Habib Sayah (*)
Les voix particulièrement audibles de la gauche tunisienne, sous les slogans en faveur de la redistribution des richesses, ne pourraient-elles nous faire oublier le sens profond du point de départ de la révolution tunisienne ?
« Laissez faire, laissez passer »

Une confusion entre l’entreprise et le big business
La gauche tunisienne véhicule un stéréotype de l’entreprise fondé sur l’image arrogante d’un patron d’usine ou d’hôtel, réel ou fantasmé. Certes, des pratiques odieuses ont été mises en œuvre dans le silence de Ben Ali par une frange du patronat, mais on semble oublier que l’essence de l’entreprise tunisienne se trouve dans la petite entreprise, familiale ou individuelle : pizzerias de quartier, cybercafés, taxis, épiciers, plombiers etc. Sur les 525 960 entreprises répertoriées en Tunisie 503 636 employaient moins de 6 personnes en 2007 (1). La micro-entreprise représente donc plus de 95% des entreprises formant le tissu économique tunisien. On est loin du cliché de l’exploitation, avec cette multitude de petites entreprises dont 50% sont formées d’entrepreneurs indépendants, libérés du salariat et n’exploitant pas de main-d’œuvre.
Pour lire la suite de l’article : « Tunisie : Une révolution sociale pour la liberté… d’entreprendre« .
Note :
(*) Habib Sayah est étudiant en droit, analyste sur www.ElMouwaten.com.
2 réponses
J’avais lu _ dans ‘The Economist’, je crois _ un parallèle entre ces révolutions et celle de 1848 : elles ont lieu lorsque la situation devient difficile sur le plan économique.
S’il y a tant de petites entreprises, ce n’est sans doute pas la liberté d’entreprendre qui est demandée _ du moins par la plupart des manifestants. Donc une révolution pour la liberté, oui; pour l’égalité, sans doute, mais l’assimiler à une révolution guidée par le libéralisme économique dans le titre, c’est peut être un peu gros, surtout quand vous affirmez ensuite que la Tunisie compte beaucoup de PME.
Des citoyens « libérés du salariat » : voilà effectivement une évolution souhaitable des sociétés modernes, dont il convient d’accélérer la survenue, jusqu’à l’interdiction complète du salariat par la loi. La rémunération de l’apport en capital financier, technique ou intellectuel doit se substituer pleinement au salariat. Le sort de ce dernier est scellé à plus ou moins long terme, tout comme celui des « modèles sociaux » qui en découlent.
Souhaitons aux Tunisiens qu’ils ne se fassent pas voler leur espoir de liberté par une autre forme de socialisme, qui ne serait plus la dictature d’un clan mais la dictature d’une caste arrogante et toute puissante.