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Macron au JT de 13h : « circulez, y’a rien à voir ! »

Plus de pression fiscale et de dépenses publiques pour calmer la rue, promet Emmanuel Macron.

Interrogé par Marie-Sophie Lacarrau pour TF1 et Julian Bugier pour France 2, Emmanuel Macron a tenté d’éteindre sur le petit écran l’incendie provoqué par le passage de sa réforme des retraites via l’article 49-3 de la Constitution.

Si le constat qu’il dresse sur la nécessité de réformer malgré la pression de la rue est indéniable, les solutions et pistes qu’il propose demeurent dans la droite ligne de ses prédécesseurs : social-démocrates et cosmétiques.

Pire, il ne semble pas conscient de son rôle de pompier pyromane dans une crise qu’il a préparée par une gouvernance autoritaire qui cherche par tous les moyens de s’abstraire du débat démocratique.

Emmanuel Macron, reprenant un élément de langage distillé pendant toute la séquence sur la réforme des retraites, a affirmé que le texte voté allait poursuivre son « chemin démocratique » avec son examen par le Conseil constitutionnel, puis son entrée en vigueur pour septembre.

 

La réforme nécessaire

Cette réforme n’est « pas un luxe », « n’est pas un plaisir » mais une « nécessité » a-t-il assené, endossant le costume du technocrate responsable comme pour mieux souligner la légèreté des opposants au projet, qu’il a eu l’occasion d’accuser de vouloir s’abstraire du « principe de réalité ». Si le gouvernement avait été guidé par le « principe de réalité », il aurait sans doute engagé une réforme sur le fond plus qu’une réforme paramétrique du système par répartition.

Condamnant les débordements et les blocages des opposants les plus radicalisés, Emmanuel Macron a cependant expliqué entendre le « besoin de justice » des opposants.

Pour y répondre, sans surprise, le chef de l’État s’est contenté de rejouer la carte socialiste de la taxation exceptionnelle des entreprises et des minimas sociaux.

Davantage de pression fiscale et de dépenses publiques pour calmer la rue, en somme.

Même topo sur le travail et les carrières qui ne paient pas assez : le président de la République a proposé d’en parler avec les partenaires sociaux, en supposant que ceux-ci acceptent de reprendre le dialogue sur quoi que ce soit.

Conscient qu’il fallait aussi ménager son électorat de droite, le président de la République a estimé qu’il fallait trouver des incitations pour faire revenir les bénéficiaires du RSA à l’emploi et remobiliser les jeunes démotivés par la crise covid.

Étonnamment, Emmanuel Macron a donc pris conscience qu’ouvrir les vannes d’argent public pour convaincre les gens de rester chez eux plutôt que d’aller travailler a eu un impact désastreux sur l’économie. Quelle surprise.

Pressé par les questions des journalistes, Emmanuel Macron ne s’est trouvé aucune responsabilité dans la manière dont le gouvernement a mené sa réforme jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la confrontation frontale avec les opposants aujourd’hui, à l’exception d’un manque de pédagogie sur la nécessité de la réforme.

Face à la caméra et s’adressant à ses clientèles électorales, c’est un « circulez, y’a rien à voir ! » qu’il a posé contre ses critiques.

Image de Claire Libercourt

Claire Libercourt

Claire Libercourt travaille dans la presse en ligne après avoir fait des études de droit et de philosophie.

7 réponses

  1. « Emmanuel Macron tente de justifier une nouvelle fois de la nécessité de la réforme des retraites pour équilibrer le système par répartition. »
    Il n’a pas encore compris que le système est tellement déséquilibré qu’il sera impossible de le redresser par des mesures cosmétiques. On devrait le mettre sur un vélo et lui montrer que si tu te penches trop et que tu ne vas pas assez vite, c’est la gamelle assurée! ( Si tu vas trop vite aussi: dérapage et gamelle!)

    1. Et bien pour lui le pays France cessera d’exister dans 4 ans. Alors bon, si le système tient jusque là c’est bon, car après c’est la fin du monde.
      P.S. Lui il ne monte pas sur le vélo, il se contente de tourner le guidon à votre place.

      1. Il nous rejoue surtout le coup du « après moi le déluge » ! Eh bien, qu’il dégage et nous verrons bien de quel côté sera le déluge. Depuis qu’il est « en gouvernement », nous sommes submergés par un déluge verbal. Je ne suis pas étonné qu’il apprécie tant les éoliens !

  2. Le système par répartition est une malignité qui repose sur cette stratégie que ceux qui aiment travailler en feraient malgré eux bénéficier ceux qui n’aiment pas le travail.

  3. Macron est un indécrottable socialo-communiste qui ne connait que la politique du chéquier !
    Comment comprendre que LR s’allie avec un tel personnage ?

    1. Pour comprendre LR il faut et il suffit de regarder ce qu’il y a dans la gamelle qu’on leur tend !

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