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L’Ânesse et la Sangsue

L’Ânesse appelée France était son propre maître en portant l’Industrie de Commerce et Service...

L’Ânesse appelée France était son propre maître en portant l’Industrie de Commerce et Service…

Une fable politique de Thierry Guinhut.

L’Ânesse appelée France était son propre maître
En portant l’Industrie de Commerce et Service :
Ainsi elle faisait sa fortune parfaite,
Tout en rendant prospère animale contrée,
Malgré de bien criantes inégalités.
Mais au Roi léonin, gouvernant non sans vice,
La Mort rendit visite.

On dénonça du Lion la carrure petite,
Ses riches carnassiers, sans services public.
Le Parlement des chiens, aboyeurs et leurs cliques,
Élut un Président, volatile bavard
Au point d’aller séduire et moutons et renards.
Trouvant trop de richesse à courageuse Ânesse,
Travailleuse sensée, rentable et bien pourvue,
Ce rapace pensa compenser leur paresse
En ponctionnant sa chair d’une active Sangsue :

« Il s’agit de donner et d’être solidaire,
D’attribuer au Pauvre une richesse usuraire.
Augmentons donc l’impôt, car tout doit vivre heureux,
Du reptile aux sangsues, jusqu’au ver malheureux.
Offrons aux Séides d’État
Le moyen de passer les plats ! »

Charognard Président, zélé législateur,
Inique profiteur, revanchard électeur,
Infiltrant le mulet, asséchant l’âne nu,
Surent créer l’emploi : tous devinrent sangsues !
Au point que dans la rue
Leur cohorte agrippée à notre gent asine,
Sévice public, Enfer fiscal, assassine…
En place de la multiplication des pains,
On multiplie des Pauvres leurs pauvres mains.

Obèse, la Sangsue, plus lourde que l’Ânesse,
Empoisonne et entraîne, en pesanteur traitresse,
Son hôtesse au fossé, agrafée à son corps,
Sans pouvoir s’en défaire et saignant tout son or,
Par chaînes de sangsues, tous squelettes dehors,
Dilapidant en vain le produit de l’effort,
Jusqu’à voir venir son trépas.

Que croyez-vous qu’il arrivât ?
Le Parlement creva,
Le Président vautour se trouva efflanqué,
La cravate lâchée, la braguette éculée,
Jeté hors du Palais, par la plume et le poil
Qu’ils perdaient sur leurs os sans voiles.
Quant au Pauvre, étripé, sa larme ultime fut
Pour l’Ânesse perdue.


Sur le web.

Image de Thierry Guinhut

Thierry Guinhut

Diplômé d'une maîtrise en Histoire de l'Art Contemporain et agrégé de Lettres Modernes, Thierry Guinhut est critique d'art et de littérature. Il nourrit un blog littéraire et photographique qui réunit également sa réflexion dans le domaine de la philosophie politique. Écrivain, il a publié un roman et relaté quelques unes de ses expériences de marcheur dans des récits. Photographe, il a réalisé des expositions sur les étangs de la Brenne et sur la Montagne Noire. Salué par la presse, Le "Marais poitevin" fut couronné par le Grand prix Hippolyte Bayard de Photographie 1991 et lui valut de figurer parmi les 70 Modern Masters of Right Brain Left Brain Photography (Amphoto, New York, 1994).

2 réponses

  1. Bravo. J’aime particulièrement le dernier paragraphe. Je partage à tous mes amis. C’est clair et net… pas beaucoup d’espoir cependant.
    j’aime : « la cravate lâchée, la braguette éculée » et « sur leurs os sans voile »…. Bravo !

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