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Boeing 777-300 ER au décollage (Crédits revedavion.com, licence Creative Commons)
Boeing 777-300 ER au décollage (Crédits revedavion.com, licence Creative Commons)
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À l’impossible, tout le monde est tenu selon l’administration

La réglementation étatique n'a pas besoin du moindre fondement pour exister, en particulier dans le domaine environnemental.

La réglementation étatique n’a pas besoin du moindre fondement pour exister, en particulier dans le domaine environnemental. C’est ce que vient montrer une nouvelle fois une histoire surprenante aux États-Unis.

Par Nathalie Elgrably Lévy, depuis Montréal, Quebec

Boeing 777-300 ER au décollage (Crédits revedavion.com, licence Creative Commons)« Ad impossibilia nemo tenetur »… pour ceux qui rêvaient pendant leurs cours de latin, cela signifie « à l’impossible nul n’est tenu »… à moins d’être dans la mire de l’agence de la protection de l’environnement des USA (EPA).

Cette histoire, rapportée par le New York Times, aurait été drôle si elle n’était pas authentique:

Pour 2011, les compagnies qui produisent des carburants pour moteurs devront payer des amendes de 6,8 millions pour ne pas avoir mélangé leurs produits avec des biocarburants cellulosiques, comme la loi l’exige.

Le hic?  les biocarburants cellulosiques n’existent pas encore, sauf dans des laboratoires et à l’état expérimental.  Mais l’EPA ne s’encombre pas de ce genre de détails.

Pour 2011, les entreprises avaient l’obligation d’employer 6,6 millions de gallons de biocarburants cellulosique. L’EPA a fixé ce quota à 8,6 millions de gallons pour 2012.

Cette loi a été passée dans l’espoir de réduire les émissions de CO2 et ainsi combattre le réchauffement climatique.

Ainsi, on oblige les entreprises à employer un produit qui n’existe pas, pour vaincre un problème dont l’existence est incertaine… par une agence qui ne devrait pas exister!

Pour terminer, quelques citations sur la bêtise :

La bêtise est nettement supérieure à l’intelligence car toute l’intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu’un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d’intelligent. — Philippe Geluck

Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. — Albert Einstein

La bêtise a ceci de terrible qu’elle peut ressembler à la plus profonde sagesse. — Valéry Larbaud

Un hasard a donné à l’homme l’intelligence. Il en fait usage : il a inventé la bêtise. — Henri de Régnier

Quand les ignares diplômés prolifèrent, la bêtise fleurit joyeusement. — Jean-Luc Dion

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Nathalie Elgrably-Lévy

Nathalie Elgrably-Lévy enseigne l'économie à HEC Montréal depuis 1992. Elle a également enseigné l’économie à l'Université de Montréal et à l'UQAM pendant plusieurs années. Elle est l'auteure de La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, ainsi que de l'adaptation pour le Québec du volume Microeconomics, 6e édition, de Pyndick et Rubinfeld. Nathalie Elgrably-Lévy est également chroniqueuse au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Elle a œuvré une partie de l'année 2008 à titre d’économiste senior auprès de l’Institut Fraser. Elle est titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal, avec une spécialité en économie appliquée et une thèse sur le déficit budgétaire fédéral. Ses intérêts de recherche se concentrent sur l'évaluation des politiques publiques.

3 réponses

  1. C’est idiot mais pas illogique : libre à eux de les produire eux-même, ces carburants cellulosiques. Ils le feront si le surcout ne dépasse pas l’amende. Si vraiment c’est impossible (à un cout raisonnable), ça devient une bête taxe, et basta.

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