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Tire bouchons (Crédits Marc Lagneau, licence Creative Commons)
Tire bouchons (Crédits Marc Lagneau, licence Creative Commons)
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Le mythe de l’homme providentiel : déconstruction du grand homme

Il est temps de déconstruire le mythe de l'homme providentiel et tous les mythes pour jouvencelles effarouchées.

Par Fabrice Copeau.

« Si tu veux que quelqu’un n’existe plus, cesse de le regarder. »
— Proverbe Arabe.

 

Tire-bouchon pour démonter le mythe de l'homme providentiel
Tire bouchons (Crédits Marc Lagneau, licence Creative Commons)

On a coutume de vouer une admiration sans borne aux grands hommes qui ont émaillé l’Histoire. Le mythe de l’homme providentiel remplit notre histoire politique et les rayons des libraires débordent de biographies hagiographiques, dans lesquelles l’apôtre du jour retrace les illustres moments du Saint homme regretté. Prenez les deux plus connues et récentes icônes que sont Charles de Gaulle et Che Guevara. On ne compte plus les évangiles qui décrivent leur existence, le De Gaulle de Jean Lacouture, celui de François Mauriac, celui de Max Gallo, le À demain de Gaulle de Régis Debray, le C’était de Gaulle d’Alain Peyreffite, et tant d’autres. Prenez aussi le Che Guevara, une légende du siècle, de Pierre Kalfon, Une braise qui brûle encore d’Olivier Besancenot, Ché, le film de Steven Soderbergh, L’Ascension et la chute, celui d’Eduardo Montes Bradley, ou encore Carnets de voyage, le film de Walter Salles. S’ils vivaient encore, ces rock-stars auraient plus de followers sur Twitter que toutes les actrices porno de San Fernando réunies.

Ajoutez à tout cela les journalistes de cour, héritiers de la noblesse de Versailles, qui se plaisent à publier les portraits, presque toujours élogieux, des principaux hommes politiques de leur temps. Les exemples sont tels qu’on trouve chaque mois plus d’une dizaine de biographies dans les rayons, qui toujours collent promptement à l’actualité politique du moment. À l’heure où j’écris ces lignes, on trouve pêle-mêle sur les étals et de manière non exhaustive NKM l’indomptable de Julien Arnaud, Le Roman vrai de DSK de Michel Taubmann, Lionel raconte Jospin entretiens avec Pierre Favier et Patrick Rotman, Mon dictionnaire autobiographique de Jean-Louis Borloo, et beaucoup d’autres. Notez au passage que tous ces ouvrages ont comme point commun de servir la soupe à nos gouvernants, lorsque ce ne sont pas eux-mêmes – ou plus exactement leur nègre – qui prennent la plume pour vanter leurs propres mérites.

Mais certains trouvent que ce n’est pas encore assez. Qu’il y aurait quelques réfractaires, incapables de courber suffisamment l’échine devant la grandeur de leurs maîtres. Daniel Mahoney, dans De Gaulle, statemanship, Grandeur and Modern Democracy, accuse ainsi ses semblables de ne pas admettre qu’il y aurait une sorte de déterminisme appelant certains à gouverner, et d’autres à être gouvernés. Il les accuse de voir petit le grand homme. Jacques Julliard, dans son lamento Que sont les grands hommes devenus ?, n’a pas de mots assez durs pour mettre en cause notre médiocrité face au génie du grand homme. George Sand n’écrivait-elle pas : « Dieu eût départi à tous les hommes une égale dose d’intelligence et de vertu s’il eût voulu fonder le principe d’égalité parmi eux ; mais il fait les grands hommes pour commander aux petits hommes. »

Parfois le discours est plus modéré. Il n’est pas fondé sur un déterminisme biologique ou sociologique, mais sur l’expérience particulière vécue par un individu confronté à une circonstance exceptionnelle. C’est l’objet de la formule du Parrain de Coppola, pour qui « les grands hommes ne naissent pas dans la grandeur, ils grandissent. »

Des fariboles comme celles-ci, qui trahissent essentiellement le refoulé d’auteurs qui se rêvaient grands mais qui, à l’âge adulte, ne sont que de médiocres Bollandistes, il y en a à la pelle.

Il est désormais temps de passer du Capitole à la Roche Tarpéienne. De déconstruire ce mythe de l’homme providentiel pour jouvencelles effarouchées. De saisir la vraie nature du pouvoir et de ceux qui l’exercent.


Extrait d’un futur essai consacré aux hommes de l’État et plus précisément aux hommes politiques.
Sur le web.

Image de Fabrice Copeau

Fabrice Copeau

Fabrice Copeau est le fondateur de l’association liberaux.org, dont il a assumé la présidence de 2002 à 2006. Il est par ailleurs le fondateur et contributeur principal du site Catallaxia, destiné à promouvoir la pensée libérale sous toutes ses formes, c’est-à-dire aussi bien par des billets d’actualité que par des articles consacrés aux grands penseurs du libéralisme. Plus d’un millier d’articles y ont été publiés. Il administre par ailleurs Wikibéral (avec tous les principaux contributeurs), Librairal et Contrepoints. De tendance libérale classique, il défend toutefois en économie des thèses autrichiennes. Voir en ligne Sa citation : « Dat veniam corvis, vexat censura columbas » (Juvénal)

17 réponses

  1. Il semble bien qu’il y ait un déterminisme biologique ou sociologique puisqu’il n’est question que de grands hommes.

      1. Si vous ne voyez pas le sous-entendu qu’il y a derrière « De déconstruire ces mythes pour jouvencelles effarouchées.  » c’est grave……

        1. Oui, ceux qui voient des sous entendus partout ont généralement un problème sur le sujet.

          1. Mais bien entendu …..
            – aux grands hommes qui ont émaillé l’Histoire.
            – les illustres moments du Saint homme

            Charles de Gaulle, Che Guevara, Jean Lacouture, François Mauriac, Max Gallo, Régis Debray, Alain Peyreffite, Pierre Kalfon, Olivier Besancenot, Ché,Steven Soderbergh, d’Eduardo Montes Bradley, Michel Taubmann, Lionel Jospin, Pierre Favier, Patrick Rotman, ’Eduardo Montes Bradley, Walter Salles, Julien Arnaud.

            versus

            NKM indomptable , un sigle et un adjectif intéressant
            George Sand (ah ! ça c’est topique)
            mythe de Tarpeia 😉
            star du porno
            jouvencelles effarouchées

            …..

            déterminisme appelant certains à gouverner
            un déterminisme biologique ou sociologique,
            de saisir la vraie nature du pouvoir et de ceux qui l’exercent.

            J’ai un problème sur le sujet oui. Mais bon le but de l’article est de changer les choses alors profitons en…et puis avec 2 femmes au panthéon il y a un début d’espoir.

          2. Je ne savais pas que le grandeur et le talent se différenciait selon les parties génitales.

            Franchement, vous avez que ça à foutre ?

    1. dit autrement : « Plus le singe monte haut et plus il montre son cul »

      1. La lettre qui dit en substance « si vous vous étiez occupés de nous, si vous nous aviez distribués du pognon gratuit et donnés des privilèges, ouais on aurait été avec vous ».
        Quand même intéressant de voir que des féministes qui demandent en permanence d’être traités indifféremment des hommes demandent des avantages spéciaux.
        Faut être logique un peu.

  2. Tiens encore l’ultra féministe…

    Qu’est ce que vous attendez pour monter un parti politique de femmes, avec que des femmes a présenter aux élections ?
    Avec des moyens de communication moderne et efficace, comme montrer ses nichons ou son cul…

  3. Si le généralissime de Gaulle a bien fixé entre mille autre choses le prix du pain, je vois pas pourquoi il aurait pas fixé le prix de 400 fromages… sa boutade n’avait finalement rien de drôle.

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