ARCHIVES

Tableau d'Edouard Manet (Image libre de droits)
Tableau d'Edouard Manet (Image libre de droits)
Lecture : 2 minutes

Si l’Espagne tombe, l’euro tombe

la peur de la contamination se répand comme une trainée de poudre

Ca commence à faire peur du côté de l’eurozone.

La peur de la contamination se répand comme une trainée de poudre, réplicant le motif déjà vu avant le sauvetage de la Grèce. Un article du Spiegel expose de façon très utile les défis auxquels font face les pays de la zone euro qui sentent se rapprocher le vent du boulet en ce moment – la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, avec une place toute chaude réservée pour l’Italie.

L’Espagne est le test décisif pour l’Europe, nous dit l’article :

« Des centaines de milliers d’Espagnols ont perdu leur maison et 1,2 millions leur travail [apès l’éclatement de la bulle immobilière]. Aujourd’hui, des mauvaises dettes se montant à 180 milliards d’euros plombent les institutions, dont la moitié pour les banques de détail. »

Le chômage en Espagne est à 20%, et celui des jeunes deux fois plus haut, au niveau fou de 40%.

L’année prochaine, l’Espagne doit lever 65 milliards d’euros pour refinancer de la dette plus ancienne. Le problème c’est que ça pourrait se révéler extrêmement onéreux. Le taux sur les bonds du trésor espagnols est monté à plus de 5% hier pour la première fois depuis 2002, alors que les marchés prennent peur que l’Espagne n’est qu’à un doigt de subir le même sort que l’Irlande. L’exposition qu’a ce pays au problème des mauvaises dettes portugaises n’aide pas non plus.

Comme le note Der Spiegel :

« Il y a beaucoup en jeu – pour l’Allemagne. Premièrement, parce que les banques allemandes ont prêté 134 milliards d’euros aux banques et entreprises espagnoles. Deuxièmement, parce que le paquet de renflouement européen, doté de 750 milliards d’euros, n’a pas été conçu pour la faillite d’un aussi grand pays que l’Espagne. En d’autres mots : si l’Espagne tombe, l’euro tombe. »

Pendant ce temps là, un article de Reuters « Pense l’impensable, un éclatement de la zone euro », citant des gens qui avancent l’argument que ça va bien se passer, parce que ce n’est qu’une question d’ « écarts de taux de bonds du trésor », et que la volonté politique est trop forte pour que l’euro ne croule.

C’est vrai, la force politique derrière l’euro est puissante, et il y a des politiciens qui n’abandonneront pas leur projet phare avant le gel de l’enfer.

Mais, sérieusement, tous ces gens qui se sont plantés sur l’euro au départ doivent bien commencer à réaliser que la volonté politique seule ne peut pas éliminer les lois économiques et la réalité.

Un article du blog d’Open Europe repris avec l’aimable autorisation de ses responsables.

Image de Open Europe

Open Europe

Open Europe est un think tank ayant des bureaux à Londres et à Bruxelles, qui défend l'idée que l'UE doit maintenant adopter des réformes radicales, basées sur la libéralisation économique, une structure moins étouffante et plus flexible, une plus grande transparence et un plus grand sens des responsabilités, si elle veut pouvoir répondre aux défis qui lui font face et connaitre le succès au XXIème siècle.

Une réponse

  1. « Les besoins de financement de l’Irlande (85 milliards d’euros, NDA), du Portugal (34 milliards) et de l’Espagne (255 milliards) seraient donc inférieurs à la capacité de financement de l’action européenne »
    Barclays capital. Mais avec 750 milliards, c'est clair qu'il y a bien assez.

    Quant à l'article de Reuter, si c'est le même genre de propagande qui déforme les propos des journalistes européens pour créer de la panique et influencer les marchés dans une attitude anti-euro, bof bof.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Inscrivez-vous pour recevoir la Lettre des Libertés

Recevez la lettre tous les matins.