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La délicate gestion des réserves de gaz

D'après GRTGaz, au regard de la baisse de consommation observé et du caractère déjà avancé de l'hiver, et hors période de froid intense, les risques de pénurie associés à cette réduction sont limités.

Les températures clémentes jusqu’à la mi-janvier et le signal-prix associé aux facturations de l’énergie ont entraîné une réduction significative de la consommation de gaz ces derniers mois.

En comparaison à janvier 2022 (du 1er au 22), la consommation de gaz sur la même période de janvier 2023 enregistre une variation de -25 % pour les industries (-22 % vs la même période de décembre 2022), de -28 % pour le grand public (-26 % vs décembre 2022) et -49 % pour la production d’électricité par gaz (-61 % vs décembre 2022). Pour comparaison, les températures moyennes se sont établies sur les trois semaines à 8,4° contre 5,4° en janvier 2022 et 3,4° en décembre 2022.

Ces réductions de consommation constituent à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle : d’une part elles limitent les risques de pénurie ; d’autre part elles constituent un indicateur de réduction de la production industrielle et donc des pertes de richesses collectives, voire de bien-être pour les ménages.

Dans le même temps les réserves de gaz en France s’établissent à 72 %. Ce chiffre pourrait sembler faible par rapport à la moyenne européenne de 78 % même s’il reste élevé par rapport à la moyenne historique sur la période (55 %). Ces réserves françaises correspondent tout de même à 23 % de la consommation annuelle.

Au-delà de la variation de consommation, le chiffre des réserves est appelé à diminuer pour des raisons techniques. En effet, le mode de stockage (à 75 % constitué de couches aquifères) a besoin de circulation (vidage régulier) pour être efficace. Le vidage va donc s’organiser dans les semaines à venir, probablement pour atteindre un niveau inférieur à 40 % en mars. Bien sûr, le précieux gaz ne va pas être « gaspillé » mais la réduction de volume va être entreprise via une moindre injection de GNL par méthanier (et qui se redirigera vers d’autres pays). D’après GRTGaz, au regard de la baisse de consommation observée et du caractère déjà avancé de l’hiver, et hors période de froid intense, les risques de pénurie associés à cette réduction sont limités.

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Philippe Aurain

Philippe Aurain est Directeur des Etudes Economiques de La Banque Postale. Il a commencé sa carrière à la Caisse des Dépôts, notamment comme Responsable des Etudes au sein de la Direction des Fonds d’Epargne avant de se tourner vers les marchés financiers. Il a ensuite été Directeur Financier du Fonds de Réserve pour les Retraites puis Directeur Délégué de Fédéris Gestion d’actif. Entré dans le Groupe LBP en 2015, il a avant sa position actuelle été membre du directoire de LBPAM et Secrétaire Général de BPE.

5 réponses

  1. Sur le coup du gaz, on a eu de la chance grâce à un hiver particulièrement doux. Pour l’hiver 2023-2024, c’est plus inquiétant. Les politiciens ont un an pour trouver une solution viable pour ce problème. Mais souvenez vous de ce qu’ils ont réussi à faire en 2 ans pour l’engorgement covid des hopitaux…

      1. Si seulement…
        Et il faudra quelque courage aux dirigeants européens pour décider de se réapprovisionner auprès du fournisseur le plus proche et le moins cher plutôt que de continuer à ruiner leurs pays en achetant du gaz étasunien bien plus coûteux.

  2. L’essentiel est bien dans cette phrase  » elles constituent un indicateur de réduction de la production industrielle et donc des pertes de richesses collectives, voire de bien-être pour les ménages. » C’est l’annonce d’un avenir économique difficile, et d’ une désindustrialisation qui va perdurer… La récession s’inscrit durablement…. malgré les déclarations triomphantes de notre gouvernement : une bande coqs sur….

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