Par Daniel Girard.
Donald Trump trépigne d’impatience. Dès dimanche soir, il s’était exprimé sur Twitter, en évoquant le confinement, qu’il ne faut pas que le remède soit pire que le problème.
Mardi, il a lancé un tweet annonçant que les gens veulent retourner au travail en respectant la distanciation sociale et que les aînés ne seront pas négligés.
Our people want to return to work. They will practice Social Distancing and all else, and Seniors will be watched over protectively & lovingly. We can do two things together. THE CURE CANNOT BE WORSE (by far) THAN THE PROBLEM! Congress MUST ACT NOW. We will come back strong!
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) March 24, 2020
Lors d’une entrevue à la chaîne Fox News, le magnat de l’immobilier a précisé qu’il lui sera difficile de mettre un terme aux restrictions à la fin de la période initiale de 15 jours, qui se termine le 1er avril. Mais il aimerait beaucoup y parvenir avant la fête de Pâques, le 12 avril.
Le président concède qu’un retour hâtif sur le marché du travail comporte sa part de risque mais il estime que la prolongation du confinement est encore plus risquée : les gens vont perdre des emplois qui ne reviendront peut-être jamais, ils vont peut-être perdre leur entreprise à jamais… Trop attendre c’est prendre le risque de retourner à la case départ.
« Nous ne voulons pas perdre l’avantage économique que nous avons »
Les craintes de Donald Trump sont fondées. L’arrêt des machines causé par le COVID-19 a fait du vaisseau amiral américain un navire en cale sèche. Et cette torpeur devient à chaque jour plus forte. Déjà 60 % de la population américaine est en confinement.
196 millions de personnes sont en confinement dans 21 États, 37 Districts et 16 villes. pic.twitter.com/nRmHrxTU2O
— Daniel Girard (@DanielGGirard) March 26, 2020
Le président Trump se retrouve ainsi avec un défi d’équilibriste. Il veut mettre fin au confinement tout en s’assurant que la contamination cesse de progresser. La tâche est ardue.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit que les États-Unis vont bientôt dépasser l’Europe comme épicentre mondial du COVID-19. Les États-Unis ont enregistré 1032 morts le 25 mars et la situation continue de s’aggraver dans l’État de New York, qui compte maintenant 280 décès causés par le coronavirus.
En date du 25 mars, 63 744 personnes ont testé positif au coronavirus aux États-Unis, dont 33 066 dans l’État de New York. 897 personnes en ont péri. pic.twitter.com/YVfkV5p17S
— Daniel Girard (@DanielGGirard) March 26, 2020
La situation de New York est particulièrement affligeante. Le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, continue de réclamer de Donald Trump qu’il utilise la Loi sur la production de la défense pour obliger les entreprises à produire du matériel qui fait cruellement défaut.
Les infirmières et les médecins n’ont toujours pas l’équipement médical nécessaire – blouses, masques, gants et respirateurs artificiels – pour faire leur travail et soigner les patients. La pénurie de respirateurs est soulignée énergiquement par le gouverneur Cuomo, qui devrait en avoir 30 000 pour être pleinement fonctionnel.
Our single greatest challenge is ventilators.
We need 30,000 ventilators.
We have 11,000.
— Andrew Cuomo (@NYGovCuomo) March 25, 2020
Le président Trump est maintenant davantage préoccupé par l’avenir économique de son pays que par la progression du coronavirus, qu’il continue de comparer à la grippe.
En parlant du confinement, il dit qu’on peut détruire un pays en le fermant de cette façon et créer une grave récession ou une dépression qui ferait davantage de morts que la pandémie par les suicides qu’elle entraînerait.
Accord, élan boursier et appui du public
Donald Trump a quelques raisons de se réjouir. L’accord de relance économique bi-partisan de 2000 milliards qui vient d’être conclu est une bouée de sauvetage bienvenue pour les entreprises et les travailleurs forcés à l’inaction et sans ressources et elle donne de l’élan à des marchés boursiers qui étaient au bord de l’effondrement.
Mais là où le président Trump a toutes les raisons de se réjouir, c’est qu’un sondage Gallup révèle que 60 % des Américains estiment qu’il gère bien la crise du coronavirus et que son taux de popularité atteint maintenant 49 %.
A #Gallup poll showed 60% approve of the President’s response to the coronavirus. The Gallup poll also showed an increase in the President’s approval rating among independents and Democrats. #Trump‘s Job Approval Rating Up to 49% https://t.co/UDSpNOAgW9
— Jorge Luis Lopez Esq (@lopezgovlaw) March 25, 2020
33 réponses
Curieuse interprétation . Le problème de N.Y n’est pas Trump mais De Blasio le maire quasi communiste ( qui ne se représente pas ) et à refusé, depuis le début de l’épidémie, d’appliquer les recommandations fédérales . Il n’a rien à perdre et faire un tour de cochon à Trump pour empêcher sa réélection, même au prix de quelques centaines de morts, quelle importance, n’est ce pas, n’est pas Staline qui veut …
Taux de popularité..Risible…Les USA vont payer un lourd très lourd tribu au petit virus..Quant NY est débordé , sans aucun moyen pour endiguer l’épidémie..Qu’en sera t’il des états environnants…Il a perdu Donald…Bye bye..
Ce qui risque de faire mal, ce sera de comparer les chiffres des Etats US gérés par les démocrates versus les autres…
Pour l’instant ceux qui sont à la rue sont surtout démocrates (N.Y., Californie…)
On verra qui a perdu à ce moment là. 🙂
Cyde, vous n’ignorez pas que les états que vous citez ont une population de déracinés aux origines divers (jeunes cadres dynamiques et mondialisés) qui sont principalement démocrates, contrairement aux états du centre qui eux ne sont pas aussi « mondialisés » ».
Je vous laisse conclure sur les effets en terme de précocité de contamination.
C’est vrai c’est à la fin du marché qu’on compte les bouses (adage d’enracinés).
Certes. Mais il n’y a pas qu’eux.
Si vous regardez la carte de la dissémination du covid-19 aux USA, vous pouvez constater qu’en dehors de la Floride, de la Louisiane, du Texas et de la Georgie, tous les états US les plus atteints sont démocrates. Et encore, dans le cas de la Georgie, les cas de covid-19 prédominent dans les grandes villes démocrates de l’Etat. Et ces états démocrates le sont depuis longtemps. En cas de problème dans la gestion des covid par les structures de santé, ils ne pourront trouver d’excuse dans les mandatures précédentes.
On pourra comparer avec les qq états républicains atteints.
Et il y a d’autres Etats de la cote Est, Républicains ou Démocrates, qui sont peu atteints mais qui présentent les caractéristiques de population que vous décrivez. On pourra là aussi faire des comparaisons sur l’efficacité de la gestion sanitaire…
Je ne suis pas sûr que les Démocrates soient très à l’aise dans leur mocassins sur ce sujet…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_maladie_%C3%A0_coronavirus_de_2020_aux_%C3%89tats-Unis#/media/Fichier:COVID-19_Outbreak_Cases_in_the_United_States_(Density).svg
Comparer cette épidémie â une grippe n’a rien de scandaleux. La grippe est une maladie grave et tous ceux qui l’ont eue peuvent témoigner qu’ils ont expérimenté que l’on peut en mourir.
La grippe de Hong-Kong a été d’ailleurs bien pire: plus de 31000 morts en France en deux mois durant l’hiver 69-70.
https://www.liberation.fr/france/2005/12/07/1968-la-planete-grippee_540957
En réalité, la grippe est devenue banale malgré un grand nombre de morts tous les ans ou presque. Les épisodes dramatiques du passé sont oubliés…
Par rapport à ces derniers, seul le traitement médiatique – et par suite, politique – diffère…
Pourquoi?
Vous pouvez faire toutes les comparaisons que vous voulez avec la grippe, vous avez raison. Mais quand la conclusion implicite est que ceux qui meurent pouvaient bien crever, en effet, et que ça n’était pas la peine de lever le petit doigt pour l’empêcher, on ne peut que penser que la comparaison n’est qu’un raisonnement alambiqué pour justifier de ne pas lever ce petit doigt…
Tout à fait d’accord…
Je n’ai jamais dit cela, ni qu’il fallait ne rien faire. Je critique le traitement médiatique anxiogène qui permet à l’Etat de faire n’importe quoi en matière de libertés (puisque dans la peur, la population accepte tout), tout en étant très peu efficace sur le plan sanitaire.
Je sais bien que vous ne l’avez pas dit. Mais si l’Etat se permet de faire n’importe quoi, c’est bien parce que c’est ce que nombre d’électeurs ont cru entendre, et ont par conséquent fait remonter de 10 points la cote de popularité de nos dirigeants.
N’oublions pas que la mortalité en EHPAD par la grippe est importante chaque hiver. Et ce malgré le vaccin qui est relativement leu efficace dans les âges avancés.
C’est sûr il est en avance..!!! Allez travailler chers amis US..!!! Infectez vous…et les autres …Ridicule..quant aux test sachez quand même qu’il y a 10 à 15 % de faux négatifs..Que vous soyez en Chine , en Suisse ce merveilleux pays à la neutralité » bienveillante »ou en France…Donc sur 100 testés 10 sont probablement positifs..multipliez les contacts et …Un grand bravo…!!
Si on s’infecte aussi sûrement en allant travailler, et alors que le virus est partout désormais, comment expliquez-vous que 90% ne soient pas infectés (selon vos chiffres) ?
Purée faut suivre un peu …!!! Dans 80 % des cas vous ne présenterez que des symptômes très modérés voire serez asymptomatiques..Mais tout de même contagieux pour les plus fragiles..Le libéralisme est foncièrement d’un égoïsme..bouh…!!!
Mal exprimé sur 100 testés pour signes cliniques type coronavirus..90 seront positifs et 10 négatifs alors qu’ils portent le virus..
@sigmund
Bonjour,
« sur 100 testés pour signes cliniques type coronavirus..90 seront positifs et 10 négatifs alors qu’ils portent le virus.. »
90 de « positifs » + 10 « porteurs de virus », donc positifs = 100.
Donc… 100% de positifs.
« On est tous infecté. » Rick Grimes, The Waliking Dead.
Toujours selon vos propos, 80% des 10% infectés présentent peu de symptômes. Il nous reste donc 2% de cas symptomatiques dans la population. C’est ça ?
Non …Sur 100 personnes testées car symptômes coronarovirus 10 seront dites négatives alors qu’elles sont infectées et contagieuses..cela irait même jusqu’à 20 selon certains confrères..Sur 100 personnes infectées 80 ne s’en rendent pas compte car peu ou pas de signes cliniques..néanmoins si elles sont moins contagieuses que les 20 restantes elles le sont quand même ..15 auront une forme grippale plus ou moins sévère et 5 auront un SRA avec réa probable….Beaucoup de formes donc peu ou asymptomatiques mais le risque de diffuser ce virus particulièrement contagieux est important…un porteur « sain » cliniquement peut infester 4 à 6 personnes alors que la grippe une ou deux maxi.. Alors vous allez me dire que cela n’est pas si terrible et sur le fond cela n’est pas faux sauf que 5% de cas graves en réa ..et au vu des lits restants après la purge hospitalière..sur une ville comme Limoges où je réside ..cela fait pour 200 000 habitants 10 000 patients potentiels pour 25 lits de réa …!!! Alors oui il vaut mieux éviter d’aller travailler quand cela est possible..
Petite correction…L’immunité « sociale » est atteinte quand 50 à 60 % de la population a été infectée..Donc 5000 cas de détresse respiratoire..Impossible à gérer..Sachant qui plus est , que la durée de séjour en réa sauf décès est d’une dizaine de jours…
60% de la population infectée ? Mais que faites vous des 90% de personnes naturellement immunes ?
Sinon, il n’y a pas une situation intelligible justifiant d’arrêter de travailler. Arrêter de travailler implique la mort bien plus sûrement que tous les virus de la création.
Pour un fonctionnaire, le travail est une pathologie terrible, souvent mortelle… 🙂 🙂
Voilà, d’où le vif succès du confinement dans certains milieux.
Quand on a ni produits Hydro-Alcoolique, ni masques, ni tests, ni respirateurs artificiels en stocks, sans parler du manque de personnel, il ne reste qu’une solution si on ne veut pas décimer une génération entière.
« un porteur « sain » cliniquement peut infester 4 à 6 personnes »
Ce serait des chiffres correspondant à la rubéole ou à la diphtérie. En réalité, on n’en sait rien pour l’instant. Ou plutôt, on est à peu près sûr que c’est beaucoup moins compte tenu des chiffres d’évolution de l’épidémie. L’hypothèse de contamination moyenne la plus précise est pour l’instant de 2,3, légèrement inférieure à une grippe classique. Il s’agit d’un moyenne car on sait qu’il existe des « super-contaminateurs », qui peuvent infecter plus de 100 personnes. Mais ils sont extrêmement rares heureusement. Quand on aura des tests d’anticorps généralisés à toute la population, on pourra évaluer plus précisément ces grandeurs.
Savez-vous pourquoi certains avancent ces valeurs de 50 à 60% de la population infectée ? Parce qu’à partir de 50%, on est sûr et certain que le taux effectif de reproduction de l’épidémie tombe sous 1, peu importe la valeur de R0. C’est la limite mathématique extrême, la valeur à atteindre pour éteindre l’épidémie. Mais elle n’a aucune réalité concrète.
La rubéole vous le sachant c’est 10 personnes…
Bien sûr ..écrire que Trump a du mérite..faut en avoir beaucoup dans les yeux..
Il n’est en tout cas pas difficile d’avoir plus de mérite que les gouvernants français.
Ni Macron ni Trump n’ont su gouverner (prévoir) jusque là dans cette crise. Par contre les résultats en Allemagne et en Corée démontrent que certains ont su.
@Joe
Il y a quand même de très nettes différences d’efficience entre la gestion de Trump et celle de Macron.
Mais je crois que dans les pays dit « développés », on ne trouvera pas de prise en charge plus médiocre que celle de Macron et son équipe. On ne trouvera aucun autre pays qui osera affirmer que les masques ne servent à rien par ex.
Il y a jusqu’à 40% de faux négatifs d’après certains. Le test est très peu « sensible », par contre il est très « spécifique », avec 98% de succès pour détecter les positifs. Autrement dit, si vous êtes testé positif, vous êtes certain de l’être. En revanche, être testé négatif implique de refaire 2 ou 3 fois le test pour être sûr. En outre, rien ne dit que vous ne serez pas contaminé demain.
Le test ne sert qu’à identifier les cas positifs mais n’est en aucun cas une garantie pour les négatifs. Il faudra attendre un test d’anticorps pour cela.
Le test nécessite une virémie (càd une quantité de virus dans le sang) au-dessus d’un certain seuil. Donc le test peut être négatif au début effectivement.
Mais c’est un faux négatif connu qui ne trompera pas un professionnel. Au moindre doute, le test doit être refait après qq jours. Évidemment pour cela, il faut disposer de tests facilement accessibles… donc toujours pas en France pour l’instant. 🙁
Pendant que les uns meurent d’autres gagnent de l’argent;? Mais il en a toujours été ainsi. Depuis la Nuit des temps c’est comme çà.
Ok, mais il ne faudrait pas que certains meurent parce que d’autres gagnes de l’argent.