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mondovino_02_hubert_de_montille Credit Damien POIRIER
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Décés du vigneron bourguignon Hubert de Montille

Hubert de Montille est mort comme aimeraient mourir tous les amateurs de vin.

Par Jean-Baptiste Noé

mondovino_02_hubert_de_montille Credit  Damien POIRIER

La France devrait pleurer ses vignerons comme elle pleure ses écrivains, tant il est vrai que les lettres et les verres sont ce qu’elle donne de meilleur au monde, avec les parfums, les produits de l’épicerie fine et son impertinence.

Ce mois de novembre 2014 a vu disparaître le vigneron de Volnay, Hubert de Montille, 84 ans. Il avait fait carrière comme avocat, et avait notamment plaidé dans la terrible affaire Grégory. Le vin était un domaine plus consensuel, plus à même de réconcilier des Français qui s’étaient partagés lors du procès. Connu des amateurs il avait rencontré le grand public dans le pamphlet viticole que Jonathan Nossiter a produit en 2004. Là, en quelques secondes, au milieu de ses vignes, il avait dressé en peu de mots et quelques gestes sa philosophie des vins : les vins larges et les vins droits, disant sa préférence pour les seconds. La faconde bourguignonne rejoignait la vision paysanne. La Bourgogne a toujours eu le chic pour faire passer ses aristocrates pour des paysans, quand Bordeaux camoufle ses bourgeois en nobles. Effet de culture et d’histoire.

Hubert de Montille est mort comme aimeraient mourir tous les amateurs de vin : au cours d’un repas entre amis, son verre de vin préféré à la bouche : un Pommard Rugiens. Comme Molière mort sur scène, le gastronome est mort sur sa scène à lui, celle de la table. De quoi rajouter de la poésie au mythe et de l’anecdote savoureuse à la truculence rabelaisienne. Il est mort en poète, alors que la relève s’est déjà faite et que ses enfants poursuivent la destinée du vignoble familial.


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Jean-Baptiste Noé

Jean-Baptiste Noé est docteur en histoire économique. Il est directeur d'Orbis. École de géopolitique.

6 réponses

  1. Ça me rappelle le décès de mon grand-oncle Charles Viénot, vigneron à Premeaux qui mourut aussi un verre à la main en dégustant un repas pantagruélique dont il avait le secret arrosé d’un Richebourg vieilli dans ses caves … Nostalgie, nostalgie. Aujourd’hui les temps ont changé. Beaucoup de maisons de vin de Bourgogne appartiennent à des investisseurs et sur place les employés ne sont plus que de vulgaires ouvriers agricoles payés à la petite semaine sous les ordres de gérants qui n’y connaissent souvent rien à l' »élevage » du vin.

    1. En même temps, s’il est un particulier l’héritier d’un grand clos de Bourgogne aura-t-il les moyens de payer les droits de succession qui lui permettront de poursuivre l’œuvre de ses parents…?

    2. oui Jacques Henry, ce monsieur de Montille n’était pas viticulteur. Il était propriétaire et avait l’orgueil d’avoir un domaine. Lui aussi faisait travailler des ouvriers agricoles. Ce monsieur avait une grande culture.

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