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Toomas Hendrik Ilves
Toomas Hendrik Ilves, président de l'Estonie.
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Tallinn libérée

À la division entre Europe de l'Ouest et Europe de l'Est, naguère imposée par les Soviétiques, s'est substitué un nouveau partage entre l'Europe du Nord sérieuse et l'Europe du Sud que l'on ne qualifiera pas.

À la division entre Europe de l’Ouest et Europe de l’Est, naguère imposée par les Soviétiques, s’est substitué un nouveau partage entre l’Europe du Nord sérieuse et l’Europe du Sud que l’on ne qualifiera pas.

Par Guy Sorman, depuis Tallinn, Estonie.

Toomas Hendrik Ilves, président de l'Estonie.

François Hollande devrait passer par l’Estonie. Il rencontrerait le Président Toomas Hendrik Ilves, un homme qui parle franc, qui lui dirait fermement ce qu’il répète à tous ses visiteurs :

Les Européens du Nord ne donneront pas un centime aux Grecs ou aux Italiens pour les récompenser de leur gabegie et malversation ; la Turquie en Europe renforcerait notre sécurité contre des voisins inquiétants à commencer par la Russie ; la rigueur budgétaire est la condition impérative de la croissance ; un impôt à taux unique de 21% sur tous les revenus (0% pour les bénéfices réinvestis par les entreprises) est le meilleur des stimulants économiques ; il serait temps que l’Union européenne adopte une politique énergétique commune plutôt que de s’abandonner, en ordre dispersé, aux diktats de Gasprom ; éviter la Schröderisation, c’est-à-dire l’achat des politiciens européens par le Kremlin ; cesser de brailler contre les « populistes » dès l’instant où tous les gouvernements qui achètent les voix des électeurs à coups de subventions et aides sociales sont aussi des populistes.

Bienvenue à Tallinn, Monsieur le Président : vous y découvrirez qu’à la division entre Europe de l’Ouest et Europe de l’Est, naguère imposée par les Soviétiques et non par les civilisations, s’est substitué un nouveau partage entre Europe du Nord sérieuse et libérale et Europe du Sud que l’on ne qualifiera pas. La France se trouve aujourd’hui écartelée entre les deux : prête à basculer.

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Sur le web.

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Guy Sorman

Chroniqueur de la mondialisation et spécialiste de la Chine, Guy Sorman a enseigné l'économie à Sciences Po Paris et dans de nombreuses universités étrangères (Chine, USA, Russie et Argentine). Il est notamment l'auteur de "Le bonheur français", "Le progrès et ses ennemis", "Le Génie de l'Inde" ou "L’année du coq".

5 réponses

  1. « La France se trouve aujourd’hui écartelée entre les deux : prête à basculer. »

    Non, cela fait longtemps qu’elle a basculé du coté soviétique !!!

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