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De la liberté des échanges

Le simple fait d’être libre d’échanger crée de la richesse. Démonstration.

Le simple fait d’être libre d’échanger crée de la richesse. Démonstration.

Par Guillaume Nicoulaud.

Au début du cours, le professeur distribue à ses étudiants un panier standardisé de sucreries – par exemple, chacun reçoit trois fraises tagada, deux arlequins, un rouleau de réglisse, un œuf au chocolat et quatre pastilles à la menthe. Ce faisant, il procède donc à une allocation parfaitement égalitaire.

Lorsque la distribution est finie, le professeur demande à chacun de ces étudiants d’évaluer, en euros, la somme qu’ils seraient prêt à payer pour acquérir un panier identique et d’inscrire leurs estimations sur un morceau de papier. Les étudiants s’exécutent ; le professeur récupère leurs évaluations et en fait la somme.

Mais voilà que le professeur invite ses étudiants à échanger leurs sucreries comme bon leur semble de telle sorte que l’amateur de réglisse et celui qui n’aime pas la menthe puissent adapter leurs dotations respectives à leur goût. Encore une fois, les étudiants jouent le jeu, le professeur leur demande d’évaluer leurs nouveaux paniers, récupère ces nouvelles évaluations et en fait la somme.

Que croyez-vous qu’il observe ?

Eh bien la richesse totale de cette petite économie expérimentale a augmenté. Pour certains étudiants, la dotation initiale était satisfaisante : ils n’ont donc pas participé à l’échange et la valeur de leur panier n’a pas changée. En revanche, pour d’autres, comme l’amateur de réglisse et celui qui n’aime pas la menthe, cette cession d’échange libre a été l’occasion d’améliorer le panier du professeur et donc, ils estiment que la valeur de leur dotation s’en est trouvée augmentée.

Notez bien ceci : entre le début et la fin du cours, ni le nombre, ni la qualité des bonbons en circulation dans la salle de classe n’a changé. La seule chose qui ait changé, c’est que les étudiants, parce qu’ils ont pu échanger leurs sucreries, se sentent plus riches après qu’avant l’échange. C’est-à-dire que le simple fait d’être libre d’échanger crée de la richesse.


Sur le web.

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Guillaume Nicoulaud

Économiste de formation et gérant de portefeuille spécialisé dans les stratégies de sélection d’actions.

25 réponses

  1. Il serait intéressant de compléter l’expérience avec un exercice de demande de réallocation des bonbons à l’administration 😉

    1. Du point de vue de l’administration, les sucreries c’est mal. Faut taxer réglementer. Si on laisse libre les gens, vous vous rendez compte, ils vont faire n’importe quoi. Ils vont même les manger.

  2. « Le simple fait d’être libre d’échanger crée de la richesse. »

    Plus précisément, l’échange volontaire libre est l’unique moyen de création de la richesse. La coercition ne crée aucune richesse mais se contente de la répartir différemment, avant de la détruire, parce qu’injuste et immorale, elle contraint à l’exil intérieur ou extérieur les créateurs de richesse.

    Encore aujourd’hui, les socialo-keynésiens, alchimistes de l’économie, sont persuadés que la dépense publique crée de la valeur ajoutée. La VA des dépenses publiques, c’est la transmutation du plomb en or des temps modernes.

    1. On peut quand même créer de la richesse sans échange. En travaillant pour soi-même

      1. L’échange volontaire crée de la valeur car le produit que vous cédez a nécessairement moins de valeur que celui que vous obtenez. C’est ce qu’exprime la VA comptable (assez mal, il faut le reconnaître, mais on n’a pas encore trouvé mieux).

        Par simple transposition de cette loi, l’échange contraint (dépense publique, pillage, esclavagisme, etc.) détruit la valeur. Si on osait (allez, osons !), on devrait dire que la dépense publique est à l’économie ce que le viol est aux relations sexuelles.

        Toujours en transposant la loi initiale, en l’absence d’échange, il n’y a pas de création de valeur. Cela peut se comprendre d’une autre manière en considérant que, sans échange, vous consommez (détruisez) tout ce que vous produisez (créez). Ici, il y a bien une création de richesse limitée mais le bilan de l’économie de subsistance est nul. C’est l’économie « zéro ».

        1. Rien ne dit que le prix d’achat à été dépassé par les évaluations des étudiants.

          Donc il y a une création de richesse non certaine à la suite d’un investissement à perte.

  3. la quantité de bonbons n’a pas variée, mais le prix de l’ensemble a augmenté. je vais peut-etre dire une connerie, mais je vois surtout un exemple d’inflation par l’absence d’offre.

  4. Le prof s’enrichit un peu moins…. il a acheté les produits.

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