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De l’alternance en Démocratie Animale

Du clan socialiste aux affidés trop gras, sut se faufiler un Panda, pour réclamer justice et des égaux repas, quoique chez Laurent il mangeât

Du clan socialiste aux affidés trop gras, sut se faufiler un Panda, pour réclamer justice et des égaux repas, quoique chez Laurent il mangeât…

Un fable politique de Thierry Guinhut.

« Quid rides ? Mutato nomine, de te Fabula narratur »
Horace, Satira I, 1.

D’animale démocratie, le Président
Était un petit coq nerveux.
Dressé sur ses ergots, impulsif, vaniteux,
On le conspuait souvent.
Du Fouquet’s il avait mangeoire
Au soir de sa victoire ;
De l’écume des yachts, il aimait l’amitié
Où renards d’industrie et gourmets de finance
Le conviaient à faire bombance.
Quoique péchés mignons sur cassettes privées,
Les cris de la gazette ont giflé sans pitié
Ce volatile impie qui en vils vermisseaux
Croquait le peuple et ses badauds.
Il fustigeait racaille et traitait au karcher
Ceux qui de délinquance et veule assistanat
Coûtaient beaucoup trop cher
À la nation à plume bouffante et poil ras.

Quoiqu’au fumier doré, Maître Coq travaillait.
Au syndicat des loups, il rogna la retraite,
À leurs rouges drapeaux, il sut bien tenir tête.
À nos marmottes fonctionnaires il sabrait
Les bataillons mangeurs d’impôts.
Car la Crise était là, serpent au large dos,
Boa de dettes et python de récession
Qu’il ne savait résoudre avec sa seule action,
Empêtré qu’il était par son bonapartisme
Et le refus général du libéralisme.

Quand du clan socialiste aux affidés trop gras,
Sut se faufiler un Panda,
Pour réclamer justice et des égaux repas,
Quoique chez Laurent il mangeât.
Attisant Calomnie, suivi par ses loups rouges,
Ses éléphants roses et leurs mœurs corrompues,
Sans compter ses verts perroquets obtus,
Leur fiscale furie fustigeant ce qui bouge,
Il mena sa campagne en flagornant la rue.
On l’appelait Flamby ou Sociale Espérance.
Et sous son air bonhomme, son onction et sa panse,
La foi en l’État providence
Cachait la fatuité et la rapacité.
Le voilà Président en chassant Coquelet…

Mais en traquant le riche, il a soin d’appauvrir
Et le riche et le peuple et le pauvre et le rire.
Notre Flamby flambeur flambera l’animal,
L’épilant, le plumant, la femelle et le mâle ;
Ne nourrissant que le chômage,
Les exilés fiscaux, l’entreprise en ravage.

Comme au pied du mur on voit le maçon public,
Au Sieur Panda on accroît la pandémie
De Dette et Déficit.

Il croyait se jouer, grâce à Pensée Magique
Du réel, du monde et de l’art économique.
Qui sait, de Charybde en Scylla,
Si, pire trésorier, le révéré Panda
Ne nous écroulera.

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Sur le web.

Image de Thierry Guinhut

Thierry Guinhut

Diplômé d'une maîtrise en Histoire de l'Art Contemporain et agrégé de Lettres Modernes, Thierry Guinhut est critique d'art et de littérature. Il nourrit un blog littéraire et photographique qui réunit également sa réflexion dans le domaine de la philosophie politique. Écrivain, il a publié un roman et relaté quelques unes de ses expériences de marcheur dans des récits. Photographe, il a réalisé des expositions sur les étangs de la Brenne et sur la Montagne Noire. Salué par la presse, Le "Marais poitevin" fut couronné par le Grand prix Hippolyte Bayard de Photographie 1991 et lui valut de figurer parmi les 70 Modern Masters of Right Brain Left Brain Photography (Amphoto, New York, 1994).

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