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Où sont parties les nouvelles entreprises ?

Le taux de création de nouvelles entreprises aux États-Unis n’a cessé de chuter.

Par Bernard Zimmern.
Un article d’Emploi-2017.

kauffmanCe pourrait être le titre d’une étude économique française : c’est le titre d’une étude de mai 2012 de la Kauffman Foundation (Where Have All the Young Firms Gone ? Par John Haltiwanger, Ron Jarmin et Javier Miranda. Business Satistics Briefing) qui s’inquiète du taux déclinant de créations de start-up aux États-Unis alors que les créations d’emplois par les firmes nouvelles sont à populations égales 5 à 8 fois plus fortes aux États-Unis qu’en France.

Les États-Unis disposent d’un trésor statistique, la base BDS, Business Dynamics Statistics, qui recense les créations d’entreprises, les créations d’emplois, l’emploi total des entreprises depuis plus de 25 ans.

Declining Pace of Firm Startups

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U.S. Private Sector, BDS.

 

On voit sur la colonne de gauche le pourcentage de nouvelles entreprises nées au cours de l’année en pourcentage des entreprises existantes. Pour se fixer les idées, 10% du parc existant, le ratio jusque vers 2006, représentait environ 500.000 entreprises naissant avec au moins un salarié tous les ans, contre 40.000 en France.

On sait par une étude approfondie de l’OCDE du 14.11.2006 1 qui désosse les chiffres publiés par l’INSEE, que le taux réel français est de l’ordre de 6% (contre 10 à 12 pour l’Allemagne et le Royaume-Uni) et que le retard français en créations de start-up ne date pas d’hier.

Ces statistiques comme la plus grande partie des statistiques d’entreprises américaines sont faites à partir des « employer companies », c’est-à-dire des entreprises existant ou naissant avec au moins 1 salarié. Il existe bien des statistiques d’entreprises à zéro salarié mais il est difficile de savoir si une entreprise à zéro salarié est une vraie entreprise ou un zombie et donc les Américains ne parlent plus dans leurs statistiques que d’entreprises employeuses. Par opposition, on sait que l’INSEE continue à se féliciter de créations d’entreprises en y incluant les zéro salarié, même si une classe à part a été faite pour les auto-entrepreneurs.

Mais le graphique suivant, qui complète le graphique précédent, confirme que le taux de création de nouvelles entreprises aux États-Unis n’a cessé de chuter et que cette chute ne date pas de la crise de 2008 mais est bien antérieure.

Declining Share of Activity from Young Firms

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(Firm Age Five or less) U.S. Private Sector, BDS.

 

Pourquoi cette décroissance qui met en danger l’avenir économique des États-Unis ? Cette étude n’y répond pas mais il est déjà énorme d’avoir su poser le problème.


Sur le web.




Notes :
  1. OECD Statistics Working Paper The International Comparability of Business Start-up Rates Final Report, Author : Steven Vale.
Image de Bernard Zimmern

Bernard Zimmern

Bernard Zimmern est ancien élève de l'École polytechnique (promotion 1949) et de l'ENA (promotion Albert Thomas 1955). Après 6 ans chez Renault, 10 ans comme directeur du département R&D de la CEGOS, il crée une société pour développer ses inventions de compresseurs rotatifs, émigre aux États-Unis en 1983 où il découvre le rôle capital des think-tanks dans la croissance et la défense de la Société Civile et, comme beaucoup d’entrepreneurs américains, investit une grande partie de la petite fortune qu’ont rapporté ses inventions pour créer en France en 1985 l’un des premiers think tank sans financement d’État, l’iFRAP, reconnue fondation d’utilité publique en 2009 et un institut de recherche en 2005, l’IRDEME, pour développer une discipline économique quasiment ignorée en France : la démographie des entreprises. En septembre 2012, il lance "Emploi 2017" un site de réflexion sur la création d'emplois. Il y propose une analyse des leviers politiques et fiscaux qui entravent ou favoriseraient l'Emploi.

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