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Le loup dans la bergerie

Avec "Les loups de Wall Street", Martin Scorsese nous propose une véritable catharsis.

Par Alexandre C.

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Le dernier film de Martin Scorsese, Le Loup de Wall Street, est une adaptation à l’écran de la vie de Jordan Belfort (et de son livre The Wolf of Wall Street1), un trader rattrapé pour plusieurs fraudes dans les années 90. Malgré la performance de Leonardo Di Caprio, le film a particulièrement été égratigné par la critique notamment pour les excès qui y sont présentés : drogue, sexe, argent facile…

La fille d’un des anciens acolytes de notre Loup, Christina McDowell2 a vertement accusé le réalisateur et l’acteur principal du film de faire l’éloge d’un mode de vie qui a détruit la vie de milliers de personnes par la spoliation de biens. Outre cela, le film montre selon elle une image proprement misogyne de la femme, considérée comme un amusement au même titre que la drogue ou les voitures de luxe. Certains personnages féminins ont pourtant une certaine grandeur comme la première femme de Belfort.

Toutefois, à bien regarder le film, il s’agit bel et bien de la dénonciation des excès d’une bande de gens à qui tout échappe. Décemment, on ne peut pas croire un seul instant que l’un ou l’autre des deux hommes ne glorifie ce type de comportement. En réalité, le film, comme Taxi Driver en son temps ou bien Les Affranchis – deux autres monuments de Scorsese avec Robert de Niro notamment –, fait appel à la catharsis, c’est-à-dire à une représentation dramatique, exagérée jusqu’à l’extrême, d’une situation pour en dégoûter le spectateur. Et force est de constater que cela fonctionne à merveille, tant la déchéance de notre trader fou n’incite pas à suivre sa trajectoire professionnelle et personnelle. On rappellera au passage que l’homme a fait de la prison.

Alors un conseil, courrez-y ne serait-ce que pour le jeu des acteurs, les dialogues, certaines situations drôles mais aussi pour apprécier la chute sans fin et tragique de cet homme aujourd’hui reconverti en conférencier, une vie plus calme et respectable de ce qu’il était jadis. Preuve que la thérapie a marché sur lui aussi.

Le loup de Wall Street, biopic américain (2013), réalisé par Martin Scorsese avec Leonardo Di Caprio, Jonah Hill, Margot Robbie. Durée : 180 minutes.


Sur le web.




Notes :
  1. Une suite intitulée Catching the Wolf of Wall Street est également sortie. Les deux sont devenus des best-sellers.
  2. Une transcription de cette lettre est disponible à ce lien.
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Alexandre C.

Alexandre C. prépare un doctorat en génie mécanique entre la France et le Canada. Il est l'auteur du blog "La Main Invisible" dans lequel il livre des analyses sur la politique, l'économie ou encore l'histoire.

4 réponses

  1. Désolé LM
    il n’était ni trader ni broker ni courtier mais un escroc excellent vendeur qui n’avait rien a voir avec Wall street dont on se demande comment il pu prospérer si longtemps

  2. Sans contester la qualité du film, je crains qu’il n’accrédite encore plus l’idée socialiste selon laquelle la finance est perverse à cause de la cupidité des hommes (sauf les fonctionnaires, va de soi).

    Comme dit Sowell, j’ai essayé d’être plus cupide et je n’ai pas été mieux payé.
    La perversion de la finance par l’État, voilà le vrai sujet.
    Sans l’hubris des politiciens, pas de création monétaire débridée, pas d’effet de ruissellement pour enrichir la finance au détriment des autres, ni de bulle immobilière ou des édudes…

  3. Ce qui est étonnant, c’est que les mêmes spectateurs
    qui idoleront le personnage par sa réussite, et sa quête frénétique de vanité, voir même aimeraient être à sa place
    Le haïrait s’il leur avait escroqué 1€

    Un peu comme celui qui achete des produits sous vides et qui critique son voisin pak il a un 4*4  »qui pollue »

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