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L’Euro, une faillite prévisible au regard de l’histoire allemande

Si un tel problème existe au sein d'un pays unifié, pourquoi le répliquer à l'échelle Européenne ?

Les transferts fiscaux n’ont pas fonctionné au sein de l’Allemagne réunifiée, pourquoi devraient-ils marcher au sein de la zone euro?

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

En 1990, le gouvernement allemand établissait la « Solidaritätzuschlag » ou « devoir de solidarité » : un impôt spécial qui fonctionnera jusqu’en 2019 et établi pour transférer des fonds vers l’ancienne RDA.

L’idée était que les contribuables de l’Ouest aideraient ceux de l’Est à rattraper leur niveau de vie. Depuis lors, 200 milliards d’euros ont été transférés. Cependant, l’ancienne Allemagne de l’Est reste toujours plus pauvre qu’aucun des Länder les plus indigents de l’Ouest.

Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons, et je veux éviter de simplifier à l’extrême, mais le gros du problème provient du fait que la RDA a rejoint le Deutsche Mark à un taux d’échange artificiellement haut. Et contrairement à certain des États anciennement communistes, elle a été dans l’incapacité d’utiliser ses exportations pour retrouver la croissance. Sa position, en d’autres termes, est analogue aux pays méditerranéens dans la zone Euro.

Donner du temps ne va pas aider à résoudre le problème. Le Mezzogiorno fut la RDA de l’Italie, pour 150 ans pour ainsi dire. Prisonnier d’une monnaie non concurrentielle, elle a vu émigrer ses citoyens les plus entreprenants. Ceux qui restaient faisaient en sorte, en tout bon sens, d’arranger leurs affaires de façon à être qualifiés pour percevoir des aides. Le capitalisme a été remplacé par l’assistance socialiste.

Tout cela amène une question. Si un tel problème existe au sein même d’un pays unique, unifié par le sang et la langue, par des avis communs et des obligations mutuelles, par les impôts et les aides sociales, pourquoi le répliquer et le grossir à l’échelle Européenne ?

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Daniel Hannan

Daniel Hannan est écrivain et journaliste, et eurodéputé conservateur pour le Sud-Est de l'Angleterre depuis 1999. Il parle français et espagnol et aime l'Europe, mais croit que l'UE appauvrit les nations qui la constituent, et les rend moins démocratiques et moins libres. Il a gagné le Bastiat Award pour le meilleur journaliste en ligne. Son blog est hébergé par le Telegraph.

Une réponse

  1. Lorsqu’on se rend en ex-Allemagne de l’Est, on emprunte des autoroutes flambant neuf montées à coup de subvention, ou ne roule presqu’aucune voiture, alors que les autoroutes de l’Allemagne de l’Ouest sont comparativement moins bien entretenues.

    Lorsqu’on se rend dans certaines zones du sud européen, on trouve des usines flambant neuf, au milieu de nul part, dans des zones économiquement désertique, montées à coup de dizaines de million de subvention. Des usines qui ne sont pas compétitives car elles n’ont pas été montées pour générer du chiffre, et qui bien souvent ne démarrent même pas. Après quelques temps, les usines sont démantelées et les machines revendues, à moitié prix souvent ou même moins. Mais comme elles ont été gracieusement offertes par les moutontribuables européens, les gérants de l’affaire s’en mettent plein les poches, sans jamais avoir créer d’emploi ou contribué au développement économique de leur région…

    Les transferts fiscaux sont une redistribution injuste qui appauvrit les citoyens européens et nuit à l’investissement et à la croissance économique.

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