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Six raisons de ne pas intervenir en Libye

Khadafi, lui, veut de nous : ça justifierait ses délires sur la défense de la Libye

1. Les rebelles ne veulent pas de nous.

2. Khadafi, lui, veut de nous, puisque cela justifierait ses délires sur la défense de la Libye contre des envahisseurs étrangers.

3. Pourquoi en Libye et pas au Zimbabwe ? Ou en Chine ? La gauche signale, et elle n’a certainement pas entièrement tort, qu’une intervention sélective contre Khadafi serait comparée dans tout le monde arabe avec le support de l’Occident pour les régimes en place en Irak et au Bahreïn, et à leur répression à l’arme à feu contre des manifestants. Pourquoi adopter une politique qui coûterait du sang et du trésor tout en nous rendant impopulaires ?

4. Nous n’en avons pas les moyens. L’Europe a perdu sa capacité militaire planétaire il y a bien longtemps, le Royaume-Uni est en train de couper dans la Royal Navy et de retrancher de vastes morceaux de la RAF. Les Américains ont toujours cette capacité, mais ils ont jeté un millier de milliards de dollars par la fenêtre dans le sauvetage de l’économie, et un autre millier de milliards dans l’invasion de l’Irak. Comme dirait l’autre, un millier de milliards par ici, un millier de milliards par là, et sans s’en rendre compte, on finit par parler de vraies sommes d’argent.

5. Nous n’avons pas d’intérêt particulier dans cette affaire. La Libye n’est pas une de nos anciennes colonies ou un de nos anciens protectorats, et nous n’avons pas de liens spéciaux avec elle. Pourquoi faire de ses problèmes, nos problèmes ?

6. La base la plus costaude pour une amitié avec les nations arabes, c’est de laisser émerger des régimes réellement représentatifs, des régimes qui clairement réussissent par eux-mêmes, un argument qu’avance de façon convaincante ce blogueur libyen.

À propos, laisser les Libyens réussir par leurs propres moyens c’est les laisser juger leurs anciens chefs selon leurs propres normes. Nous devrions laisser tomber l’idée de trainer Khadafi devant la Cour internationale, un organe qui personnifie tout ce qui ne va pas dans l’ordre actuel du monde.

Repris du blog de Daniel Hannan hébergé par le Telegraph, avec son aimable autorisation.

Image de Daniel Hannan

Daniel Hannan

Daniel Hannan est écrivain et journaliste, et eurodéputé conservateur pour le Sud-Est de l'Angleterre depuis 1999. Il parle français et espagnol et aime l'Europe, mais croit que l'UE appauvrit les nations qui la constituent, et les rend moins démocratiques et moins libres. Il a gagné le Bastiat Award pour le meilleur journaliste en ligne. Son blog est hébergé par le Telegraph.

3 réponses

  1. Petite erreur: la Lybie est bien une ancienne colonie italienne (prise aux Turcs en 1911 et officiellement cédée au traité de Lausanne de 1912, à l’époque on parlait de la Curénaïque, de la Tripolitaine et du Fezzan), si cela n’avait pas été le cas l’Afrika Korps n’aurait jamais existé et Rommel ne serait pas devenu le renard du désert.

    Autre point incertain: les Lybiens ne veulent pas d’une intervention au sol par contre il est probable qu’ils ne soient pas opposé à une interdiction aérienne et que nous abattions tout avion ayant pris l’air. Les bases italiennes sont suffisamment proches que pour ne pas tout faire retomber sur l’aviation embarquée.

  2. Alain, je pense que le « nous » de l’argument 5 s’attribue aux anglais, comme Mr Daniel Hannan le dit dans l’article original :

    « There is no obvious British interest here. Libya is not a former colony or protectorate, and has no special links with the United Kingdom. Why make their problems our problems? »

    C’est aussi vrai pour la France.

    Quant à l’argument 3, je rejoins Alain. De plus, il se trouve que la ligue arabe a demandé à l’ONU d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Libye, et donne en quelque sorte son feu vert pour de telles mesures. Le CNT (qui représentent les insurgés libyens) s’est aussi prononcé en sa faveur.

    http://www.france24.com/fr/20110312-ligue-arabe-d

    1. Eh bien, la Ligue Arabe est représentée par 3 pays frontaliers. A eux de jouer.

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