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La ville de New York réintègre les chiens policiers-robots dystopiques

Le département de la police de New York (NYPD) réintroduit des chiens policiers robotisés après avoir abandonné leur déploiement en 2021 en raison des réactions négatives du public.

Par C.J. Ciaramella.

Le maire démocrate de New York, Eric Adams, a annoncé le retour de Digidog, le surnom donné par le NYPD à un robot télécommandé à quatre pattes, lors d’une conférence de presse organisée à Times Square, au cours de laquelle ont été présentés plusieurs nouveaux équipements de police.

M. Adams a déclaré :

« Digidog est sorti de la fourrière […] Digidog fait désormais partie de la trousse à outils que nous utilisons ».

Regardez ces petits monstres en action :


La police de New York accueille un nouveau membre dans ses rangs : un chien robot. L’appareil mobile robotique K-9 fait partie d’un certain nombre de déploiements technologiques que la ville considère cruciaux pour assurer sa sécurité.

La police de New York a d’abord obtenu plusieurs robots de Boston Dynamics en 2020, affirmant qu’ils seraient inestimables lors de situations dangereuses comme par exemple des suspects barricadés et des alertes à la bombe. En 2016, la police de Dallas avait utilisé un robot armé d’une bombe pour neutraliser un suspect retranché dans un bâtiment.

Le déploiement du robot à New York, notamment dans un ensemble de logements sociaux, a suscité une levée de boucliers de la part des défenseurs de la vie privée et des libertés civiles, inquiets du manque de supervision et de la possibilité d’une surveillance policière incontrôlée.

Sous la pression, la ville a discrètement mis fin à son contrat avec Boston Dynamics en 2021.

« C’est effrayant, aliénant et cela envoie un mauvais message aux New-Yorkais », a déclaré un porte-parole du maire de l’époque, Bill de Blasio.

Mais Adams ne s’est jamais soucié d’être effrayant ou aliénant et les chiens sont donc de retour.

M. Adams a déclaré mardi lors de la conférence de presse :

« Je crois que la technologie est là, nous ne pouvons pas en avoir peur […] Quelques personnes bruyantes s’y sont opposées et nous avons fait un pas en arrière. Ce n’est pas ainsi que je fonctionne. Je cherche ce qui est le mieux pour la ville ».

L’Union new-yorkaise pour les libertés civiles (New York Civil Liberties Union) a tweeté :

« Le déploiement des Digidogs et des Robocops ne fait qu’exposer les New-Yorkais à un espionnage policier plus envahissant. »

Albert Fox Cahn, directeur exécutif du Surveillance Technology Oversight Project (STOP), un groupe de surveillance, a déclaré dans un communiqué que la police de New York « transforme une mauvaise science-fiction en une police épouvantable ».

Il a déclaré :

« New York mérite une vraie sécurité, pas un robocop de pacotille […] Gaspiller l’argent public pour envahir la vie privée des New-Yorkais est un dangereux coup de force de la police. »

STOP note que le mois dernier, l’inspecteur général de la police de New York a publié un rapport concluant que la police de la ville avait violé une loi de 2020 l’obligeant à divulguer sa technologie de surveillance.

Selon le New York Times, deux de ces robots-chiens coûtent 750 000 dollars : mais ne vous inquiétez pas, la police de New York les paie avec des fonds de confiscation d’actifs.

En vertu des lois sur la confiscation civile, la police peut saisir des biens soupçonnés d’être liés à une activité criminelle, même si les propriétaires ne sont pas inculpés. Par exemple, en 2016 une famille du Bronx a été menacée d’expulsion après que des agents de la police de New York ont saccagé leur appartement et saisi plus de 2000 dollars en espèces.

Cependant, l’acquisition des chiens-robots ne serait pas l’utilisation la plus frivole des fonds de confiscation d’actifs de la ville de New York. En 2019, des documents publics ont révélé que l’ancien procureur de Manhattan, Cy Vance, avait dépensé en cinq années 250 000 dollars de fonds de confiscation pour des repas raffinés, des billets d’avion en première classe et des hôtels de luxe.

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Reason

Reason est un mensuel libertarien américain, publié par la Reason Foundation. Lauréat de nombreux prix, il tire à 50 000 exemplaires.

Une réponse

  1. La première utilisation par les pompiers d’un chien-robot lors de l’effondrement d’un parking à New-York, le 20 avril, a également montré le bon côté du chien

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