Un remaniement ministériel se profilerait de plus en plus, qui élaguerait probablement l’important buisson de maroquins en éliminant la plupart des ministricules sans intérêt du gouvernement. Si cela est nécessaire tant les temps sont durs, on ne peut décidément pas retirer à Hollande et Ayrault une certaine cohérence lorsqu’ils composèrent l’actuel aréopage devant l’uniformité quasi-parfaite de la nullité des ministres en place…
Oh, certes, les précédents gouvernements, à commencer bien sûr par ceux pondus sous la présidence Sarkozy, étaient aussi régulièrement remplis d’une belle brochette d’incompétents et de maroufles, ce qui permet d’affirmer que la tendance générale à la médiocrité des politiciens au pouvoir est conservée. Mais ça n’empêche pas de constater que l’actuelle ribambelle de ministres marque un point haut dans le n’importe quoi chimiquement pur.
Et la raison est simple : la gauche n’avait pas eu l’occasion d’exercer vraiment le pouvoir au niveau national depuis plusieurs années, et le renouvellement naturel de nos « élites » amène certains à prendre une retraite amplement nécessaire (ils ont fait assez de dégâts comme ça), pendant que des petits nouveaux, armés de leur fougue, leur faucille et leur marteau, montent à l’assaut du réel dans des élans souvent confus. Et lorsqu’arrivés au pouvoir, ils doivent s’exprimer et laisser libre cours à leurs talents, cela donne de grands moments de consternation.


Mais comme je le disais, le mal n’est pas circonscrit à quelques individus : ce qui est vrai d’un ministre bouillant comme Montebourg ou brouillon comme Duflot l’est aussi des autres ministres, aussi minuscules soient-ils.
Et cette semaine, ce sont Raymond Canfin et Benoît Hamon qui illustrent à merveille mon propos.

Comme je le disais, le pauvre animal n’est pas seul à terminer le ventre en l’air, à remuer des petits membres bien trop courts pour l’aider à gigoter efficacement, ailleurs que du buffet à la voiture avec chauffeur et inversement. Pour accompagner Hamon dans son naufrage, il y a aussi Maurice Canfin.
Vous ne pouvez pas décemment savoir qui c’est, puisqu’il s’agit, toute proportion gardée, d’un parfait inconnu qui a hérité (probablement sur un malentendu) d’une vague délégation à un vague maroquin vaguement ministériel pour le développement vague. J’avais évoqué le petit phlegmon ministériel à l’occasion de la crise chypriote où le jeune quadra déclarait – avec l’emphase indispensable à cacher son incompétence – qu’il était plongé dans le nécessaire travail de « démondialisation des comptes en banque », pendant que d’autres relancent de l’économie en ouvrant les sprinklers à pognon ou destructurent de l’intemporel à grands coups de pinceaux.
Il y a quelques jours, sans doute pour se reposer de toute cette démondialisation harassante de comptes en banque, Alphonse Canfin a décidé d’intervenir sur RTL dans un court débat avec François Gervais, physicien, dont l’objet était de savoir si l’on observait plus de tempêtes à cause du refroid-oups non je veux dire réchauff-oh là non disons dérèglement climatique.
En quelques minutes profondes comme un édito de Christophe Barbier, Gontran Canfin nous apprend que la planète est toute déréglée, que les phénomènes graves se multiplient et empirent, et (bien sûr), qu’il est « urgent, urgent d’agir », ouhlala c’est urgent. Le journaliste, aimable, tente une remise en question purement rhétorique mais Honorin Canfin est catégorique, et ouvre violemment le robinet à facepalms :
« Il y a toujours des scientifiques qui considèrent que la Terre est plate, mais la réalité c’est que le GIEC c’est plus de 1000 scientifiques, qui arrivent à un consensus. Et quand vous avez 1000 scientifiques qui disent qu’il est extrêmement probable que ça se dégrade plus à l’avenir, il vaut mieux les écouter et agir maintenant. »
Le sort s’acharne sur la France. Pendant que la côte bretonne subit les tempêtes cycloniques, la région parisienne subit les tempêtes si clowniques de Casimir Canfin qu’on en perd son français : apparemment, le brave ministricule aurait rencontré des scientifiques qui prétendraient encore que la Terre est plate (des noms, vite !), que le GIEC serait composé de 1000 scientifiques (foutaises !), que la science, ce serait une affaire de consensus (ben oui, la physique et les maths, c’est démocratique, c’est bien connu – on vote pour Pi, on vote pour G, on est détendu de la variable, quoi), qu’il est extrêmement probable que ça se dégrade (ou le contraire) et qu’il faut agir (parce que bon). Et si, pour Victor Canfin, il faut agir au plus vite, c’est parce que la mer avance et (pire que tout) la côte recule, en même temps.
Comme on le voit, le politicien écologiste qui démondialise du compte en banque comme d’autres désanussent du chaton a bien compris qu’il faut faire des trucs, n’importe lesquels de préférence, mais vite.
De l’autre côté, un scientifique, François Gervais, physicien de l’Université de Tours, rappelle gentiment au bouffon en plateau que tout ceci est bel et bien bon, mais ces phénomènes climatiques sont relativement imprévisibles et que les températures n’ont pas augmenté depuis 17 ans, ce que le GIEC confirme d’ailleurs.
Le pauvre Séraphin Canfin, gêné, bredouille quelques arguments vasouillards sur le mode « Mais ceux qui disent le contraire sont les plus nombreux », s’accrochant à son consensus scientifique comme le naufragé à son morceau d’épave, consensus d’autant plus fumeux que Gervais expliquera dans l’entretien la curieuse élimination de plus d’un millier d’articles scientifiques n’allant pas dans le sens du GIEC… En somme, après le tri sélectif cher aux Verts, Edgar Canfin nous propose le consensus sélectif.
Cependant, l’affaire prend un tour comique lorsque le pauvret évoque les tempêtes aux Philippines et se demande, pas suffisamment in petto, si elles ont toujours fait 10.000 morts, sans remarquer dans la foulée que la population de ce pays a très nettement augmenté ces 100 dernières années (on y meurt donc mécaniquement plus de tempêtes), et que la pauvreté y est aussi bien plus grande que sur les côtes anglaises qui, aussi balayées par de violents cyclones, n’ont pas compté le même nombre de victimes, loin s’en faut…
Le pompon est atteint lorsque le pauvre Ernest Canfin, englué dans son argumentaire vaseux, compare ensuite le coût de la non-action (10 milliards d’euros de perdus au Royaume-Uni en trois semaines, soit 21 jours) contre… un milliard d’euros de coût par jour seulement si on se mettait en tête de respecter les engagements délirants de Kyoto (soit 21 milliards en trois semaines).
Autrement dit, pour Donald Canfin, ne rien faire coûte 10 milliards, ce qui est beaucoup plus cher (sapredieu !) que de s’agiter pour respecter le protocole de Kyoto qui ne coûte que 21 milliards.
Canfin rejoint ici la longue liste de pignoufs à roulette qui nous gouvernent avec l’aplomb que seuls les cuistres peuvent déployer lorsqu’ils vont se prendre une bonne tarte de la réalité, jamais tendre avec les imbéciles. Il rejoint donc vaillamment Hamon, Montebourg et Duflot au panthéon des coûteux bouffons que vos impôts servent à payer.
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Sur le web


11 réponses
Et ce guignol (canfin), il en reçoit combien de la manne des impôts qui sont déversés sur les escrologistes , au travers de ces élucubrations pseudo-scientifiques ?
en sus Gervais aurait dû apprendre à ce pauvre Canfin que même le GIEc dit dans son dernier rapport qu’il n’y a pas de lien établi entre la hausse de la température et les événements extrêmes, mais ça les politicards se sont empressés de le glisser sous le tapis pour établir le résumé pour décideurs ( réécrit par les décideurs eux mêmes c’est plus cool pour eux non)
Desanusse, je desanuse, tu desanusses. Ce verbe est il dans le dico ?
Bien que d’après mes recherches, ils remplacent les ronds de calamars par des anus de porc.
Bref, l’anus de chaton, ça n’existe pas. En revanche de porc, oui.
Mais je chipote.
Merci à vous pour cette photo de nos bouffons ministres.
Dans la même veine, j’avais laissé ce billet sur mon blog ce matin, écrit hier parce que le matin je suis inutile avant d’avoir bu mon café au soleil :
http://jacqueshenry.wordpress.com/2014/03/06/melodie-ideologique-en-sous-sol/
De toutes les façons, comme vous le dites cher H16, ce pays est foutu …
C’est sur qu’avec des de tels « médaillés Fields », on comprend que les finances de la France soient sauves !!!
Ne rien faire = coût 10 milliards par an (et encore ce genre de tempête n’arrive que tous les 20 ou 30 ans)…
Respecter Kyoto = 365 milliards par an…
Cela laisse songeur sur l’immensité de la vacuité de ce clown !!!
Benoît Hamon, « le bougre »? Lui aussi il fait partie de l’escouade gitonesque du PS? Décidemment quand ce parti n’avance pas, il recule…
Merci à H16 de nous faire rire avec une actualité politique à faire pleurer.
Un mot ressort de tout cela: Obscurantisme – économique, social, scientifique.
Il s’agit de justifier l’appétit insatiable de pouvoir de nos politiciens, dont la véritable raison est leur mégalomanie pathologique. Ils doivent convaincre un maximum de gens que leur action créée richesses et emplois; qu’elle est indispensable pour sauvera la planète; qu’ils ont besoin de la protection contre les méchants (femmes, « minorités » ).
En relisant l’histoire des démêlées de Galilée sur l’héliocentrisme, à quoi les socialistes renvoient en parlant de « terre plate », j’y vois bien moins de bêtise que dans leur réchauffisme obstiné – 4 siècles plus tard…
Bravo h16, j ai passé un très bon moment de lecture
Moi aussi et j’aime tout particulièrement le « on est détendu de la variable ».
Des imbéciles! »Les français sont des veaux » disait le Général de Gaulle …Alors que de graves évènements en Ukraine se produisent…
C’ est bien connu ! hic ! les veaux sont des socialistes et des imbéciles mon général pauv betes !