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François Hollande est un homme dangereux !

C'est le point de vue de The Economist qui reproche au candidat socialiste de ne pas avoir abordé durant la campagne les vrais problèmes auxquels la France sera confrontée

C’est le point de vue de The Economist qui reproche au candidat socialiste de ne pas avoir abordé durant la campagne les vrais problèmes auxquels la France sera confrontée. De plus, le magazine britannique s’inquiète des conséquences que l’élection probable de François Hollande aura sur l’Union européenne.

Par Erwan Le Noan.

Le prestigieux magazine britannique The Economist vient, comme avant chaque élection, de prendre position. Et pour lui, ce sera Nicolas Sarkozy, ce candidat, qu’il avait soutenu en 2007, mais dont les politiques ont été aussi « inconstantes et peu fiables que l’homme lui-même ». Sans enthousiasme. Avec des reproches. « Pas pour ses résultats. Mais surtout pour écarter Monsieur Hollande », cet homme dont « la majeure partie de la carrière politique a été marquée par la déception ».

Dans deux articles de son édition parue ce vendredi (un édito acide et un développement plus neutre), l’hebdomadaire n’y va pas par quatre chemins : « le socialiste qui semble devoir être le prochain président français serait mauvais pour son pays et pour l’Europe ».

D’abord, le magazine s’en prend au programme de François Hollande, qui ne répond pas aux enjeux : il parle à peine de la création de richesse, il veut réduire le déficit mais sans réduire les dépenses, il fera croitre le poids de l’État, il a une « attitude profondément anti-business »… La liste de reproches est longue. Le seul point positif que The Economist trouve au candidat socialiste, c’est qu’il remet en cause l’excès d’austérité… mais malheureusement pour de « mauvaises raisons ».

Ensuite, il lui reproche ne pas avoir abordé les vrais problèmes auxquels la France sera confrontée ni les vrais défis que les Français devront relever : « personne ne les a préparés pour les temps difficiles » qui viennent. On sent bien, au fond, que c’est François Bayrou qui avait la préférence de l’hebdo britannique, car c’est selon lui le seul qui a parlé clairement aux Français des enjeux qu’ils vont devoir affronter. On se souvient d’ailleurs qu’il y a peu, l’hebdomadaire faisait sa « une » en dénonçant « un pays dans le déni ».

The Economist estime par ailleurs que François Hollande ne sera pas capable de réformer la France. Au fond, écrit-il, « rien, ces derniers mois, ou au long de sa carrière de « fédérateur de parti », ne suggère que Monsieur Hollande sera suffisamment courageux pour se départir de son programme et changer la France ». Car, explique le journal, il n’a jamais été confronté à des situations à risque, ni capable de prendre des décisions courageuses : ainsi, il n’a jamais saisi l’opportunité de ses dix années à la tête du Parti socialiste pour le réformer. Or, c’est par ce même parti qu’il sera corseté dans son action quand il sera président.

Enfin, le magazine britannique s’inquiète des conséquences que l’élection probable de François Hollande aura sur l’Union européenne. En effet, outre que ses politiques tendront les relations avec l’Allemagne, elles menaceront la stabilité européenne en fuyant devant la réforme de l’économie française.

Bref, « Monsieur Hollande ne fera que reporter le jour du jugement. De cette façon, il augmentera le risque que, lorsque celui-ci viendra, il ne sera pas dans la lumière d’une victoire en liesse, mais dans le chaudron d’une crise ». Dès lors, « un président Français si hostile au changement affaiblirait la volonté de l’Europe de poursuivre les réformes douloureuses qu’elle doit affronter pour que l’euro survive. Cela fait de lui un homme plutôt dangereux ».

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Erwan Le Noan

Diplômé de Sciences Po et des universités de Paris, avocat de formation, ancien rapporteur à l'Autorité de la concurrence, Erwan Le Noan est consultant, spécialiste de concurrence. Il enseigne à Sciences Po et est responsable de Trop Libre, le media de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).

28 réponses

  1. Peu importe que le prochain président ne soit pas prêt à réformer le pays. La réalité s’en chargera.

  2. Pauvre Flamby, il va dérouiller. Pris entre le marteau et l’enclume, il devra d’une part gérer des mouvements sociaux monstres voire des émeutes (je verrais bien ça vers l’automne), et d’autre part faire face à une attaque spéculative d’envergure sur notre dette souveraine (qui peut commencer dès le 7 mai si l’on en croit M. Fiorentino). Mais bon ne boudons pas nôtre plaisir, ça va être drôle de voir des gens comme Aubry ou Lang expliquer aux Français qu’il faut se serrer la ceinture ! 😀

  3. Un détail :
    « la majeure partie de la carrière politique a été marquée par la déception »
    Je ne sais pas quelle est la phrase exact en anglais. Si le mot est « deception » (faux-ami), sa traduction est plutot « tromperie » ou « supercherie ». (ce qui aurait plus de sens)

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