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Emplois verts : mauvais Karma pour Obama

Pour lutter contre le chômage, l'administration Obama a subventionné des emplois verts. C'est un échec complet.

L’administration Obama a fortement subventionné l’industrie « verte » – secteurs des panneaux solaires ou des autos électriques, par exemple – au motif que cela créerait des emplois. C’est un échec.

Par Nathalie Elgrably-Levy, depuis Montréal, Québec

« Croyez-moi! Il faut juste un peu plus d’engrais. »

Les lecteurs habitués à suivre mes chroniques dans le Journal de Montréal ou sur Contrepoints savent que j’ai toujours été opposée aux plans de relance et aux subventions de toutes sortes, car j’estime que l’État dépense bien mal l’argent des contribuables. En voici deux exemples.

Vert… de colère !

Les «emplois verts» sont présentés comme étant une panacée pour la relance de l’économie et la réduction du chômage. C’est pour cette raison que les entreprises qui créent ce type d’emploi obtiennent une aide généreuse de l’État… et donc, par ricochet, du contribuable. L’industrie des panneaux solaires ne fait pas exception, et le cas de Solyndra devrait nous servir d’exemple.

Solyndra est un manufacturier de panneaux solaires installé à Fremont en Californie. Pour promouvoir la création d’emplois verts, Washington a offert, en mars 2009, à l’entreprise des garanties de prêts pour un montant de $535 millions ! Le président Obama avait même vanté les mérites de Solyndra et des emplois verts.

Le passage pertinent : à partir de la 4e minute.

En septembre, l’entreprise a déclaré faillite, et les contribuables américains devront payer la facture. 535 millions pour  1000 emplois =  535 000$ par emploi. Il aurait été plus économique de payer les gens pour qu’ils restent chez eux!

Mauvais karma pour la Karma

Après les scandale de Solyndra, l’administration Obama est de nouveau dans une situation pour le moins embarrassante. Elle a accordée des garanties de prêts pour 529 millions de dollars à l’entreprise Fisker pour le développement et la fabrication d’une voiture électrique, la Karma. L’entreprise devait créer des centaines d’emplois, et c’est exactement ce qu’elle a fait. Le hic? Les emplois créés sont en… Finlande! Aujourd’hui, l’Amérique crie au scandale, et avec raison. Toutefois, quand Washington a accordé les garanties de prêts en 2009, il était déjà convenu que les autos seraient fabriquées en Finlande.

A tiny car company backed by former Vice President Al Gore has just gotten a $529 million U.S. government loan to help build a hybrid sports car in Finland that will sell for about $89,000.  Source :  WSJ, 25 septembre 2009

Mais comme c’était à l’époque où les médias étaient en extase devant le messie de la Maison Blanche, la nouvelle est passée inaperçue.

Mais il y a plus encore. Qui donc avait investi son argent dans l’entreprise Fisker? Nul autre qu’Al Gore! Coïncidence?

Pendant que Washington dilapidait l’argent des contribuables… Google travaillait aussi. La compagnie vient de rendre publique une voiture sans conducteur. Vraiment impressionnant!

Moralité de l’histoire

Un emploi subventionné est toujours un emploi fictif qui disparait fatalement dès que la manne gouvernementale s’épuise. Gardons ces exemples à l’esprit la prochaine fois que notre gouvernement voudra se servir de nos impôts pour « créer » des emplois verts!

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Nathalie Elgrably-Lévy

Nathalie Elgrably-Lévy enseigne l'économie à HEC Montréal depuis 1992. Elle a également enseigné l’économie à l'Université de Montréal et à l'UQAM pendant plusieurs années. Elle est l'auteure de La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, ainsi que de l'adaptation pour le Québec du volume Microeconomics, 6e édition, de Pyndick et Rubinfeld. Nathalie Elgrably-Lévy est également chroniqueuse au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Elle a œuvré une partie de l'année 2008 à titre d’économiste senior auprès de l’Institut Fraser. Elle est titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal, avec une spécialité en économie appliquée et une thèse sur le déficit budgétaire fédéral. Ses intérêts de recherche se concentrent sur l'évaluation des politiques publiques.

2 réponses

  1. A rapprocher de l’affaire Gibson, où un des agents va jusqu’à expliquer par écrit aux intéressés que tous leurs problèmes s’arrêteront s’ils délocalisent à Madagascar. Les Américains ont élu un de leurs pires ennemis.

  2. C’est exactement pareil en Europe. Mais la chape de plomb de nos médias complices nous gardent bien d’en entendre parler. Donc nous continuons de remplir le tonneau des Danaïdes. Les installation d’éoliennes et de panneaux solaires sont subventionnées massivement, sans aucun rapport avec les emplois verts créés, souvent de façon temporaire d’ailleurs. Et au final, tout cet investissement sert à augmenter (sic) le coût de l’électricité et des transport. En réalité, ce ne sont même pas des investissement non productifs, c’est du désinvestissement. Distribuer l’argent directement sans contrepartie serait moins coûteux comme le rappelle l’article.

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