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Steve Jobs
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Apple: départ de Steve Jobs au mauvais moment

Innovateur et entrepreneur, Steve Jobs a changé nos vies

Mercredi 24 août, Steve Jobs a annoncé son départ d’Apple, le groupe informatique qu’il a cofondé avec Steve Wozniak dans les années 1970. Innovateur, il a changé nos vies. Sa démission intervient au plus mauvais moment, alors que l’économie en phase de récession a besoin d’entrepreneurs de sa trempe.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec

Je déteste Apple. Je veux dire, leurs produits. Et parfois ceux qui les achètent.

Bon, ok. Détester est un peu fort. Mais je n’ai jamais aimé leurs bidules. Et quelque chose m’agace chez les adorateurs d’Apple. Vous savez, ceux qui en font une religion ? Qui se définissent par leur Mac. Qui se bousculent dans l’Apple Store sur Sainte-Catherine, carte de crédit en main, qui s’extasient devant le dernier gadget in.

Mais même si vous n’utilisez pas les produits Apple, Steve jobs a changé votre vie, comme la mienne. Et en plein cœur d’une récession qui pourrait durer des années, l’annonce hier de son départ en tant que PDG d’Apple (probablement à cause du cancer qu’il combat) a de quoi inquiéter.

 

Monsieur innovation

Toute sa vie, Steve Jobs a eu cette habileté, non pas à inventer, mais à prendre une technologie existante pour la pousser à son plein potentiel, la transformer en innovation disruptive, en game-changer, comme disent les Chinois.

Surtout, en produits qui bouleversent notre vie quotidienne. Il y a bien sûr eu l’ordinateur personnel Mac en 1984. Mais je pense surtout aux produits récents. Le iPod, une révolution par rapport au walkman ! Et son corollaire : iTunes. Cette bibliothèque multimédia, qui a réglé en partie les problèmes de téléchargements illégaux et de droits d’auteur. Imaginez : en rendant abordable, simple et efficace l’achat de chansons (ou de films ou livres audio), Steve Jobs nous a convaincus de payer pour de la musique. Musique qu’on téléchargeait gratuitement et sans remords sur des sites comme Napster. Ce n’est pas rien !

Et que dire du iPhone, qui a éclipsé les téléphones intelligents BlackBerry, eux-mêmes une révolution en soi. Le iPhone a mis la table pour les téléphones intelligents Android et autres. Sans oublier le iPad, dont on commence à peine à comprendre et apprécier le potentiel.

Pas pire pour un type sans diplôme universitaire.

 

Créateur de Jobs

Sous son règne, Apple ne fait pas juste créer des gadgets. Elle crée des industries et en sauve d’autres. Pensez aux développeurs d’application de téléphones, qui fourmillent aux quatre coins de la planète. Au modèle iTunes, qui a ressuscité l’industrie de la musique et qui fera peut-être de même avec Hollywood et les films. Au iPad, dont on dit qu’il pourrait sauver les magazines et les journaux…

Il y a plusieurs génies chez Apple, pas juste Steve Jobs. Mais il faut apprécier l’apport des entrepreneurs, surtout ceux de la trempe de Jobs. Ils en font souvent plus pour leurs concitoyens que n’importe quel politicien. Indirectement, Steve Jobs a probablement créé plus d’emplois à lui seul que n’importe quel soi-disant plan de relance d’Obama ou des conservateurs.

Steve Jobs est un innovateur. Et l’innovation est la clé d’une économie vibrante. C’est ce qui crée des emplois, qui relance une économie quand elle trébuche. Sans elle, on stagne. En ce moment, l’économie mondiale végète. Elle aurait besoin de rien de moins qu’une révolution du calibre d’internet pour lui donner un boost et créer des emplois.

La planète entière a besoin d’un autre coup de génie du visionnaire de Silicon Valley. Steve Jobs n’est pas mort. Et selon certaines sources, il va continuer de vivoter autour d’Apple. Espérons-le.

Mauvais, mauvais timing pour perdre un des plus grands entrepreneurs de la planète.

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David Descôteaux

David Descôteaux est titulaire d’une maîtrise en science politique et d’un baccalauréat avec majeure en sciences économiques de l’Université de Montréal, où il est également chercheur associé à la Chaire d’études politiques et économiques américaines (CÉPÉA). Il a notamment gagné le Prix de la relève de Magazines du Québec en 2008 et le prix Excellence Caisse de dépôt et placement du Québec – Merrill Lynch en journalisme économique et financier en 2007.

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