ARCHIVES

Khadafi Couic! Le Honzec (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)
Khadafi Couic! - Illustration de René Le Honzec
Lecture : 2 minutes

Khadafi : l’inhumanité en deuil

Il disait combattre les islamistes. Il combattait aussi la liberté. Et maintenant ?

Il disait combattre les islamistes. Il combattait aussi la liberté. Et maintenant ?

Article publié en collaboration avec l’aleps

Khadafi Couic! - Illustration de René Le Honzec

Ainsi la page Khadafi est-elle tournée en Libye. Sa mort ne mérite ni peur ni oraison, point n’est besoin de s’y attarder. Pour autant, le sort du peuple libyen est-il scellé ?

Khadafi avait pour couverture et pour mérite, aux yeux de la diplomatie occidentale, de protéger sa région contre les islamistes : le même discours se tenait à Tunis et se tient à Alger.

La voie est-elle désormais libre pour les extrémistes de l’Islam, suivant le scénario égyptien ? Parallèlement Khadafi pendant 42 ans a été un tyran impitoyable et arrogant, doublé d’un terroriste mondial. Le Conseil National de Transition se réclame de la démocratie, et a obtenu droit de citer dans le monde libre. Mais peut-on juger de sa bonne foi dans un contexte de guerre civile, sans constitution ni élections ? Nous l’avons déjà évoqué : le président du CNT a annoncé que la future constitution sera fidèle à la charia, à la loi du Coran.

En d’autres termes la mort de Khadafi ne donne aucune garantie ni sur le sort de la démocratie ni sur la liberté religieuse.

Faut-il s’en étonner ? Les « printemps arabes » ont renversé les dictateurs de leur piédestal. Mais, à ce jour, ils n’ont pas été prolongés par l’émergence d’une société civile organisée. Le phénomène s’était déjà produit à la suite de la chute du mur de Berlin : en Russie, en Biélorussie, en Ukraine, en Roumanie, l’après-soviétisme a été géré par les cadres du parti communiste hâtivement convertis en libéraux. Ailleurs, fort heureusement, une société civile ancrée dans des convictions libérales a pu immédiatement installer la démocratie.

Le drame ou l’interrogation vécue aujourd’hui en Libye, comme en Égypte, comme en Tunisie – et peut-être demain en Syrie – est que la seule force organisée pour prendre le relais est celle des islamistes. Par exemple, à la veille des élections en Tunisie, que pèsent les quelque cent vingt listes face à celle des intégristes animés par leurs imams ?

L’Islam extrême est-il soluble dans la démocratie ? Une opposition libérale peut-elle émerger, et s’exprimer librement ? Certes tous les chefs d’États occidentaux ont salué la mort du dictateur comme une promesse de liberté et de développement. Mais que feront-ils pour accompagner les peuples libérés sur la bonne voie ? Mesurent-ils le risque d’un Moyen Orient regroupé autour de l’Iran (version pessimiste) ou de la Turquie (version optimiste), et uni dans une commune volonté d’en finir avec Israël ?

—-
Sur le web

Reproduit avec l’aimable autorisation de Jacques Garello, président de l’aleps.

Image de Aleps

Aleps

L’aleps, présidée par le Professeur Jacques Garello, est l’Association pour la Liberté Économique et le Progrès social, fondée il y a quarante ans sous l’autorité de Jacques Rueff, dans la tradition intellectuelle française de Jean Baptiste Say et Frédéric Bastiat.

Une réponse

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Inscrivez-vous pour recevoir la Lettre des Libertés

Recevez la lettre tous les matins.