c’est une autre histoire.

  2. Les libéraux doivent se réjouir, leurs délires mondialistes visant à la création d’un marché unique, sans protection, vu que les corps intermédiaires ont été liquidés, sont en train de devenir réalité. Faites attention, le succès de « comprendre l’empire » pousse les gens à être de plus en plus conscient de l’absurdité du système, lors de la révolte des nations, des têtes vont tomber.

  3. la fille : « papa maman on vit en Europe maintenant ! »
    la mère au père : « Tu crois qu’elle va nous dénoncer comme séparatistes ? »
    Les parents : « oui ma chérie vive l’ Europe… »

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Inscrivez-vous pour recevoir la Lettre des Libertés

Recevez la lettre tous les matins.