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Manifestation du 16 janvier 2020 contre le projet de réforme des retraites
Manifestation du 16 janvier 2020 contre le projet de réforme des retraites By: <a href='https://www.flickr.com/photos/jmenj/49395867546/' target='_blank' rel="noopener noreferrer">Jeanne Menjoulet</a> - <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/">CC BY 2.0</a>
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Hôpital public : plus de moyens comme cadeau de Saint Valentin ?

Et si la vraie réforme passait par la débureaucratisation, donc une concurrence accrue ?

Par Frédéric Mas.

Onze mois après la grève des urgentistes, le collectif Inter-Hôpitaux appelle à la mobilisation des agents ce vendredi 14, jour de la Saint Valentin. Manifester ce jour-là est tout un symbole. Pour les organisateurs de la mobilisation, il s’agit de déclarer sa flamme à l’hôpital public, c’est-à-dire son attachement au service public de la santé.

Insatisfait des propositions du gouvernement en matière de réforme hospitalière, en particulier le plan « Investir l’hôpital » proposé par Agnès Buzyn et Édouard Philippe, le CIH réclame la revalorisation des salaires, le recrutement de personnels et la « réouverture de lits ».

Mais dans un contexte budgétaire où la dette publique est supérieure à 100 %, qui paiera ? Faudra-t-il pénaliser la croissance pour entretenir des établissements dont la bureaucratisation excessive pèse aujourd’hui sur le personnel, les usagers et les contribuables ?

« Un meilleur fléchage de moyens »

Pour Jérôme Marty, médecin généraliste et président de l’UFML-S, contacté ce matin, c’est l’organisation de l’hôpital qui est en cause :

« Il faut un meilleur fléchage des moyens. Le problème aujourd’hui, dans les hôpitaux publics, c’est que les moyens ne sont pas alloués au bon service, au bon personnel. Il y a des moyens pour l’administration, il y a des moyens pour la gestion, mais pas pour le personnel. On oublie les mains qui soignent. On en est toujours à sous-rémunérer les soignants. »

L’organisation bureaucratique, qui empile les couches d’administrations, finit par favoriser l’immobilisme et gêne le personnel dans l’exercice quotidien de son métier :

« Cette organisation verticale, avec l’administration qui décide de tout, n’est plus possible. Les soignants doivent toujours monter patte blanche pour tout, pour la moindre chose, ils ne choisissent pas leur matériel : par exemple ce ne sont pas les chirurgiens qui choisissent le type de prothèse qu’ils veulent mettre… etc. On est dans le déni. »

Réglementation mortifère de l’hôpital public

Gérard Maudrux, chirurgien et ancien président de la Caisse autonome de retraite des médecins de France, témoignait dans Contrepoints dans ce sens :

« Toutes les augmentations conséquentes de budget passent dans l’administratif afin de respecter une réglementation qui, en santé comme dans toutes les activités dans notre pays, empêche le travail. Quand il faut rogner, cela a toujours été sur les soins, d’où la situation actuelle : on ne remplace plus l’infirmière absente, le médecin, on ferme des lits, on renvoie les patients. »

Et si la vraie réforme passait par la débureaucratisation, donc une concurrence accrue ?

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Frédéric Mas

Frédéric Mas est journaliste et rédacteur en chef de Contrepoints.org. Après des études de droit et de sciences politiques, il a obtenu un doctorat en philosophie politique (Sorbonne-Universités). Il s'intéresse en particulier à la politique internationale, aux théories économiques contemporaines et à la vie des idées. Il écrit également pour Atlantico.

14 réponses

  1. l’hôpital public est mort!
    il emploie tous ses moyens a des fins nombrilistes, comme toute la fonction publique..
    libéralisons! et vous verrez qu’en 5 ans tout rentrera dans l’ordre!

      1. La libéralisation de la santé n’est en rien une solution miracle. Elle est seulement nécessaire et suffisante, ce qui n’est pas rien.

    1. Détrompez-vous. Si on avait appliqué l’évolution du PIB depuis 20 ou 30 ans à l’ensemble des budgets hospitaliers, tous seraient en déficit aujourd’hui.

    2. 18 CHU sur 32 sont en déficit.
      Et plus globalement, 6 établissements de santé publique sur 10! Une paille…

  2. Alors oui il faut dégraisser ( pas seulement le mammouth ) les services administratifs pléthoriques et asphyxiants . CHUR de Rennes : 5000 opérationnels ( depuis l’entretien jusqu’aux chirurgiens ) , 3000 administratifs !!!! A-t-on réellement besoin d’un administratif pour suivre deux opérationnels ???? Cette situation n’est malheureusement pas uniquement pour les hôpitaux mais se retrouvent dans tous nos services dits publiques !!!!( éducation nationale , sécurité sociale …..la liste est infinie !!)

    1. J’aimerai bien savoir ce qu’ils font en pratique ces administratifs ? C’est du middle management ? des grouillots qui cochent les cases ? Ils se cachent où ?

  3. le vrai problème c’est que sans marché..vous n’avez aucun moyen pour dire que l’hôpital manque de moyens ou non…

    comme vos n’avez aucun moyen de savoir quel devrait être le salaire d’un infirmière chirurgien ou autre…

    donc on procède comme ça..les personnels hospitaliers ont le sentiment plus que la certitude que les gens sont prêts à payer plus pour les hôpitaux..ils manifestent…

    ce n’est pas à l’etat de décider quelle part du pib à attribuer à la santé….
    la part des dépense de santé dans le pib devrait résulter des choix individuels des citoyens..

    1. Si il y a un marché, le marché du travail. Vous savez à quel tarif vous pouvez avoir une infirmière du pays, si en dessous vous devez l’importer et le seuil ultime en dessous il n’y a plus personne.

  4. Il serait normal que dans un hôpital le personnel soignant se sente bien, un peu comme à la maison, et que les patients n’aient qu’un souhait, rentrer le plus vite possible chez eux, guéris.

    Alors que chez nous ce sont les soignants qui souhaitent se barrer et les patients qui font la queue pour y entrer…

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