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Des carottes pour nos politiciens ?

Pourquoi ne pas rémunérer les politiciens à la performance ? C'est la proposition faite par un professeur de l'INSEAD

Pourquoi ne pas rémunérer les politiciens à la performance ? C’est la proposition faite par un professeur de l’INSEAD.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec

Nos politiciens sont-ils tous des « vendus » ? On s’en ficherait un peu que des péquistes ou adéquistes traversent la chambre pour sauver leur belle job à 100.000 $ et plus. Si au moins on en avait pour notre argent.

En cette ère de cynisme justifié, soyons iconoclastes un peu : pourquoi ne pas rémunérer les politiciens à la performance ? C’est ce que proposait le professeur de l’ENAP Pierre Simard il y a un an (transparence : c’est un ami). Imaginez qu’une partie du salaire (qu’on augmenterait de beaucoup) dépende du respect des promesses électorales. Et de l’atteinte des objectifs budgétaires.

Le pouvoir ou l’argent ?

« Nous allons réduire l’attente aux urgences! » Combien de fois l’a-t-on entendu celle-là ? Traitez-moi de cynique, mais je commence à désespérer. S’il faut motiver financièrement nos politiciens pour améliorer les choses, ça vaut peut-être la peine d’essayer.

Avec les ponts qui tombent, le système de santé qui craque, les enveloppes brunes, la dette qui explose… je peux vous dire que la plupart des élus libéraux seraient pauvres avec un tel système !

Le professeur Theo Vermaelen de l’INSEAD, une des plus prestigieuses écoles de commerce, proposait un tel système dans le Wall Street Journal en 2010. Son raisonnement : les politiciens seront toujours cupides. Pour l’instant ce qui les motive, c’est le pouvoir. Avec des primes financières, on ne fait que changer la source de motivation. Et au moins, cette fois la cupidité les pousserait à bien gérer le budget de l’État. Alors que la soif du pouvoir encourage plutôt les dépenses sur le dos des générations futures.

Qui sait ? Un politicien y penserait peut-être deux fois avant de donner des millions à une multinationale. Ou de faire des courbettes devant les demandes infinies des lobbys.

Pour éviter qu’un politicien gère à court terme, le professeur Vermaelen suggère de verser les primes seulement quelques années plus tard, en fonction des résultats. Et au cas où un finfinaud se dirait : « Bah ! je n’ai qu’à monter les taxes pour équilibrer le budget, j’aurai mon boni ! », on augmenterait les primes lorsque l’équilibre budgétaire provient davantage d’une baisse des dépenses que d’une hausse de taxe.

Oui, mais plusieurs politiciens arrivent au pouvoir déjà fortunés, direz-vous… Pas de problème, dit Vermaelen. Pour bien le motiver, le professeur obligerait le politicien à mettre la moitié de sa fortune personnelle en collatéral contre la portion de dettes publiques qui gonflera pendant son mandat !

Un cobaye?

Les libéraux avec Paul Martin aux finances ont réussi l’impossible dans les années 1990 : réduire les dépenses et la dette ! C’était une promesse ? Alors ça mérite un boni ! Tout comme les programmes qui contribuent à notre mieux-être collectif ET qui sont gérés de façon responsable et efficace — il doit bien y en avoir !

Donner des carottes aux politiciens ne réglera pas tous nos malheurs. Reste qu’on a un sérieux problème de démocratie et de gestion des fonds publics en ce moment. Et ce serait naïf de croire que tout va se régler quand on va enfin mettre les « bonnes personnes » au pouvoir.

D’ailleurs je me demande si François Legault voudrait essayer ce système. Après tout, il veut payer les enseignants au mérite, non ? Pourquoi ne pas commencer par lui-même ?

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David Descôteaux

David Descôteaux est titulaire d’une maîtrise en science politique et d’un baccalauréat avec majeure en sciences économiques de l’Université de Montréal, où il est également chercheur associé à la Chaire d’études politiques et économiques américaines (CÉPÉA). Il a notamment gagné le Prix de la relève de Magazines du Québec en 2008 et le prix Excellence Caisse de dépôt et placement du Québec – Merrill Lynch en journalisme économique et financier en 2007.

Une réponse

  1. Le problème est que, dans leur naïveté abyssale, les Français ont été transformés en veaux passifs par le socialisme Le moindre suisse se gausse des Français, beaux parleurs mais complètement châtrés politiquement. Sur le plan économique, on sait que les Français travaillent 6 semaines de moins par an que les Allemands. Pinocchio peut prendre la pose de Napoléon au col du Saint Bernard quand il est à côté de Merkel, ça ne compense pas vraiment. Les Français accepteront-ils encore longtemps le vent comme réalisation des promesses ?

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