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micronations-République du Saugeais by geoterranaute (CC BY-NC-ND 2.0)
micronations-République du Saugeais by geoterranaute (CC BY-NC-ND 2.0)
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Micronations : nouveau phénomène de mode ?

Un peu plus d’un an après que nous avons eu l’occasion d’évoquer ici-même la naissance d’une nouvelle nation, Liberland, se tenait ce samedi le tout premier sommet de la "microfrancophonie". L’occasion d’évoquer de nouveau une curiosité : les micronations.

Par Johan Rivalland.

micronations-République du Saugeais by geoterranaute (CC BY-NC-ND 2.0)
Micronations-République du Saugeais by geoterranaute (CC BY-NC-ND 2.0)

Pour reprendre la définition qu’en donne Léo Delafontaine, photographe documentaire qui s’est intéressé au sujet et en a visité douze :

« Une micronation est une entité géographique créée par un certain nombre de personnes et qui aspire à être reconnue en tant que nation indépendante, mais qui, dans les faits, n’est aucunement considérée comme telle par les autres nations et autres organismes transnationaux. »

Des projets fantasques, des causes profondes

Si la réalité qu’elle recouvre semble assez diverse et que ces projets paraissent à première vue, dans de nombreux cas, relativement fantasques, il n’en subsiste pas moins une volonté d’indépendance de la part de ses initiateurs et une idée d’ériger un lieu à part en véritable espace de liberté, à l’image de Liberland, et sa très belle devise : « Vivre et laisser vivre ». (Mais il n’a pas fallu longtemps, hélas, à cette micronation pour se trouver menacée dans son existence. Il faut bien dire que les intentions ne sont pas simples à mettre en œuvre en pratique. Néanmoins, Liberland est parvenu à dépasser la première année d’existence et est qualifié par certains de « pays le plus libre du monde ».)

Ainsi que le note Blandine Le Cain dans son article au Figaro :

« L’initiative d’un sommet de la Microfrancophonie peut faire sourire, tout comme le fait de déclarer l’indépendance de son jardin. Pourtant, les causes ne sont pas complètement futiles : derrière l’insolite et l’humour se cachent des questions de fond. »

Bruno Fuligni, historien auteur de Royaumes d’aventure et qui s’intéresse au sujet de longue date, explique :

« Si on se limite au folklore, on manque l’intérêt du sujet (…) Parmi les motivations qui poussent à fonder une micronation, il y a une volonté d’être libre. Dans nos sociétés, même en considérant que l’on est libre en démocratie, la souveraineté est celle de l’État. Dans une micronation, la souveraineté de l’individu devient souveraineté d’État. »

De nombreuses micronations à tendance libertarienne ont ainsi vu le jour avec l’objectif de défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Des micronations toujours plus nombreuses

Le fait notoire est que ces micronations voient leur nombre croître de manière substantielle : d’une vingtaine dans le monde en 1900 à 200 il y a vingt ans, elles sont maintenant plus de 400 ! Un vrai phénomène, donc, qui mérite qu’on s’y intéresse.

Car quelle idée trouve-t-on derrière cette apparence de folklore ? Celle d’une aspiration à plus de liberté ? Une véritable défiance envers les États ? Faut-il y voir un phénomène de réaction vis-à-vis des États traditionnels ? Difficile à dire, tant les types de micronations sont disparates.

Mais écoutons plutôt ce qu’en dit précisément Bruno Fuligni, spécialiste des tout petits États et auteur du premier Atlas des micronations :


Bruno Fuligni présente « Royaumes d’Aventures »

Une histoire à suivre…

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Johan Rivalland

Johan Rivalland, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Cachan et titulaire d’un DEA en Sciences de la décision et microéconomie, est professeur de Marketing et d'Economie.

Une réponse

  1. Sur le sujet des Etats libéraux (vivre et laisser vivre), un bel article de Koenig sur le New Hampshire dans le Point de la semaine dernière…

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