Voici un ouvrage assez complet sur les grandes fortunes en France : Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Grandes fortunes. Dynasties familiales et formes de richesses en France, Payot, 2010. La fortune est trop souvent confondue avec l’argent. La réalité est un peu différente.
Une recension de l’ouvrage par l’ALEPS (*)

C’est en 1934 qu’on a parlé (Édouard Dalladier) pour la première fois des « 200 familles » qui « tiennent » la France. Parmi les familles qui faisaient partie de la liste, quelques-unes sont encore là : David-Weill (Banque Lazard), famille Hermès, Dassault, Durand, Bich, Guerlain, Vuitton, Rotschild, Peugeot, Taittinger… D’autres ont disparu comme beaucoup d’actionnaires de la Banque de France. Il existe donc bel et bien un changement entre les classements des plus riches, la fortune n’étant pas quelque chose de figé, comme le disent les marxistes. La transmission et la continuité de la fortune au sein d’une même famille est une constante qu’on ne pourrait pas contester. Peut-on demander à quelqu’un de ne pas transmettre à ses enfants ? Concernant les inégalités, c’est bien lorsqu’il s’agit du patrimoine qu’elles se creusent. Les plus fortunés possèdent résidences principales et secondaires, terrains, autre immobilier, bâtiments, matériel, stocks… Les différences sont effectivement importantes. Il existe même de grandes inégalités entre les très grosses fortunes. On remarque un écart de 1 à 8 entre les 20 000 les plus fortunés et les 20 000 les moins fortunés. L’écart est même de 170 entre les 100 les plus fortunés et les autres.
Mais qui sont en réalité toutes ces grandes fortunes ? Certaines sont de grandes inconnues. Monsieur et Madame X qui détiennent des appartements ou des immeubles. D’autres sont des familles célèbres comme les Wendel ou d’autres propriétaires dans le Bordelais. Les fortunes sont évidemment assez concentrées : Paris, Maisons-Laffitte, Deauville, Neuilly, Trouville… mais la tendance est à l’éparpillement surtout à…l’étranger. L’ouvrage est une mine d’informations. Dommage qu’il soit gâché par une approche marxiste (« la classe des dominants ») et qu’il n’insiste pas sur la taxation des riches et leur fuite à l’étranger. On oublie que ce sont eux qui créent des richesses…
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Article repris du site de l’ALEPS, Libres.org, avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.
(*) L’ALEPS, présidée par le Professeur Jacques Garello, est l’Association pour la Liberté Économique et le Progrès social, fondée il y a quarante ans sous l’autorité de Jacques Rueff, dans la tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat.
2 réponses
« Dommage qu’il soit gâché par une approche marxiste… »
C’est malheureusement le problème d’autres ouvrages du couple Pinçon-Charlot, comme « Sociologie de la bourgeoisie » et Sociologie de Paris » : on comprend que les auteurs se sont bien documentés et ont l’intelligence nécessaire pour faire un bon travail de recherche et d’analyse, mais ces livres finissent par fatiguer et laisser le lecteur méfiant lorsqu’il trouve dans chaque chapitre un vieux fond de rhétorique socialiste qui empêche les auteurs de faire une analyse objective.
« Dommage qu’il soit gâché par une approche marxiste (« la classe des dominants ») et qu’il n’insiste pas sur la taxation des riches et leur fuite à l’étranger. »
Certes, mais convenons que certains marxistes dont Marx lui-même (qui ne l’était pas, marxiste – paradoxe délicieux) ont pu voir juste à certains égards. Après, il y a leurs conclusions et leurs solutions, très discutables, mais leurs analyses peuvent être acceptables.
Enfin quand je dis « discutables », c’st pour rester poli, hein!