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mosquito bite credit dr_relling (CC BY 2.0)
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Le moustique porteur de la malaria surtout attiré par le CO2

Ce n'est pas la lumière qui attire les moustiques, mais notre odeur et nos émissions de gaz carbonique.

Par Jacques Henry.

mosquito bite credit dr_relling (CC BY 2.0)
mosquito bite credit dr_relling (CC BY 2.0)

 

Par expérience (personnelle) les moustiques véhiculant le parasite de la malaria sont attirés par la présence humaine et donc l’odeur de notre corps.

C’est un fait prouvé mais contrairement à ce que l’on croit, les moustiques ne sont pas du tout attirés par la lumière surtout quand celle-ci est chaude, ou en d’autres termes quand cette lumière provient de lampes à incandescence.

Il s’agit aussi d’une constatation personnelle datant de mon séjour à la très presbytérienne Onesua High School dans l’île d’Efate. J’habitais sur le campus de l’école dans une petite maison dont les moustiquaires étaient en plutôt mauvais état. Pour ne pas me faire dévorer les chevilles quand je travaillais à corriger les copies de mes gentils élèves mélanésiens le seul moyen efficace que j’avais trouvé pour me protéger était de mettre une lampe à kérosène sous la table. Les moustiques étaient tout simplement aveuglés et ne détectaient plus le rayonnement infrarouge provenant de mon anatomie. Cependant ils détectaient encore l’odeur corporelle que je dégageais autour de moi.

L’anophèle femelle, puisque c’est bien de cette sorte de moustique dont il s’agit, celui qui véhicule la malaria, se nourrit presque exclusivement de sang humain afin de permettre la maturation des œufs. Et pour perfectionner le vampirisme de ce moustique, l’odeur humaine fait que les femelles anophèles ont tendance à entrer dans une maison et y séjourner jusqu’à une météo propice. Donc la femelle anophèle a bien fait les choses. Elle attend le bulletin météo qui lui indiquera que dans 48 heures il pleuvra et qu’il sera alors temps de sucer un peu du sang de n’importe quelle personne pénétrant dans la maison. Au pire, ayant voleté et convolé en justes noces avec un mâle au grand jour, elle s’attaquera in extremis à un passant si elle se trouve à l’extérieur et n’a pas trouvé de quoi se rassasier dans les temps dans une maison où elle aura attendu sournoisement sa proie.

Reste un troisième signal émis par l’Homme et attirant le moustique, le gaz carbonique labellisé « qualité effet de serre ».

Mais fallait-il encore montrer quelle était la séquence de signaux chimiques attirant le moustique. L’anophèle est plutôt un moustique nocturne mais, attiré par l’odeur de la peau humaine, il entre durant la journée dans les maisons et attend sa proie. Le Docteur Ring T. Cardé de l’université de Californie à Riverside a imaginé un tunnel dans lequel il place des moustiques (Anopheles gambiae) et observe leur comportement. Les moustiques arrivent, attirés par des carrés de coton imprégné des odeurs de peau mais ils ne cherchent pas précisément à s’y poser. Ils attendent patiemment leur proie. Un système simple envoie des effluves de gaz carbonique à des concentrations variables simulant la respiration humaine. Le moustique va en quelques minutes localiser la source de CO2 avec d’autant plus de réussite que la concentration en ce gaz est élevée, du genre de celle qu’on exhale en respirant.

L’expérience a montré que le moustique réagissait de manière extrêmement spécifique à une augmentation en CO2 de l’ordre de 0,015 % supérieure à la concentration ambiante de l’atmosphère soit 60 ppb ou parties par milliard, ou encore 0,06 ppm. La stratégie du moustique est donc diabolique en tous points. Il est attiré par l’odeur humaine et entre dans les maisons, qu’elles soient habitées ou non et attend le signal « CO2 ». Il ne piquera que si dans les 48 heures à venir il y a une bonne probabilité de pluie pour trouver de l’eau et y déposer ses œufs. Finalement ces expériences mettent en partie en doute le rayonnement infrarouge provenant de notre corps et susceptible d’être un autre facteur d’importance pour attirer les moustiques.


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Jacques Henry

Ancien chercheur en biologie au CNRS, dont il a démissionné avec fracas il y a plus de 15 ans, Jacques Henry profite de sa retraite pour porter un regard critique sur certains aspects de la biologie et de la médecine. Ayant travaillé pendant quelques années comme consultant auprès d’EDF dans le domaine nucléaire, il s'intéresse également aux problématiques énergétiques, en particulier l’électricité.

3 réponses

  1. Je veux bien, mais mon voyage au Gabon m’a permis de constater à mon grand désarroi que mon sang est très apprécié des moustiques, et que ceux-ci attaquaient très clairement au moment du lever et du coucher du soleil, et ce indépendamment des précipitations. Pendant ces heures, je me faisais bouffer, puis cela se calmait jusqu’à la nouvelle transition solaire. Alors?

  2. Efate … Ailand blong Vanuatu !
    Moskito emi kakai tu mas ?
    Castom i no save dae 🙂

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