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imgscan contrepoints 858 Chine
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Pékin bat Bruxelles à son propre jeu

À vouloir élever insidieusement des barrières protectionnistes au prétexte de protéger l’environnement, l’Union Européenne se lance dans un jeu qui pourrait bien se retourner contre ses intérêts

À vouloir élever insidieusement des barrières protectionnistes au prétexte de protéger l’environnement, l’Union européenne se lance dans un jeu qui pourrait bien se retourner contre ses intérêts.

Un article d’Open Europe.

On récolte ce que l'on sème.

La semaine dernière, à Bruxelles, nous avions organisé une table ronde très intéressante à propos des échanges commerciaux entre l’UE et l’Asie – dont l’importance ne doit pas être sous-estimée étant donnée la situation économique délicate que connaît l’Europe actuellement, c’est le moins qu’on puisse dire.

Au cours de sa présentation, le député conservateur Syed Kamall a mis en garde contre la volonté de l’UE de maintenir un « agenda anti-business » dans les négociations commerciales, notamment par des normes environnementales excessives, de sorte que « nous faisons de tout, sauf du commerce. »

Aujourd’hui, le piège du protectionnisme vert semble se refermer sur nous : d’autres blocs commerciaux peuvent répliquer par la mise en œuvre de pratiques similaires.

En effet, nous apprenons que l’Union européenne, les États-Unis et le Japon ont déposé une plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce mettant en cause la Chine qui chercherait à limiter ses exportations de terres rares. C’est une situation très fâcheuse dans la mesure où il s’agit de minéraux essentiels à la production de biens de haute technologie, tels que les voitures hybrides, les armes, les télévisions à écran plat, les téléphones portables, les lampes à vapeur de mercure ou les lentilles de caméra. Et comme la Chine représente plus de 90% de la production mondiale des 17 minéraux de terres rares utilisés pour fabriquer ce genre de produits, l’Europe est assez dépendante sur ce type de commerce.

Mais voici le tour tordu que nous joue la Chine : Pékin prétend que ce n’est qu’ « une question de protection de l’environnement ». Le Ministre du Commerce du pays a déclaré dans un communiqué :

L’objectif politique de la Chine est de parvenir à un développement durable afin de protéger les ressources et l’environnement. Ce n’est donc pas une manœuvre de distorsion des échanges commerciaux pour protéger les industries nationales.

Finement joué. Maintenant, nous ne cherchons certainement pas à défendre ici le point de vue de la Chine. Nous souhaitons simplement faire remarquer humblement que si l’Europe continue de flirter avec les barrières commerciales de toutes sortes, y compris les ‘vertes’, d’autres peuvent nous prendre à notre propre jeu.

Voilà sans doute quelque chose à méditer alors que certains dirigeants européens appellent à un « Buy European Act ». Tôt ou tard, on récolte ce que l’on a semé.

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Sur le web
Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

Image de Open Europe

Open Europe

Open Europe est un think tank ayant des bureaux à Londres et à Bruxelles, qui défend l'idée que l'UE doit maintenant adopter des réformes radicales, basées sur la libéralisation économique, une structure moins étouffante et plus flexible, une plus grande transparence et un plus grand sens des responsabilités, si elle veut pouvoir répondre aux défis qui lui font face et connaitre le succès au XXIème siècle.

9 réponses

  1. Bof, la Chine a trouvé là un prétexte pour prendre une mesure qu’elle aurait prise de toute façon. Globalement on peut trouver que le protectionnisme européen est une mauvaise idée, mais il faut de toute façon s’attendre à voir davantage de barrières douanières s’élever dans les années qui viennent, quelque soit par ailleurs le comportement de l’Europe à cet égard.

  2. Oui,c’est peut-être vrai économiquement, mais très certainement faux politiquement. Personne n’a jamais gagné en se couchant d’avance en négociation.

    Et les moyens de pression divers et variés, alternés ou persistants, font parti du jeu de la négociation.

    Un chinois pourrait vous le dire.

  3. L’article énumère les produits technologiques dont la fabrication requiert des « terres rares » (voitures hybrides, les armes, les télévisions à écran plat, les téléphones portables, les lampes à vapeur de mercure ou les lentilles de caméra).

    L’énumération n’est bien sûr pas exhaustive, Toute la haute technologie requiert des terres rares.

    Mais il y a un absent de marque dans cette énumération : « les éoliennes ». Sans néodyme, pas d’aimant permanent suffisamment puissant pour faire un générateur moderne … donc plus d’éolienne.

    Ce point doit aller droit au coeur de tout écolo qui se respecte.

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