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L’indépendance du Québec est-elle souhaitable pour les Québécois?

Si une indépendance du Québec peut conférer plus de liberté à l'État québécois, qu'en est-il pour les citoyens québécois?

Alors que la question de l’indépendance du Québec est de nouveau d’actualité, il importe de se demander si les citoyens québecois ont à gagner au change.

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec

La question nationale revient dans l’actualité. Nul doute que la recherche de l’autodétermination est légitime et le lecteur habitué à lire mes chroniques sait à quel point l’idéal de liberté m’est cher. Il n’est donc pas question de contester la volonté d’une proportion substantielle des Québécois de fonder un pays. En revanche, il importe de réfléchir à la formule proposée et de s’assurer de gagner au change.

Le Manifeste pour la souveraineté publié par le Parti québécois invoque plusieurs raisons pour défendre l’option. On peut y lire qu’un État souverain pourra, entre autres :

  • adopter et modifier toutes nos lois;
  • prélever et percevoir toutes nos taxes et tous nos impôts;
  • conclure tous nos traités et siéger au sein de tous les forums internationaux;
  • intervenir à l’ONU;
  • adopter des politiques lui permettant d’avoir un droit de regard sur le contrôle québécois des entreprises et les achats étrangers;
  • régir les institutions culturelles.

Ainsi, à la question : « L’indépendance conférera-t-elle plus de liberté à l’État québécois? », le Manifeste du PQ répond sans ambiguïté par l’affirmative.

Il existe une lutte de pouvoir entre Ottawa et Québec, et, pour certains, l’indépendance est la seule façon de gagner la partie. En revanche, on se pose rarement la question : « L’indépendance conférera-t-elle plus de liberté au CITOYEN québécois? », comme si l’individu était quantité négligeable.

Pourtant, l’exemple de plusieurs pays africains devrait suffire pour exiger une réponse à cette question.

De 1950 à 1970, 38 pays d’Afrique ont obtenu leur indépendance. Aujourd’hui, leurs populations sont en quasi-totalité parmi les plus pauvres de la planète, la majorité d’entre elles sont parmi les moins libres et certaines sont carrément opprimées. Les Africains ont remplacé l’emprise coloniale par celle des dirigeants locaux et l’autorité de la métropole par celle de leurs tyrans. Ils voulaient des libérateurs, ils ont eu des dictateurs.

Chez nous, même si nous n’avons pas à craindre qu’un despote sanguinaire prenne le pouvoir, nous devons exiger plus de transparence de l’option souverainiste quant au sort qu’elle réserve à ses citoyens. Vise-t-elle à réaliser la souveraineté des individus ou à augmenter le pouvoir de l’État? Un Québec souverain s’attaquera-t-il au pouvoir syndical ou cherchera-t-il à le préserver? Réduira-t-il les impôts, les taxes, les subventions et les programmes de tout acabit? Permettra-t-il aux producteurs laitiers et acéricoles de s’affranchir du système de gestion de l’offre?

Voudra-t-il préserver nos vaches sacrées ou les remettra-t-il en question?

Dans l’absolu, l’option souverainiste n’est ni bonne ni mauvaise. Tout dépend du type de société que les leaders actuels envisagent de bâtir. Caressent-ils le rêve d’une économie plus libre avec un appareil gouvernemental réduit ou, au contraire, celui d’un État-providence en expansion? Comme l’ingénierie sociale est l’ennemie des libertés individuelles, l’élite politique actuelle doit impérativement répondre à ces questions.

Quant à nous, nous avons le devoir de poser les bonnes questions et d’écouter les réponses. Pour beaucoup d’Africains, le rêve a tourné au cauchemar. Faisons en sorte que cela ne nous arrive pas!

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Nathalie Elgrably-Lévy

Nathalie Elgrably-Lévy enseigne l'économie à HEC Montréal depuis 1992. Elle a également enseigné l’économie à l'Université de Montréal et à l'UQAM pendant plusieurs années. Elle est l'auteure de La face cachée des politiques publiques, publié en 2006 aux Éditions Logiques, ainsi que de l'adaptation pour le Québec du volume Microeconomics, 6e édition, de Pyndick et Rubinfeld. Nathalie Elgrably-Lévy est également chroniqueuse au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Elle a œuvré une partie de l'année 2008 à titre d’économiste senior auprès de l’Institut Fraser. Elle est titulaire d'une maîtrise en sciences de la gestion de HEC Montréal, avec une spécialité en économie appliquée et une thèse sur le déficit budgétaire fédéral. Ses intérêts de recherche se concentrent sur l'évaluation des politiques publiques.

3 réponses

  1. Que du pablum corpo-suprémaciste 101 servi par une de mercenaire qui, en passant, est régulièrement ridiculisée au Québec et qui donc s’auto-promotionne ici dans toute l’abjecte démagogie dont elle s’affuble capable… Minable !

    Pour ceux qui désirent avoir l’heure juste sur le Québec, c’est par ici…
    LE PEUPLE QUÉBECOIS & SES NAUFRAGEURS
    http://www.lesdiplomates1984.com/news/special-quebec-la-nation-et-ses-naufrageurs/

    Les DIPLOMATES désirent résumer les hauts faits qui permettent aux naufrageurs de la nation québécoise d’être aussi fiers d’être canadien.
    Une preuve par l’absurde !

    Respectueusement vôtre,
    Les DIPLOMATES
    http://www.lesdiplomates1984.com/
    http://www.youtube.com/user/LesDIPLOMATES
    http://www.wix.com/lesdiplomates/les-diplomates

    À votre sévice depuis 1984 !

  2. Madame vous avez le droit d’exprimer vos idées comme bon vous semble mais comparer le Québec aux pays africains relève d’une haute voltige intellectuelle qui ne vous honore pas, loin de là. La propagande a ses limites et vous m’insultez carrément par votre étroitesse d’esprit et vos comparaisons loufoques. C’est indigne d’un journalisme sérieux. Dommage on s’attendrait à mieux d’un journal qui se veut sérieux.

  3. Il faut que le projet de sécession du Quebec inclut le droit de chacun au self-government, de droit à la sécession de chaque citoyen.

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