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Donald Trump
Donald Trump By: <a href='https://www.flickr.com/photos/ajhanson/24492184135/' target='_blank'>Alex Hanson</a> - <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/">CC BY 2.0</a>
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ALENA : Trump en guerre contre le commerce international

Donald Trump a clairement précisé qu’il mettrait un terme à l’ALENA s’il n’obtient pas un «un accord juste pour les États-Unis». Quelle incidence pour le Canada ?

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis le Canada.

Le 27 avril dernier, après avoir annoncé que les États-Unis se retireraient de l’ALENA, Donald Trump est revenu sur sa décision. Des entretiens téléphoniques avec Justin Trudeau et le président mexicain Enrique Pena Nieto l’auraient convaincu de privilégier la renégociation de l’accord.

Selon Trudeau, ce sont les arguments invoqués par le Canada qui ont fait flancher Trump. Comme le Canada exporte pour 400 milliards $ annuellement vers les États-Unis, il était logique qu’Ottawa déploie des efforts herculéens pour empêcher l’abrogation de l’ALENA. N’est-ce pas là justement le rôle d’un gouvernement ?

Humiliant

Quelle surprise donc d’apprendre cette semaine que si Trudeau a communiqué avec le président américain, c’est uniquement à la suite de la demande­­ de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et haut conseiller à la Maison-Blanche. Ainsi, Washington a envisagé une mesure néfaste pour le Canada, et il a fallu que ce soit Washington­­ qui invite notre Premier ministre à réagir.

Que ni Trudeau ni aucun de ses conseillers n’aient eu la présence d’esprit de prendre les devants­­ dans ce dossier est carrément humiliant pour Ottawa. Voilà qui en dit long non seulement sur les compétences de Trudeau, mais également sur l’image que la classe politique américaine doit avoir de lui.

Impitoyable

Malgré tout, nous ne sommes pas tirés­­ d’affaire, car, bien que Trump ait accepté de renégocier, il a toutefois clairement précisé qu’il mettrait un terme à l’ALENA s’il n’obtient pas un «un accord juste pour les États-Unis».
Étant donné l’hostilité du président américain envers le commerce international, et vu ses talents d’homme d’affaires redoutable, on peut s’attendre­­ à ce qu’il négocie de manière­­ impitoyable.

 

Mais nous, qui avons-nous pour défendre­­ les intérêts des canadiens ? Trudeau sera indubitablement excellent pendant la séance de photos, mais que pouvons-nous attendre de lui au moment des négociations ? Peut-être aurions-nous intérêt à embaucher Jared Kushner pour représenter le Canada !

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Nathalie Elgrably-Lévy

Nathalie Elgrably-Lévy enseigne l'économie à HEC Montréal depuis 1992. Elle a également enseigné l’économie à l'Université de Montréal et à l'UQAM pendant plusieurs années. Elle est l'auteure de La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, ainsi que de l'adaptation pour le Québec du volume Microeconomics, 6e édition, de Pyndick et Rubinfeld. Nathalie Elgrably-Lévy est également chroniqueuse au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Elle a œuvré une partie de l'année 2008 à titre d’économiste senior auprès de l’Institut Fraser. Elle est titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal, avec une spécialité en économie appliquée et une thèse sur le déficit budgétaire fédéral. Ses intérêts de recherche se concentrent sur l'évaluation des politiques publiques.

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