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IMG_0907 by sywich(CC BY 2.0)
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Emplois saisonniers : qui veut dépenser des milliards ?

Elisabeth Borne appelle à l'embauche des saisonniers dits habituels le temps que la saison estivale démarre. L'État les indemnisera au titre du chômage partiel afin qu'ils ne soient pas inscrits à Pôle Emploi.

Par Claude Goudron.

La facture Covid atteint actuellement la somme astronomique de 424 milliards d’euros mais apparemment l’État ne s’en émeut pas, mieux il semble chercher comment l’augmenter : après « ça ne coûte rien, c’est l’État qui paie » il essaie de nous convaincre que « ça ne coûte rien, ce seront nos enfants et petits-enfants qui paieront ».

Hors sol, notre ministre du Travail ?

Elisabeth Borne appelle à l’embauche des saisonniers dits habituels pouvant être placés en activité partielle le temps que la saison estivale démarre.

Pendant cette période d’attente, l’État les indemnisera au titre du chômage partiel afin qu’ils ne soient pas inscrits à Pôle Emploi.

Une porte ouverte aux abus

La Cour des comptes évalue entre 20 et 100 millions d’euros le montant des fraudes au fonds d’aide aux entreprises. Avec cette proposition, il est certain que cette somme progressera.

Il conviendrait plutôt d’entamer la décélération des aides Covid. Elles deviennent insoutenables, quand bien même Bruxelles ferme aujourd’hui les yeux sur les excès de dette. Il y aura une facture à payer à la sortie.

Une idée d’énarque ?

Qui est à l’origine de cette nouvelle idée de génie ? La ministre elle-même ou l’un de ces purs produits de l’énarchie dont nous avons déjà pu constater les errements passés ?

J’espère que nos représentants patronaux ne tomberont pas dans le panneau car cela ressemble davantage à une falsification des chiffres du chômage qu’à un réel besoin pour notre économie.

Qui sont les travailleurs saisonniers ?

Les emplois saisonniers dans l’hôtellerie et les métiers liés au tourisme sont cités, au contraire de ceux relevant du secteur agricole, dont la majorité provient d’Europe de l’Est ou du Maghreb.

Échaudés par la pénurie de vaccins, les gouvernants veulent se prémunir, mais à quel prix, d’une hypothétique pénurie de main-d’œuvre saisonnière. Le risque est d’une tout autre nature et le quoiqu’il en coûte ne me semble pas opportun dans ce cas.

Quid de la catastrophe due au gel ?

Il semble plus que probable que cette année soit la pire connue pour les agriculteurs producteurs de fruits. La perte de rendement risque d’être colossale.

Faire venir un grand nombre de travailleurs, les indemniser pendant plusieurs mois, puis les renvoyer chez eux car il n’y aura pas de récolte ne semble pas du tout raisonnable.

Une boîte de Pandore

Si elle est adoptée, cette mesure va être un appel d’air pour beaucoup de chômeurs qui trouveront là un relais à leur situation. Pour le gouvernement, elle se traduira par une baisse du chômage et une énième dérive des finances publiques françaises.

Image de Claude Goudron

Claude Goudron

Fondateur et dirigeant jusqu’en 2013 d’une PME industrielle pendant quarante ans, Claude Goudron se consacre depuis sa retraite à la défense des TPE & PME ainsi qu’à la promotion du libéralisme économique. Il a pour cela rejoint le mouvement ETHIC et est devenu administrateur référent PME au cercle Frédéric Bastiat. A ce jour il est l’auteur de 4 livres : « Patron en Mal d’Existence » paru en 2014, « Démocratie entre parenthèse » paru début 2016, «  Quarante ans de nullité économique » ou Frédéric, reviens vite ! paru en 2018 et « Vingt ans de prêche dans le désert » son dernier livre paru en septembre 2020. Il  lance également « mon combat pour l’industrie » avec un fascicule gratuit « La Révolution Industrielle  6.0 ».

16 réponses

  1. la Borne avait déjà fait le coup pour les saisonniers de la saison d’hiver dans les stations de ski alors que celle ci étaient fermées…..plus nuls que ces politiciens de pacotille tu meurs…..

  2. Faire venir des saisonniers pour les payer sans qu’ils puissent récolter quelque chose parce qu’il a gelé est effectivement une extension inédite des aides COVID, pour laquelle on cherche désespérément la logique

    « credo quia absurdum » deviendra-t-il la devise du tout nouveau ISP ?

  3. Y a plus qu’a se mettre tous saisonnier ou artiste à mi-temps les cigales, pas cool pour les fourmis, elles vont devoir se remonter les manches.

    1. Il y a bien les cigales et les fourmis, mais on peut y ajouter les pigeons et les loups…

  4. Notre pays avait pas assez de chômeurs, il est urgent d’en importer

    1. Les minots veulent vivre comme des footeux et se croient dans GTA ou les anges de la téléréalité… beaucoup n’ont pas compris comment ça marche, a savoir beaucoup de sueur et parfois du sang et des larmes

      1. En ce moment, ceux qui s’emplument ne sentent pas la sueur, ils sont sensés montrer l’exemple, c’est plutôt combinazione, vol, omerta, aucune morale, jamais sanctionné.

    2. Le but n’est pas d’ajouter des chômeurs mais d’en faire disparaître : ils sortent de la catégorie « chômeurs » et entrent dans la catégorie « chômage partiel / COVID ».
      Ca permet une amélioration des chiffres avant l’été, sachant que si ça empire de nouveau en été tout le monde s’en fiche, il n’y a personne pour regarder (à condition qu’on soit déconfinés d’ici là, on peut avoir confiance dans ce fait)

  5. Et comme dans un célèbre roman de Steinbeck sur La Grande Dépression de 1929, on aura la colère mais sans les raisins! CPEF

    1. Et on aura les boules !

      « Les boules de la colère »…

      Et aussi

       » des rats et des hommes (mâles blancs) »

      pour Hidalgo…

        1. J’oserais même  » A l’ouest d’Eden  »

          Ref : ‘Etre à l’ouest’, la formule qui désigne le fait d’être «à côté de la plaque»

          1. Un dilemme pour Alsacien indépendantiste !
            L’Eden est-il à l’est ou à l’ouest… ?

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