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Le moment du « double merci »

Deux personnes échangent parce que chacune d’elle veut ce que possède l’autre plus que ce qu’elle possède déjà

Deux personnes échangent parce que chacune d’elle veut ce que possède l’autre plus que ce qu’elle possède déjà.

Entendu dans le métro récemment : « Quand deux personnes échangent biens et argent, l’une gagne et l’autre perd. Sinon, il n’y aurait pas de profit. »

Ce raisonnement est plus populaire qu’on le croit. Et justifie parfois l’hostilité envers le commerce ou le libre-échange. Seul problème : il est faux.

Combien de fois ça vous arrive de payer $1 pour un café et, quand la caissière vous dit « merci » en vous remettant le café, de lui répondre « merci » ? Ce curieux moment du « double merci » est plus qu’un échange de politesse. C’est une leçon d’économie, dit le journaliste John Stossel.

Pourquoi ces « mercis » ? Parce que vous désirez le café plus que le dollar. Et que le commerce désire votre dollar plus que le café. Vous gagnez tous les deux.

Deux personnes échangent parce que chacune d’elle veut ce que possède l’autre plus que ce qu’elle possède déjà (rappelez-vous vos échanges de cartes de hockey). Si l’une d’entre elles gagnait et l’autre perdait, le perdant n’échangerait pas.

Nous vivons ce moment du « double merci » chaque fois que nous payons à la caisse dans une boutique de vêtements ou que nous souhaitons bonne journée à la serveuse en quittant un restaurant, explique le journaliste John Stossel dans une de ses chroniques.

La même chose se produit quand vous achetez quelque chose d’un étranger. On appelle ces échanges « exportations » et « importations » juste parce que des frontières existent. Mais les frontières sont des accidents de l’histoire. Le résultat d’une décision arbitraire d’un politicien. Savez-vous si Montréal « souffre » d’un déficit commercial avec Drummondville ? Non. Parce qu’on s’en fout.

En réalité, il n’existe pas d’importation, ni d’exportation. Il y a ce que vous produisez et ce que tous les autres produisent. Les échanges sont mutuellement bénéfiques. Le protectionnisme – l’imposition de taxes à l’entrée de produits étrangers – est l’outil qu’utilisent les politiciens pour protéger leurs amis chefs d’entreprise en nous empêchant d’échanger avec quelqu’un (un étranger) qui nous offre un meilleur deal.

Dans le commerce comme ailleurs, deux mots embrument notre jugement : « nous » et « eux ». Nous n’échangeons pas avec eux. Le Canada n’échange pas avec la Chine, ou avec les États-Unis, ou tout autre groupe. J’échange avec toi. Tu échanges avec moi. Tremblay échange avec Nguyen. Des individus échangent avec des individus.

Si l’économie continue de s’enliser, les gouvernements de la planète seront tentés d’imposer des taxes et autres barrières aux produits étrangers. Ce serait une erreur.

Lorsqu’ils sont libres, les gens échangent à travers les frontières naturellement. Les acheteurs, autant que les vendeurs, en profitent, dit Stossel.

« Merci. – Merci. »

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David Descôteaux

David Descôteaux est titulaire d’une maîtrise en science politique et d’un baccalauréat avec majeure en sciences économiques de l’Université de Montréal, où il est également chercheur associé à la Chaire d’études politiques et économiques américaines (CÉPÉA). Il a notamment gagné le Prix de la relève de Magazines du Québec en 2008 et le prix Excellence Caisse de dépôt et placement du Québec – Merrill Lynch en journalisme économique et financier en 2007.

Une réponse

  1. Personnellement, je n’ai jamais mis les pieds dans un Starbuck. J’aimais eu l’occasion (faudra que j’essaie un jour), mais je paye toujours mon café environ 1$ dans la plupart des établissements.
    Si le café est à 5$ chez Starbuck, il doit certainement y avoir une bonne raison.
    Surtout que j’y vois, quand je passe devant, toujours beaucoup de monde. Et tous volontaire, pas amené au fusil.

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